R comme
ressources humaines. Le premier employeur du pays après l’Etat, compte près de
5000 employés aujourd’hui avec les derniers recrutements. Il sera probablement
à 6000 à la réalisation du Projet Guelb II et plus à la réalisation des autres
projets d’exploitation. Parce que la relève est au cœur des problèmes qui se
posent à l’entreprise, la SNIM a privilégié la formation moyenne et supérieure.
Et comme pour agir sur le plan national, la SNIM octroie annuellement des
bourses aux bacheliers se proposant d’aller faire une formation technique
supérieure. Mais tous ces efforts ne permettent pas encore d’envisager
sereinement l’avenir. L’on nous dit déjà qu’il y a de moins en
moins de formations qualifiées. «Au niveau de la maîtrise moyenne et
supérieure, il y a beaucoup de départs, alors que les arrivants demandent plus
de temps pour adapter leur enseignement théorique et capitaliser l’expérience
de leurs ainés». Tout l’appareil d’encadrement de la SNIM est formel : la formation
du personnel et son utilisation constitueront un blocage très bientôt.
samedi 2 février 2013
SNIM, de A ) Z (10)
vendredi 1 février 2013
SNIM, de A à Z (9)
O comme Oum Greyn qui a donné la ville de Bir Oum
Greyn, département de la région, le plus loin au nord, le moins habité en temps
normal… Parce que cet hivernage qui n’a pas été bon partout dans le Tiris et
l’Adrar, a été plutôt clément dans les environs de Bir Oum Greyn. Ce qui attire
tous les pasteurs des régions nord, d’autant plus que les pâturages d’ici sont
réputés très bons pour les bêtes et les hommes. Un problème cependant :
celui de l’eau. Même si dans la ville deux potences ont été mises en place par
la Fondation SNIM pour permettre l’alimentation en eau potable de la ville. Une
potence pour remplir les citernes, une deuxième pour les charrettes. Le cheptel
manque d’eau à cause de la rareté des points d’eau.
5000 tonnes/heures
P
comme port minéralier. Situé à 700 kilomètres des lieux de production, le port
minéralier de la SNIM a été construit dans la Baie du Lévrier, à côté du «Point
Central», là où tout se passe pour la société. Ce port peut recevoir des
bateaux de 150.000 tonnes, sans besoin de remorqueurs. Jusqu’à présent les
dragages périodiques suffisent à l’entretenir. Il est servi par une usine de
traitement qui opère les derniers calibrages avant l’exportation qui fait
jusqu’à 8 millions de tonnes par an. On y trouve aussi un culbuteur qui fait en
moyenne 4000t/heure, un circuit de convoyage et de stockage, des aires de
stockage qui peuvent contenir jusqu’à 2 millions de tonnes de minerais prêts à
être exportés. Les bateaux qui accostent sont chargés à partir d’un shiploader
ayant une capacité de .
Q
comme qualité… Il y a quelques années, on ne parlait à la SNIM que de «Qualité
totale», un concept «révolutionnaire» qui avait permis à l’entreprise de
s’offrir plusieurs certifications aux normes internationales de l’activité
minière. Il en est resté cette phobie des gaspillages et cette passion pour le
«zéro perte». Partout où vous allez, des panneaux vous rappellent que la
conscience du travail bien fait, que la passion pour ce qu’on fait, que le souci
de ne pas polluer son environnement, de participer à l’amélioration des
conditions de travail et des performances de la société, que le respect de
l’ordre, des priorités et des deadlines, que tout cela participe à la
réalisation de la qualité totale.
Sur le site, on nous apprend que «le contrôle de la qualité à la SNIM s'effectue sur
toute la chaîne de production : Trous d’abattage, Stockage Usines à Zouerate, Trains
minéraliers, Stocks usine à Nouadhibou, Chargement navires». On nous dit aussi
que «les échantillons prélevés sont analysés au niveau du laboratoire
central de Zouerate, doté de deux appareils modernes d’analyse par
Fluorescence X». Et que «le laboratoire de Nouadhibou permet
notamment de suivre en temps réel les teneurs des cargaisons en cours de
chargement au niveau du port».jeudi 31 janvier 2013
SNIM, de A à Z (8)
L
comme Le’gaareb qui fait l’objet d’un accord entre la SNIM et MITTAL. Il fait
partie des ensembles de guelbs situés au nord-ouest de Zouératt. On parle des
«guelbs de l’est», de ceux de l’ouest, du nord et du sud. Guel El Gheyn qui est
le leader d’un groupe déjà exploité. El Aouj qui forme un rassemblement de
quelques pitons. Atoumaye, Kediet Leghnem, Guelb El ‘Abd, Aamkhawal,
Tizirghane, Oum Aarwagen, Boudarga, Tentekraat… autant de noms que vous allez
entendre et qu’on essayera de vous faire voir de là où vous êtes et où la promesse
de trouver «quelque chose» est forte. Encore faut-il que la SNIM continue à
mettre la main dessus…
M
comme magnétite qui est à l’opposé de l’hématite, peu riche en fer (37%). Voici
ce qu’en écrit le site de la SNIM : «Guel El Gheyn, le seul gisement de magnétite
en exploitation à l’heure actuelle, renferme plusieurs centaines de millions de
tonnes de réserves prouvées. La teneur moyenne en fer des magnétites SNIM est
de l’ordre de 37%. Ils sont actuellement enrichis par séparation magnétique à
sec pour donner un concentré tirant à 65% Fe. L’Usine des Guelbs où sont
traités ces minerais dispose d’une capacité annuelle de 5 millions de tonnes (?).
