mercredi 6 février 2013

Le retour de la bête


Tout y était, même la grisaille d’un temps bâtard où un vent chargé de poussière se lève pour retomber immédiatement, comme s’il s’agissait de rappeler aux humains la précarité de l’environnement dans lequel ils se meuvent.
Il y avait là tout pour me rappeler quelques (mauvais) souvenirs d’un passé que nous tentons, inconscients que nous sommes, d’enfouir dans nos têtes, comme si les images appartenaient à une autre époque, un autre monde…
C’était l’époque du «complot permanent», celle qui a vu la plus grande partie de ceux que le pays comptait en termes d’élites «dérangeantes» passer entre les mains de la police, le plus souvent aller jusque devant les juridictions, pour finir en «dépôt» à la prison, avant de bénéficier d’une liberté provisoire… Mais en fait, on se disait à l’époque que nous étions tous en liberté provisoire. Au moins dans l’aspect aléatoire de cette liberté : on pouvait aller en prison pour …rien. La mise en scène s’accompagnait d’un cérémonial destiné à faire «partager» les malheurs de ceux qu’on a décidé de cibler : parents et amis doivent souffrir dans l’attente de savoir ce qu’il adviendra des leurs en train d’être «entendus» par un Procureur dont on sait à l’avance les choix…
Hier, devant le Palais de Justice de Nouakchott, quelques dizaines de personnes attendaient pour savoir ce qu’il adviendra de Mohamed Ould Debagh, vice-président du Groupe BSA qu’on accuse d’avoir «mis en banqueroute» la société Mauritanie Airways. Comme par hasard au moment où le Groupe auquel il appartient subit plusieurs «ciblages» (fisc, BCM…).
Quand j’apprends que le Procureur qui l’entend n’est autre qu’un Magistrat qui a été un «confrère», je sais d’avance que mon ami passera la nuit en prison. Quand il faisait ses premiers pas dans une «certaine presse», en fait comme chef de rédaction dans le complexe Al Bouchra et la Vérité – deux journaux créés à l’époque pour insulter, vilipender tous ceux qui sont dans la ligne de mire d’un pouvoir boulimique d’arbitraires, l’une des victimes les plus prisées de ces deux journaux était… Mohamed Ould Bouamatou et son Groupe naissant. Comme le Destin «arrange» les choses, voilà que le Groupe est encore «livré» à celui qui a «ouvert (grands) les yeux» sur le Monde dans un univers comme celui d’Al Bouchra et de la Vérité…
Qu’importe si Ould Debagh dont le Groupe ne détenait pas 40% de Airways (51% aux Tunisiens, 10% à l’Etat mauritanien). Qu’importe si rien n’engageait sa responsabilité dans la gestion de la société. Qu’importe s’il a, en tant que président du Conseil, essayé et réussi à régler tous les arriérés des travailleurs n’ayant pas pu trouver du travail. Qu’importe s’il a préservé scrupuleusement le patrimoine de la société après sa faillite. Qu’importe si les travailleurs, dans leurs premiers mouvements de protestations, s’étaient toujours adressés à l’Ambassade de Tunisie et ont toujours dirigé leurs actions contre les Tunisiens. Qu’importe si… qu’importe… Ould Debagh devait aller en prison… il y est. Pour combien de temps ? Peu importe dans la mesure où il n’en souffrira pas, où personne de ses proches n’en souffrira…
Ma petite Teti, ce que ton esprit d’enfant doit retenir c’est que ton père, mon ami, mon frère, n’a pas volé, n’a pas trahi, n’a pas menti… d’ailleurs ce n’est pas pour des raisons pareilles qu’on va en prison chez nous…    

mardi 5 février 2013

Où sont les élites maliennes ?


