samedi 3 décembre 2011

A lire, cette dépêche de l’AFP


Le dernier Français à vivre dans le nord du Mali, un homme de 62 ans converti à l'islam, a dit samedi refuser de quitter la région malgré les consignes de sécurité données par Paris après des enlèvements.
"Je refuse de quitter le nord du Mali. Ma vie est ici et non ailleurs. Je suis désormais musulman. Je m'appelle désormais Ibrahim Kanga. Je me sens bien ici, et surtout en sécurité", a-t-il affirmé à l'AFP, contacté par téléphone.
"J'investis dans le développement. J'ai par exemple participé à la création d'un internat scolaire pour les enfants démunis. Depuis 2006 je suis ici et ma vie n'est pas ailleurs", a ajouté l'homme qui assure être le dernier habitant français de la région.
Deux Français ont été enlevés fin novembre à Hombori, dans le Nord du Mali et Paris déconseille vivement à ses ressortissants de voyager dans la région.
Le rapt des deux Français a été suivi par la mort d'un touriste allemand à Tombouctou, également dans le nord du Mali, tué par des hommes armés qui ont enlevé trois autres touristes européens.
Un haut fonctionnaire malien a déclaré que le Français récalcitrant avait été ramené de force en ville de son village, dans l'une des parties les plus désertiques du territoire malien, pour sa sécurité.
"Mais il n'y a rien à faire. Il a fait un testament. Il veut retourner dans son village auprès de son épouse, une musulmane malienne. Ils ont un enfant de 4 ans", a-t-il dit.
"Dans son testament, il demande notamment de ne jamais payer de rançon s'il était kidnappé. Nous avons pris des mesures pour assurer la sécurité de notre hôte", a ajouté la même source.
Al-Qaïda au Maghreb islamique est soupçonné d'être l'auteur ou le commanditaire de ces rapts et meurtre. (AFP)

Ce grand cœur sera-t-il épargné ? Nous l’espérons vivement.

vendredi 2 décembre 2011

Halte à ça !!!


Vendredi en fin d’après-midi, je ne sais pas ce qui me prend, mais je zappe sur TVM. Une journaliste anime une émission sur les questions de famille. Elle reçoit une dame apparemment activiste dans le domaine et un jeune homme dont la présence ne rime visiblement à rien. J’ai raté le sujet du jour. Toujours est-il que je surprends la dame en train d’expliquer que le divorce est fréquent chez nous parce que les mères …ensorcellent leurs garçons qui deviennent plus attachés à elles qu’à leurs épouses. Je n’invente rien.
S’en suit de longues litanies où la démonstration est faite de l’importance de la sorcellerie et de ses pratiques dans la société. Le jeune homme tente vainement d’objecter quelques versets du Saint Coran pour disqualifier la sorcellerie. Rien y fait. Ce sera la promotion de la magie, de la sorcellerie et du reste.
Un autre jour, il y a de cela environ un mois, j’avais surpris un sketch soi-disant consacré au phénomène de l’obésité, un thème cher au défunt PRDS et que nous croyions oublié. On présente une fille qu’on gave. On lui fait avaler ses vomis et tous les liquides environnants pour la faire grossir. Elle aurait eu quand même le temps d’étudier et de naviguer sur facebook où elle rencontre l’homme de ses rêves. Ils décident de se marier mais quand l’homme découvre le monstre, il prend la fuite et renonce à l’épouser. On aboutit à l’hôpital où l’on parle enfin des méfaits de l’obésité.
Le sujet est traité avec tant de vulgarité que le produit est indigeste. D’abord le gavage est une pratique du passé. Je ne sais pas s’il y a des organisations qui prévoit des subsides pour lutter contre le phénomène, mais j’ai remarqué un retour du sujet alors que la pratique n’existe plus. Ensuite les programmes de TVM sont généralement suivis en famille, il faut nécessairement éviter les vulgarités et tout ce qui peut choquer ou faire disperser l’assemblée. Enfin, je ne crois pas qu’un programme qui ne révèle aucun talent, aucune intelligence, aucune écriture, rien absolument rien, qu’un programme de ce genre soit aussi intéressant.
Un troisième jour, c’était un Mufti qui essayait de rétablir le droit à la polygamie, l’autorité de l’homme sur la femme, l’obligation pour elle de rester à la maison… tout cela avec la complicité de la jeune journaliste qui avait, pour l’occasion, choisi de porter l’Abaya, cet habit qui nous vient de nulle part.
On doit savoir si l’on a pour mission de promouvoir ce qui contribue à asseoir un Etat moderne, à libérer le citoyen des croyances absurdes, à l’émanciper… ou si notre rôle est de réhabiliter ces fantaisies d’un autre âge.