L’exploitation de tous les gisements de la SNIM se fait à ciel ouvert, avec des
gradins de 12 m (Kédia et M’Hawdatt) et 15 m (El Gheyn). Toutes les opérations
minières sont effectuées par la SNIM elle-même : recherche, optimisation
des fosses, terrassement, chargement navire, roulage, foration, tir à
l’explosif, transport ferroviaire, maintenance, etc.»
N
comme nationalisation… Un tournant dans l’histoire récente du pays : le 28
novembre 1974, le Président Mokhtar Ould Daddah annonce la décision de
nationaliser la société MIFERMA. La décision de confier la gestion à la SNIM
suit immédiatement. Aujourd’hui, les officiels préfèrent parler du «rachat» de
la part des actions de la MIFERMA par l’Etat mauritanien et du «transfert de
ses actifs» au profit de la SNIM. A l’époque, c’était «la
nationalisation de la MIFERMA» qui était destinée à compléter le mouvement
d’émancipation de la Mauritanie vis-à-vis de la tutelle française.
Trois
moments dans ce processus d’indépendance : la révision des Accords
militaires avec la France en 1972 qui renforçait l’indépendance
politique ; l’arabisation du système éducatif dont on voulait faire la
base de l’indépendance culturelle ; la création de la monnaie nationale
puis la nationalisation des richesses, de la MIFERMA notamment, qui devait
servir à renforcer l’indépendance économique pour permettre au pays de soutenir
ses efforts par lui-même.
C’est
en 1935 que le gisement de la Kédia d’Ijill a été reconnu et seulement en 1963
que son exploitation a démarré. En 1978, le capital
de la SNIM est ouvert aux capitaux étrangers et la société change de statut
pour devenir une «Société d’économie mixte» (SEM) : 78,35% à l’Etat
mauritanien, 7,17% reviennent à l’IBK, institution financière du Koweït, 5,66%
à ARMICO, 4,59% à Irak Fund, 2,30% à ONYHM (Maroc), &,79% à la Banque Islamique
de Développement, et 0,14% aux privés mauritaniens.
En
2008, le gouvernement de Sidi Ould Cheikh Abdallahi a failli procéder à la
vente des actions de l’Etat mauritanien et c’est le géant de l’aciérie MITTAL
qui se proposait de les acheter. Cela avait soulevé un tollé général car la
relation avec la SNIM est autre que celle d’une simple entreprise «nationale»…mercredi 30 janvier 2013
SNIM, de A à Z (7)
J
comme joint-venture… justement, le joint-venture le plus élaboré est celui qui
lie la SNIM à XSTRATA pour l’exploitation de la mine d’El Aouj. Quand on va sur
le site de la SNIM, on découvre que le projet El Aouj a été signé le 25 octobre
2010 avec l’entreprise australienne SPHERE Investments Ltd. Qu’il visait à
«développer les gisements de magnétite (voir plus loin, ndlr) du Guelb El Aouj
(…) dont les réserves sont estimées à plus de 500 millions de tonnes». Que le
projet permettra de produire «7 millions de tonnes de petites pellets de haute
qualité». Enfin que le financement est de l’ordre de 2,5 milliards dollars.
XSTRATA
a racheté SPHERE et reconduit le projet en abandonnant petit-à-petit la
production des pellets. Elle veut juste enrichir le minerai et produire du
concentré. Même pour cela, elle pose deux conditions : la possibilité
d’utiliser les réserves d’eau existant à proximité, ce qui implique le
«détournement» d’une eau de qualité vers une utilisation industrielle dans un
univers où cette denrée manque cruellement aux êtres vivants (hommes, animaux,
végétation…) ; la deuxième condition est la fixation préalable de
conditions «acceptables» pour le transport du minerai. Si la pression politique
est forte, la SNIM risque de plier sans condition sous la puissance de la
multinationale.