Les images ont défilé en cette journée de samedi (2/2). Celles d’un Mali recevant un «libérateur» en la personne de François Hollande, puis celles d’un Mali fêtant sa qualification pour les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Autant les premières dérangeaient, autant les secondes faisaient plaisir.
Un Mali qui passe toutes les grandes équipes en faisant preuve d’un engagement très fort, d’une grande adresse dans le jeu, et d’une volonté d’aller jusqu’au bout. C’est ce que nous avons vu le Mali développer sur la pelouse du stade de Durban en Afrique, malgré la présence de milliers de supporters adverses. Un Mali solidaire malgré l’expression nette de quelques individualités, de quelques grandes valeurs…
Un Mali incapable dé ragir de lui-même à ce qui lui arrive, d’assumer, de se prendre en charge, de régler par lui-même ses problèmes, de les poser de façon correcte, d’imaginer un avenir commun, de relever les défis immédiats…, c’est ce que nous avons vu à Sévaré, Tombouctou et Bamako.
La parade du Président François Hollande aura servi à mettre à nu les faiblesses de l’entreprise, mais surtout la démission des élites maliennes. Lesquelles ont déserté le terrain de l’action depuis bien longtemps.
Comment expliquer l’absence des élites maliennes de la scène en des moments pareils ? Où sont passés les grands artistes qui nous émerveillaient par l’exercice d’un art qui a bercé une Histoire millénaire ? Où sont-ils ces politiques et militants qui ont payé pour la libération de l’homme malien imposant les premières transitions pacifiques sur le continent africain ? Où sont ces grands sportifs qui se sont imposés en modèles à la jeunesse africaine ? Où sont-ils ces professeurs, ces historiens, ces économistes… qui ont peuple nos vues des décennies entières ?
Samedi dernier, la scène malienne était déserte de tous ceux-là. On a certes vu le Président François Hollande faire un bain de foule à Tombouctou où il a été reçu par une partie de la population (il n’y avait aucun Touareg, aucun Arabe et peu de Peulhs dans la foule). On l’a vu discourir devant quelques dizaines (moins de mille) de personnes venus l’acclamer à Bamako. On l’a vu se démener pour trouver un rôle à son accompagnateur, le Président par intérim Dioncounda Traoré. On a vu celui-là interpeller gentiment les officiers français (pas les Maliens). On a vu le Président François Hollande recevoir un jeune dromadaire en cadeau de la part de quelques représentants de la population. Mais là on a surtout vu un «jeune» dromadaire entouré par une foule qui lui faisait peur et qui ne savait pas comment le traiter. Toute l’image de l’artifice se résumait dans cette scène. Tous ceux qui s’agglutinaient autour de l’animal qui blatérait sans cesse, avaient justement peur de ses réactions et l’animal, naturellement, devait être traumatisé par l’épreuve.
On pouvait attendre des élites maliennes qu’elles nous disent, qu’elles disent au Président François Hollande et au Monde ce qu’elles peuvent faire pour leur pays, ce qu’elles entendent faire de leur pays. Sinon de les entendre dénoncer que les Institutions du Mali soient mises à l’écart dans cette opération de recouvrement de la souveraineté. Les élites maliennes devaient en profiter pour exprimer un état d’esprit, celui qui les anime réellement.
Est-elle d’accord avec le processus engagé par la communauté internationale ? comment voit-elle l’avenir ? que faut-il faire pour refaire l’unité du pays et de son peuple ? quels rôles pour la classe politique et intellectuelle ?
Au moment où le Président François Hollande parade victorieusement sur le sol malien «libéré», des exactions sont commises par des éléments de l’Armée malienne, par des éléments de la police, de la Gendarmerie, par une foule excitée et déchainée… Pas seulement à l’encontre des Maliens accusés d’avoir prêté main forte aux Jihadistes ou soupçonnés d’avoir de la sympathie pour eux, mais aussi de Mauritaniens, simples voyageurs traversant le territoire malien ou résidents tranquilles participant au maintien d’un semblant de normalité. Délit de faciès…
Pas un jour ne passe sans qu’on apprenne l’arrestation, l’expropriation, parfois la molestation et même la torture de citoyens mauritaniens par des éléments de l’Appareil sécuritaire malien. Impunité et indifférence.
Ici aussi, nous attendons l’avis des élites maliennes. Depuis trop longtemps, nous espérons les entendre dénoncer les agissements inconsidérés et graves vis-à-vis de nos compatriotes. Nous avons accepté de nous taire sur l’assassinat de 13 innocents prédicateurs désarmés par l’unité de Djiabali. Il est temps pour la presse malienne de tirer la sonnette d’alarme, pour son gouvernement d’agir, pour ses élites de réagir.

