mercredi 30 janvier 2013

SNIM, de A à Z (7)


J comme joint-venture… justement, le joint-venture le plus élaboré est celui qui lie la SNIM à XSTRATA pour l’exploitation de la mine d’El Aouj. Quand on va sur le site de la SNIM, on découvre que le projet El Aouj a été signé le 25 octobre 2010 avec l’entreprise australienne SPHERE Investments Ltd. Qu’il visait à «développer les gisements de magnétite (voir plus loin, ndlr) du Guelb El Aouj (…) dont les réserves sont estimées à plus de 500 millions de tonnes». Que le projet permettra de produire «7 millions de tonnes de petites pellets de haute qualité». Enfin que le financement est de l’ordre de 2,5 milliards dollars.
XSTRATA a racheté SPHERE et reconduit le projet en abandonnant petit-à-petit la production des pellets. Elle veut juste enrichir le minerai et produire du concentré. Même pour cela, elle pose deux conditions : la possibilité d’utiliser les réserves d’eau existant à proximité, ce qui implique le «détournement» d’une eau de qualité vers une utilisation industrielle dans un univers où cette denrée manque cruellement aux êtres vivants (hommes, animaux, végétation…) ; la deuxième condition est la fixation préalable de conditions «acceptables» pour le transport du minerai. Si la pression politique est forte, la SNIM risque de plier sans condition sous la puissance de la multinationale.
Une seconde joint-venture lit la SNIM à MINMETALS de Chine. Après d’âpres négociations, la partie chinoise a accepté de créer une société avec la SNIM qui détient 65% de son capital. Il s’agit de la Tazadit Underground Mine (voir, notre précédente édition). C’est l’occasion pour la SNIM de s’approprier la technologie et le savoir-faire en matière d’exploitation souterraine du minerai. Les Chinois sont attendus en juin prochain.
Avec ARCELOR-MITTAL, c’est le projet autour de Le’gaareb, une série de guelbs au nord-ouest de Zouératt qui a été développé. Après avoir essayé d’acheter la SNIM, le géant indien a accepté de lancer ce projet avec la société nationale. Sans grande conviction visiblement : il met beaucoup de temps à réaliser les études de préfaisabilité. Ce qui fait espérer à tous ceux qui aiment la SNIM, le départ de l’indien qui a de graves problèmes sur d’autres théâtres.
Le plus prometteur de tous les projets communs est celui qui vient d’être signé entre la SNIM et des opérateurs saoudiens. Il s’agit de relancer le projet de production de pellets cette fois-ci à guelb Atoumaay.

K comme Kédia… El Kedya, La Kédia… vous n’avez pas besoin de préciser pour un Mauritanien pour savoir qu’il s’agit de la Kédia d’Ijill, là où culmine la Mauritanie à 910 m d’altitude. C’est ici que s’est implantée la société Mines de Fer de Mauritanie (MIFERMA) qui a exploité les minerais durant les douze premières années de l’indépendance. Cette Kédia est longue d’une quarantaine de kilomètres. Son accès a toujours été difficile avant son exploitation. Elle a inspiré quand même des poètes. Surtout sa guelta. Les experts nous disent que là où se trouve le minerai riche, on trouve toujours de l’eau douce, plus le minerai est pauvre, plus l’eau qui se trouve dans les environs est saumâtre.

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