P.S. : Jeudi soir, TVM recevait un éminent érudit, exégète, grammairien, historien… tout ce qui peut faire le ‘Alim des époques passées. Avec en prime une ouverture d’esprit rare. Mohamed Abderrahmane Ould Sidiya, c’est le nom de cet érudit, est plus connu sous le nom Ould Veten. Une perle en matière de savoirs. Jeune en plus. Ce soir-là, on ne pouvait l’entendre parce que le journaliste qui l’interviewait était très enrhumé… Est-ce qu’on force nos confrères de la presse officielle à présenter, même quand ils ne peuvent pas ?

jeudi 1 décembre 2011

Zones d’ombre sur le marché de l’aéroport


Nous l’avons écrit, d’autres comme nos confrères du Quotidien de Nouakchott (QDN) l’ont révélé – avec le même titre d’ailleurs -, le marché du nouvel aéroport de Nouakchott n’a pas révélé ses tenants…, ses aboutissants, on en voit déjà avec notamment le lancement de la mise en valeur des 150 hectares octroyés en plein milieu de la ceinture verte.
Ceux parmi vous qui empruntent la route dite «Sukuk», celle qui relie Tevraq Zeina à Teyarett, auront remarqué qu’une digue a été élevée sur le côté gauche de la route. C’est cette digue qui délimite le territoire attribué au Groupe Ahmed Salek, propriétaire principal de la société ayant eu le marché – avec une part pour le groupe Noueguedh (AON). 150 hectares dans cette zone et 250 hectares dans la zone de l’ancien aéroport, sa partie nord, celle qui donne sur les quartiers Dar Naim et Hay Essaken.
Le marché est donc un troc : pour une valeur de 260 millions dollars – c’est un chiffre donné au hasard, jamais dans les discours officiels du lancement des travaux, le chiffre exact ne sera donné.
Et quand les députés de l’Assemblée nationale ont interpellé le ministre des transports, Yahya Ould Hademine, celui-ci s’est contenté de louer les termes de la convention en donnant deux précisions : 2% des surfaces prévues dans le troc seront remis après la signature de la convention et 20% dès le début des travaux dans le nouvel aéroport, le reste à la fin des travaux, c’est-à-dire dans deux ans exactement.
Dans la dépêche de l’AMI couvrant l’évènement du lancement des travaux, on lit : «D'une superficie totale de 18.000 mètres carrés, le bâtiment principal comprend deux pistes pouvant accueillir les plus grands avions, y compris Boeing 747 et Airbus A380, avec une capacité d'accueil de plus de 2 millions de voyageurs par an. L'aéroport comprend un pavillon pour les voyageurs et un autre pour le fret, des parkings pour avions, des salons d'honneur présidentiels et autres ministériels, un hangar d'entretien d'une superficie de 4800 mètres carrés, une tour de contrôle de 38 mètres d'hauteur et 6 passerelles (satellites) de liaison avec les avions. Dans le cadre du plan de financement convenu, les dispositions adéquates seront prises, au plus tôt possible, pour installer les équipements de navigation, les équipements de pare-feux et les installations de carburant. L'aéroport qui permettra de créer plus de 800 emplois sera exécuté par la société Najah des grands travaux».
Le directeur général de Najah, la société bénéficiaire du marché, a précisé que le projet a été conçu par un bureau d'études américain spécialisé, réputé parmi les bureaux internationaux pour sa grande expertise pour avoir participé à la construction de plus de 90 aéroports à travers le monde. Lesquels ? Aucune réponse.
Il s’agirait d’un professeur américain spécialisé effectivement dans les grands travaux mais qui aurait été mobilisé par un partenaire saoudien qui pourrait être un ancien directeur de l’aviation civile saoudienne. Nous sommes obligés de rester dans le vague tant que les bénéficiaires et le ministère des transports n’ont pas accepté de donner les précisions nécessaires. En fait, ce serait le ministère des affaires économiques qui aurait dirigé toutes les négociations s’éclipsant seulement au moment de la signature de la convention.
Tout cela participe à la controverse alimentée par le blackout autour du projet. A quand une petite dose de transparence ?
En attendant d’en savoir plus sur les tenants et aboutissants – cette fois-ci - du marché, les bénéficiaires doivent savoir que ces sera le projet le plus suivi de l’Histoire du pays. A chaque étape, on se posera la question : où en est-on ? Sachez enfin que l’objectif des 2 millions de passagers traités par an ne sera atteint qu’en 2025 selon les études du projet. D’ici là, les 150 hectares de la ceinture verte auront été «mis en valeur», sinon éclatés en petits lots rapportant beaucoup plus qu’on peut imaginer. Exactement comme avec les grandes superficies octroyées en vue de la réalisation d’un projet touristique et qui, finalement, ont été vendues par petits lots à des particuliers. Pas si particuliers que ça d’ailleurs…