Une
seconde joint-venture lit la SNIM à MINMETALS de Chine. Après d’âpres
négociations, la partie chinoise a accepté de créer une société avec la SNIM
qui détient 65% de son capital. Il s’agit de la Tazadit Underground Mine (voir,
notre précédente édition). C’est l’occasion pour la SNIM de s’approprier la
technologie et le savoir-faire en matière d’exploitation souterraine du
minerai. Les Chinois sont attendus en juin prochain.
Avec
ARCELOR-MITTAL, c’est le projet autour de Le’gaareb, une série de guelbs au
nord-ouest de Zouératt qui a été développé. Après avoir essayé d’acheter la
SNIM, le géant indien a accepté de lancer ce projet avec la société nationale.
Sans grande conviction visiblement : il met beaucoup de temps à réaliser
les études de préfaisabilité. Ce qui fait espérer à tous ceux qui aiment la
SNIM, le départ de l’indien qui a de graves problèmes sur d’autres théâtres.
Le
plus prometteur de tous les projets communs est celui qui vient d’être signé
entre la SNIM et des opérateurs saoudiens. Il s’agit de relancer le projet de
production de pellets cette fois-ci à guelb Atoumaay.
mardi 29 janvier 2013
SNIM, de A à Z (6)
H
comme hôtellerie… C’est la SOMASERT qui s’occupe de ce secteur. Ses hôtels
s’appellent Oasian. Un à Nouadhibou avec une capacité de 40 chambres dont 4
suites. Toujours à Nouadhibou, le projet en cours de réalisation d’un «célibatrium»,
complexe de 36 studios avec balcons, entièrement équipés pour permettre
l’indépendance de leurs occupants. A Zouératt, l’hôtel dispose de 40 chambres
et d’un complexe indépendant avec 12 suites et 4 bungalows. Depuis 2011, les
capacités de l’hôtellerie de la SOMASERT tournent à 95%. Le service s’est
qualitativement amélioré. La société est sollicitée pour les bases de vie des
sociétés opérant dans la région de Zouératt et répond parfaitement aux attentes
de sa clientèle.
I
comme Imishikline, deux ensembles qui affleurent à une quarantaine de
kilomètres au sud-ouest de Zouératt : Imishikil Lakhdhar et Imishikil
Labyadh, le premier pour la dominance de la pierre dans son relief, le second
pour le sable blanc qui le recouvre. Les deux ensembles sont englobés dans un
permis octroyé au géant XSTRATA qui a choisi de donner au projet d’exploitation
le nom d’un troisième pic situé plus loin, cependant visible d’ici. Il s’agit
d’Askaaf qui sonne plus simple pour les étrangers, plus poétique pour les nationaux.
Après avoir monté un projet commun avec la SNIM pour
El Aouj, XSTRATA semble opter pour le démarrage de ce projet d’Askaaf où elle
est seule. L’engouement de la multinationale est largement justifié par les
soupçons d’existence d’importantes réserves de minerais riches. Elle entend
donc dicter sa volonté aux autorités mauritaniennes. D’abord en les obligeant à
l’autoriser à utiliser l’eau des nappes environnantes pour exploiter le
minerai, ensuite à lancer le projet où elle est seul avant celui de la
joint-venture avec la SNIM. La pression est énorme sur un petit pays comme la
Mauritanie qui se voit menacé par le départ du géant si ses doléances ne sont
pas satisfaites.lundi 28 janvier 2013
SNIM, de A à Z (5)
G
comme Guelbs… C’est d’un pluriel qu’il s’agit, même si le mot désigne, dans
l’entendement local, Guelb El Gheyn où l’exploitation du minerai pauvre a été
envisagée comme une solution de rechange pendant quelques temps. Elle est
toujours d’actualité même si l’usine construite au milieu des années 80 n’a
jamais tourné comme il faut. La SNIM, loin de se décourager, a lancé le grand
Projet Guelb II. Son directeur n’est autre que Mohamed Ould Kreikid qui a
dirigé le Guel I.
