jeudi 23 mai 2013

La mauvaise foi en puissance


Dans une relation faite ce matin par alakhbar.info d’une soirée animée par la COD autour de son appréciation du pouvoir actuel, le site rapporte des propos qu’aurait tenus Dah Ould Abdel Jelil dans sa kharja à l’occasion. Parlant de preuves qu’il aurait sur l’implication du Président Ould Abdel Aziz dans les trafics internationaux, il aurait cité, toujours selon le site, les propos de quelques «proches de Ould Abdel Aziz» dont le directeur de La Tribune, Mohamed Fall Ould Oumeir. Lequel a écrit que «Ould Abdel Aziz est arrivé au Burkina Faso sans y être invité et sans raison technique, qu’ils y ont attendu un long moment pour voir venir Coumba Bâ avec plusieurs grosses valises, ce qui a intrigué l’auteur» (traduit du site).
Les propos de l’ancien ministre de l’intérieur de Ould Taya sont inexacts. Je crois fermement qu’il le sait. Ils auraient pu passer sans commentaires de ma part. Seulement, il est la deuxième personnalité politique – si je parle des gens sérieux – à faire référence à la relation que j’ai faite en décembre 2010 du voyage présidentiel au Sénégal et au Burkina Faso.
A court visiblement d’arguments, ces politiques recourent à un amalgame – une technique bien usitée chez nos politiques – pour maintenir le doute et croire eux-mêmes aux allégations dont ils usent comme arguments contre le régime qu’ils combattent (aujourd’hui).
Il est utile de rappeler – au moins à Dah Ould Abdel Jelil et Moustapha Bedredine, les autres ne méritent pas d’être corrigés -, de leur rappeler que les allégations concernant l’«arnaque d’Accra» dateraient selon leur(s) inspirateur(s) de 2006, alors que le voyage en question s’est déroulé en décembre 2010. Sauf volonté manifeste de créer l’amalgame, il n’y a pas lieu de faire le lien entre les deux.
Et de rappeler à Dah Ould Abdel Jelil, lui qui doit savoir de quoi il parle, que le Président Ould Abdel Aziz était bien l’invité de Blaise Compaoré pour les festivités marquant le cinquantième anniversaire de l’indépendance du Burkina. Celui-ci avait visiblement décidé de maltraiter «diplomatiquement» la délégation mauritanienne. La ministre des affaires africaines, à l’époque Coumba Bâ, devait anticiper ce comportement et éviter aux siens cette déconvenue. Elle ne l’a pas fait. Elle a payé pour cela deux fois : la première, c’est quand les journalistes présents lui ont fait porter la responsabilité de l’incident en mettant en exergue ses valises qui avaient été ouvertes par la sécurité présidentielle devant nous et avant de les embarquer, la seconde quand elle a perdu son poste de ministre quelques semaines après. Il n’y a pas lieu de supposer une quelconque autre lecture. D’ailleurs j’ai toujours été convaincu que nos hommes politiques ne lisent pas mais écoutent ce qu’on leur rapporte. D’où les approximations dans leurs analyses…
A toutes fins utiles, je vous propose de lire la conclusion du reportage paru dans La Tribune du 20 décembre 2010 :
«…Vivement le pays pour oublier les bobos de Bobo. Encore fallait-il faire avec les quatre grosses valises de la ministre chargée des affaires africaines : les faire contrôler par la sécurité, les faire monter à bord, les ranger dans un espace qui ne gênerait pas le personnel à bord… Autant dire qu’il nous en restait du temps pour enfin nous sentir arrivés