mercredi 30 novembre 2011

La Radio en fête


Même si cela s’est passé le 29, la célébration se faisait dans le cadre des festivités marquant le 51ème anniversaire de l’indépendance nationale. C’est d’ailleurs une tradition pour Radio Mauritanie : organiser une soirée à cette occasion. Comme d’habitude il y avait grand monde. Les moments forts de la soirée furent celui des distinctions et celui de la remémoration.
L’on a, entre autres, distingué l’érudit Hamden Ould Tah, la chanteuse Dimi Mint Abba à titre posthume et Abdallahi Ould Mohamedou, l’un des plus grands journalistes du pays qui a eu à diriger la radio et la télévision. D’autres furent distingués parmi lesquels de jeunes talents d’aujourd’hui.
Un programme a été présenté par Mohamed Abdallahi Bezeid, l’un des doyens de la radio. Un programme qui est revenu sur de vieux enregistrements dont le premier datait de 1956. C’était un enregistrement du Cheikh Abdullah Ould Cheikh Sidiya où il donnait une lecture de la société d’avant la colonisation. Suivirent des discours et interviews à des dates précises de l’histoire récente du pays. De quoi mettre en émoi l’assemblée.
Il faut rappeler que le «huna nouakchoot, idha’atu el joumhouriya el islamiya el muritaniya» a été fondamental dans la construction d’un Etat moderne sur cette terre. C’est par là qu’a commencé la construction de la personnalité mauritanienne des premières heures.
Au cours de cette soirée, on pouvait bien regretter la parole donnée au directeur de la Chinguitel pour faire un discours au même titre que les officiels. Ce n’est pas parce qu’il a sponsorisé la soirée qu’il doit avoir le droit d’utiliser un instrument de souveraineté pour faire la promotion de sa société. Surtout que l’on parle beaucoup des manquements de cette société vis-à-vis du fisc mauritanien. Elle est perçue comme un outil de pompage de devises à partir de la Mauritanie sans en payer la contrepartie.

mardi 29 novembre 2011

Les prétextes de la HAPA


Dans un communiqué sous forme de P-V publié en milieu de semaine dernière, la HAPA a essayé d’expliquer les choix qu’elle a faits. Le prétexte choisi pour tout le monde est le suivant : «offre rejetée pour non fourniture de pièces essentielles demandées dans le dossier et ou non constitution suivant les formes et les dispositions de la loi 045-2011, relative à la libéralisation de l’Audiovisuel».
Et pour chacun des «rejetés», la HAPA a envoyé une lettre expliquant son cas. Le dossier présenté au nom de l’Agence mauritanienne de Presse et qui demandait une radio dédiée à la jeunesse (Hit-FM) a été rejeté parce que les identités complètes des administrateurs de la société n’ont pas été fournies. Selon la HAPA, bien sûr. Parce que les filiations, avec copies de cartes d’identités, C-V et tout renseignement pouvant éclairer le parcours, ces informations étaient bien fournies. Mais apparemment, on s’est contenté d’éliminer avant l’étape de la notation, sans prendre la peine de lire le dossier.
Mes amis de Essiaj – journal et site d’informations – m’ont dit qu’ils ont reçu une lettre leur expliquant qu’ils n’ont pas rempli la partie dédiée à la société «en constitution». Bien sûr qu’une société déjà constituée ne va pas remplir les cases pour celle en constitution. Prétexte, là aussi.
On me dit que la plupart des demandes de télévisions ont été rejetées pour des questions liées à la non présentation d’un papier administratif comme le registre commercial. Il aurait été plus judicieux, plus juste, d’octroyer au moins les trois licences prévues (en plus des deux) sous réserve de fourniture du complément du dossier. Mais non !
Pas la peine de s’étaler là-dessus, les prétextes de la HAPA valent ce que vaut tout le reste.

lundi 28 novembre 2011

51 ans, ça se fête comment ?


