lundi 28 novembre 2011

51 ans, ça se fête comment ?


La Mauritanie officielle a célébré le 51ème anniversaire de son existence par la traditionnelle levée des couleurs à la présidence. La veille, il y a eu la retraite aux flambeaux, l’avant-veille la célébration en grande pompe du 51ème anniversaire de l’Armée.
Des ONG’s et des activistes politiques ont choisi de se rendre sur le lieu où ont été pendus 28 soldats en 1990. La COD, elle, a célébré la journée en faisant «le bilan amer du général». Et c’est sans doute la plus intéressante de toutes les célébrations. Dans la mesure où elle évite de faire le bilan de cette moitié du siècle dont la situation actuelle n’est qu’une conséquence. ni dans le discours du président actuel de la COD, ni dans les présentations des intervenants…
Pourtant.
On ne peut pas oublier les erreurs politiques du début, avec notamment  l’interruption brutale du projet en 1975 avec la guerre du Sahara qui a fini par être la cause directe du coup d’Etat du 10 juillet 1978.
Rien sur la gestion catastrophique qui a suivi et à laquelle nombre de nos politiques les plus en vue ont participé. Et rien surtout sur les deux décennies qui ont le plus coûté au pays (1984-2005). En terme d’exécutions sommaires et sans jugement, d’exécution après jugement «accéléré», de tortures, d’expropriations, de déportations… Tout ce que nous dénonçons aujourd’hui en termes de passifs humanitaires, de bradages des ressources, de pillages des biens… nous vient de la gestion de ces deux décennies.
Les ministres de l’époque, les responsables politiques les soutiens «indéfectibles» - à l’époque, nous avons vu après qu’ils sont «défectibles» -, les Walis qui ont expulsé et exproprié à leur avantage les populations de la Vallée… ceux-là doivent répondre de ces actes et de ces positions avant  de faire la leçon, faire le bilan de ces longues années noires avant toute chose…
Tous ces pans du système auraient pu nous éviter de fêter séparément en acceptant de se retrouver sous la même tente… celle qu’on appelle Mauritanie. Elle mérite le dépassement de considérations égoïstes et de piètres calculs.

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