lundi 4 février 2013

SNIM, de A à Z (12)


V comme vision… Le mot-clé de la stratégie développée par la SNIM pour la décennie à venir est bien le mot «vision». Elle s’articule autour d’un programme de huit axes : 1. Recherche géologique ; 2. Augmentation de la production ; 3. Efficacité opérationnelle ; 4. Promotion des compétences ; 5. Positionnement sur le marché ; 6. Développement du partenariat ; 7. Développement durable ; 8. Cadre de vie et intégration à l’économie nationale.
La philosophie d’un tel programme découle de la nécessité d’avoir «une stratégie industrielle contrôlée», selon les termes des hauts cadres de la société. La stratégie part d’un diagnostic qui permet d’envisager de compter parmi les cinq premiers exportateurs de fer dans le monde. Pour ce faire, deux impératifs : ne pas perdre de temps et trouver obligatoirement le minerai de qualité. Les tergiversations ou la non réalisation des objectifs de production peuvent fatalement entrainer la fin de l’entreprise. Rien que «l’efficacité opérationnelle» développée en prélude de la réalisation des grands travaux, rien qu’elle peut déjà faire gagner dans l’ordre de 20% à la production. Il s’agit, à partir de la réorganisation, en vue de les améliorer, des méthodes de travail, d’avoir un résultat meilleur et un niveau de production supérieur à celui qu’on avait. Elimination de tous les «petits gaspillages», standardisation du travail, pérennisation du processus… ce sont là quelques-uns de piliers de la «transformation opérationnelle» mise en œuvre par la SNIM avec le concours d’un cabinet international. Tout cela pour atteindre le chiffre des 40 millions de tonnes à exporter par an pour un coût de production inférieur à 40 dollars la tonne.

W comme wagon… «elwiig» pour le pluriel, «el waaga» pour le singulier… c’est comme ça qu’on appelle les wagons du train localement. Le chemin de fer est l’artère autour de laquelle s’organise la vie dans un couloir long de 700 km environ. Une voie unique où se trouve quelques évitements, aujourd’hui une dizaine, bientôt plus dans la perspective de l’augmentation du trafic grâce à l’augmentation de la production. Il y a six trains réguliers qui passent quotidiennement : trois vides qui remontent vers Zouératt (V3, V5, V9) et trois chargés de mines (M2, M4 et M6). Il y en aura beaucoup plus dans les années à venir. On comprend mal que la SNIM qui a lancé le marché de réalisation de nouveaux évitements, a confié le suivi du travail à quelqu’un qui n’a aucune expérience en matière de transport ferroviaire. Jusque-là les dizaines de wagons du «train le plus long du monde» étaient tractés par 3 à 4 locomotives de 3.300 CV. Aujourd’hui, la SNIM a acquis de nouvelles locomotives dont une seule suffit à tracter ce poids qui peut dépasser 22.000 tonnes. L’une d’elles peut remorquer, à son démarrage, une rame de 86 wagons de 120 tonnes.

X comme XSTRATA…  le géant suisse n’était pas réputé pour ses activités dans le fer, mais plutôt le cuivre, le charbon, le zinc, le chrome, l’or… Son arrivée en Mauritanie après son rachat de l’actif de SPHERE, a été célébrée comme un grand signe d’encouragement de la part des investisseurs. Aujourd’hui, si vous lancez le XSTRATA dans un moteur de recherches comme Google, dans les dix premières pages, vous ne trouverez pas trace de sa présence en Mauritanie tellement l’investissement qu’il injecte est insignifiant pour lui. C’est en milliards de dollars que l’on chiffre ici et que l’on parle.
La société qui a été dénoncée en Amérique latine pour le non respect de l’environnement, est accusée, avec GLENCORE qui est en train de l’absorber, d’avoir rasé tout un village en Colombie pour s’ouvrir la voie de l’exploitation d’une mine de charbon. C’est dire combien de tels géants sont dangereux pour des petits pays comme le nôtre qui ne peuvent tenir devant leur diktat. Surtout que depuis la fin d’année 2012, la fusion de GLENCORE et de XSTRATA a donné naissance au premier groupe minier du Monde, avec 64 milliards dollars de capitalisation et 130.000 employés répartis sur quarante pays. Cette société va assurer 40% de la production de zinc en Europe et aura en charge 75% de son négoce. En réponse à un journaliste suisse qui lui aurait posé la question de savoir pourquoi tant de gigantisme, le patron de la société, le nommé Ivan Glasenberg, aurait répondu : «Profits, profits, profits, profits». Cela en dit long sur ce qui nous attend.