Le
Guel II, nous explique son directeur, est une reprise du premier projet avec le
souci de ne pas commettre les mêmes erreurs et de mettre toutes les chances de
son côté pour arriver à une teneur de 66% au lieu des 37% naturels. Le procédé
d’enrichissement utilise l’eau et donne un produit connu sous son label
commercial de GMAB qui désigne le «concentré du Guelb». Comme pour le Guelb I,
il s’agit de construire une usine pour l’enrichissement qui va produire 4
millions de tonnes supplémentaires et qui va donner sa première tonne en
janvier 2014. Ce qui a demandé à la SNIM de mobiliser de nouveaux engins
miniers (pelles, camions…), de procéder à l’extension du chemin de fer et de
construire une nouvelle centrale électrique. Tout ce qui se rapporte aux
matériels de l’usine est déjà sur place et doit être monté par une société
espagnole qui fait travailler déjà environ 500 personnes sur le millier
d’emplois prévus. Sur les travailleurs présents aujourd’hui, on compte 100
Espagnols environ et une cinquantaine de Marocains, tout le reste est
mauritanien. Le projet Guelb II demande le recrutement de 700 personnes dont
500 sont soit effectivement engagés soit en formation. Et pour assurer la
qualité des montages et des matériels, c’est un bureau international qui se
charge de suivre le montage du projet. Parce que l’ancienne usine a souffert de
la pollution de son environnement, la nouvelle va utiliser 62 dépoussiéreuses
pour alléger les effets négatifs sur l’environnement et les hommes.
H
comme hématite… C’est la matière – on va dire ça comme ça – la plus recherchée
par les géologues de la SNIM. Sur le site de la société, voilà comment est
présentée l’hématite : «Les gisements d’hématite sont localisés
principalement au niveau de la Kédia d’Ijill et de M’Hawdatt. La Kédia d’Ijill
est un massif montagneux s’étalant sur une trentaine de kilomètres dans les
environs de Zouérate. Elle a été le centre de l’exploitation minière au début
des années soixante. M’Hawdatt est un chaînon de 14 kilomètres situé à 60
kilomètres de Zouérate. Il a été découvert à la fin des années 80. Les
principaux gisements d’hématite actuellement en exploitation sont le TO 14 (Kédia)
et M’Hawdatt. Ils fournissent 60% de la production totale de la SNIM. D’autres
petites mines satellites, le long de la Kédia, fournissent une production
d’appointement en cas de besoin».
En termes profanes, nous dirons qu’il s’agit du
minerai riche qui est exploité dans la Kédia depuis le début, puis à M’Hawdatt
depuis quelques années. On espère en trouver encore dans le sous-sol des fosses
de Tazdit (avec les Chinois de MINMETALS), au niveau de F’Dérick et un peu
partout.dimanche 27 janvier 2013
SNIM, de A à Z (4)
E
comme EVB, «Entretien, Voirie, Bâtiment», la direction de la SNIM spécialisée
dans la construction, la maintenance des bâtiments. Depuis quelques années, EVB
travaille réellement pour améliorer le cadre de vie des travailleurs de la
SNIM. A Zouératt cela s’est traduit par une belle organisation de l’espace, un
effort considérable pour embellir les rues, les orner, les parer de panneaux de
circulation, damer les trottoirs, éclairer les rues, assurer la propreté des
quartiers, réhabiliter les espaces publics (parcs, maisons de spectacles…),
retaper les bâtiments (habitations, bureaux…)… Ce qui donne une ville où il fait
mieux de respirer. Exemple que l’on semble vouloir copier à Cansado à
Nouadhibou.
F
comme F’Dérick… qui se souvient encore que la ville de F’Dérick est la capitale
de la région du Tiris Zemmour ? Pas même l’administration qui a fini par
élire domicile à Zouératt (30 kilomètres). L’ancien Fort Gouraud n’est plus
visible du bas de la Kédia qui s’étende d’ici sur plus de 50 km vers Zouératt
et au-delà. Ne subsiste de la ville que des constructions en banco qui donnent
l’impression de recevoir bon an mal an une pluviométrie importante. Alors que
le délabrement n’est que l’expression des flétrissures du temps. Depuis la fin
de l’exploitation de ce côté de la montagne (Kédia), F’Dérick a perdu sa
superbe. Mais l’aura des saints qui y sont enterrés peut-elle lui rendre ceux
qui l’ont désertée ? Peut-être…
Avec
les espoirs nourris de trouver du minerai riche encore enfoui dans la pierre,
on envisage désormais de rouvrir la mine fermée en 1982 pour des raisons de
sécurité et d’économie : l’exploitation de la mine devenait dangereuse
parce qu’elle demandait d’aller encore plus loin dans les parois tout en
coûtant de plus en plus cher. Les essais lancés à partir de 2005 ont conclu à
l’existence d’une réserve qui pourrait donner entre 20 et 30 millions de tonnes
de minerais riches. Ce qui justifie la réhabilitation de l’ancienne manutention
et le retour de l’activité sur ce côté de la Kédia.
Non loin de là, les guelbs où s’est engagée la
multinationale XSTRATA, El Aouj. La perspective de cet engagement amène déjà la
société à faire du social dans la ville non loin de laquelle elle envisage de
construire une base de vie. En effet, XSTRATA y a construit un centre de santé
dont l’équipement a été financé par la Fondation SNIM.
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