La Mauritanie officielle a célébré le 51ème anniversaire de son existence par la traditionnelle levée des couleurs à la présidence. La veille, il y a eu la retraite aux flambeaux, l’avant-veille la célébration en grande pompe du 51ème anniversaire de l’Armée.
Des ONG’s et des activistes politiques ont choisi de se rendre sur le lieu où ont été pendus 28 soldats en 1990. La COD, elle, a célébré la journée en faisant «le bilan amer du général». Et c’est sans doute la plus intéressante de toutes les célébrations. Dans la mesure où elle évite de faire le bilan de cette moitié du siècle dont la situation actuelle n’est qu’une conséquence. ni dans le discours du président actuel de la COD, ni dans les présentations des intervenants…
Pourtant.
On ne peut pas oublier les erreurs politiques du début, avec notamment  l’interruption brutale du projet en 1975 avec la guerre du Sahara qui a fini par être la cause directe du coup d’Etat du 10 juillet 1978.
Rien sur la gestion catastrophique qui a suivi et à laquelle nombre de nos politiques les plus en vue ont participé. Et rien surtout sur les deux décennies qui ont le plus coûté au pays (1984-2005). En terme d’exécutions sommaires et sans jugement, d’exécution après jugement «accéléré», de tortures, d’expropriations, de déportations… Tout ce que nous dénonçons aujourd’hui en termes de passifs humanitaires, de bradages des ressources, de pillages des biens… nous vient de la gestion de ces deux décennies.
Les ministres de l’époque, les responsables politiques les soutiens «indéfectibles» - à l’époque, nous avons vu après qu’ils sont «défectibles» -, les Walis qui ont expulsé et exproprié à leur avantage les populations de la Vallée… ceux-là doivent répondre de ces actes et de ces positions avant  de faire la leçon, faire le bilan de ces longues années noires avant toute chose…
Tous ces pans du système auraient pu nous éviter de fêter séparément en acceptant de se retrouver sous la même tente… celle qu’on appelle Mauritanie. Elle mérite le dépassement de considérations égoïstes et de piètres calculs.

dimanche 27 novembre 2011

La COD et Inal

Certaines ONG et mouvements politiques ont décidé d’aller à Inal commémorer la mémoire des 28 soldats négro-africains ont été pendus sous les ordres d’un officier commandant la région à l’époque. Nous étions le 28 novembre 1990. Et c’était sa façon à lui de fêter le 30ème anniversaire de l’indépendance nationale. Une tragédie qui a bien eu lieu dans ce coin perdu et en ce jour symbole. Cela fait partie de ce que l’on appelle communément «le passif humanitaire» et qui pèse encore sur la mémoire collective des Mauritaniens.
Refusant de régler la question, la transition de 2005 l’a laissée en suspens au-dessus de nos têtes. Le gouvernement civil a fait un pas. Puis celui de Ould Abdel Abdel Aziz a engagé un processus de réconciliation qui s’est soldé par la prière de Kaédi (prière du pardon), puis par la réhabilitation des morts et des survivants par la reconnaissance des torts commis. Certes pas assez pour soigner une blessure profonde. Surtout que la question n’a pas fait objet de débats sur la scène nationale. Nombreux sont ceux qui nient aujourd’hui – et de bonne foi – l’existence de telles barbaries.
L’initiative visant la commémoration d’Inal pose visiblement problème au sein des appareils politiques, surtout la Coordination de l’opposition démocratique (COD). L’un des membres du convoi allant à Inal aurait déclaré que le bureau de la COD avait refusé d'accompagner les «visiteurs» d’Inal. Réponse de la COD :
«Certains sites d’information ont fait part hier, d’un refus de la COD de répondre à une invitation pour assister à des activités organisées à Inal par des organisations de droits de l’homme. Nous tenons, à ce sujet, à apporter la précision suivante : - La COD n’a jamais discuté de ce problème au cours de ses réunions».                                                          
La commission  de communication ayant signé ce communiqué le 27 novembre, publie juste après le communiqué qui suit :
«Pour cause de déplacement de certains Présidents de la COD hors de Nouakchott, la cérémonie de commémoration de la fête de l’indépendance nationale qui était prévue ce soir est reportée à demain, lundi 28 novembre 2011 à 17h à l’Hôtel Khater. Merci de votre compréhension». 
Il faut signaler que deux des dirigeants dont le président actuel de la COD, Ba Amadou Alassane, ont fait le déplacement d’Inal. En attendant de savoir à quoi s’en tenir, à signaler enfin ce passage du communiqué de l’Union des forces de progrès (UFP) à cette occasion :
«L’Union des Forces de Progrès (UFP) de Mauritanie, ayant été à l’avant-garde de la lutte, sous toutes ses formes, contre le chauvinisme d’État (1989-1991), l’a condamné avec la dernière énergie, contribuant à la mobilisation large et massive des partis politiques, d’associations diverses de la société civile, de nombreuses personnalités nationales parmi lesquelles le vénérable Bouddah Ould Bousseyri».