Y comme Yaghraf… Rien à voir avec la SNIM ou son environnement immédiat, sauf que c’est un village qu’on traverse quand on veut aller à Zouératt. C’est à partir d’ici qu’on quitte la route goudronnée qui relie Akjoujt à Atar pour foncer vers Choum, puis faire cap sur la ville minière du Nord. Yaghraf mérite l’intérêt de la Fondation SNIM. Surtout qu’il ya une population laborieuse et forte. Bon an mal an, des cultures sont pratiquées dans la plaine de Yaghraf. Les populations ont trouvé l’astuce de construire des réserves de pâturages pour les animaux. Et quand on y passe, on est frappé par on ne sait quel air de détermination à s’accrocher à une terre qui ne fait rien pour être aimée et qui est pourtant attachante.

Z comme Zemmour qui, couplé avec Tiris donne la région du Tiris-Zemmour dont la capitale est F’Dérick. J’ai fait appel à Wikipedia qui dit :
«Le Tiris Zemmour est une vaste étendue désertique soumis aux alizés puisqu'il est traversé par le tropique du Cancer. La piste impériale relie Choum à Bir Moghreïn en passant par F'Derick. Le paysage est monotone, plat, relevé de dunes de sables et de quelques montagnes de faible altitude. La température y est élevée avec une humidité relative proche de zéro. La pluie est anecdotique mais maintien le remplissage des gueltas. En 1973, trois jours de pluie ininterrompue ont fait reverdir le désert (la Normandie selon les français présents à Zouérate). En tombant trop au nord, elle a provoqué des migrations des troupeaux du sud ; la végétation se raréfiant à nouveau rapidement, a entraîné la mort de nombreux animaux.
Les ressources minérales sont principalement des salines (Sebkhra d'Idjill), et les mines de fer de la Kédia d'Idjil ou des guelbs à magnétite.
La végétation, rare, se compose de "fech-fech", une herbe, d'acacias gommiers ou épineux et de tamaris.
La faune est assez varié : gazelles, fennec, chacal, gerboise, souris, outarde, corbeau, vipère à cornes, gecko et lézard, bousiers, scorpion, tarentule, mouches, grillon, blatte. Et pas de moustiques ! Lors des pluies, de curieux petits animaux préhistoriques ressemblant à des limules, sortent de terre pour nager dans les flaques. On dit qu'il y aurait des grands Koudous (on trouve des cornes) et des autruches (on trouve des coquilles de leurs œufs). En 1965, des cigognes en migration se sont reposées à Zouérate. Dans les années 1970, des vols de criquet pèlerin ont perturbé la cité.
Le sud du Tiris Zemmour est encore traversé par des caravanes de dromadaires. Les troupeaux de moutons et de chèvres ne sont pas rares. Leur aliment reste le carton et le papier ! L'âne est l'animal de bât par excellence».

dimanche 3 février 2013

SNIM, de A à Z (11)


T comme Tazadit, c’est simple : tout T prononcé à Zouératt renvoie forcément à la partie de la montagne qui s’appelle Tazadit. T dans T1-2-3-4-5-6 désigne la fosse qui a été exploitée depuis le début et qui contient le minerai riche. Aujourd’hui, la société exploite de nouveau quelques poches dans Tazadit. Elle lance TUM (Tazadit underground mines) avec les Chinois de MINMETTALS (voir plus haut). Mais le moins connu des acronymes liés à Tazadit est le TZFC
TZFC, ne cherchez pas à déchiffrer. Retenez tout simplement qu’il s’agit d’un «produit SNIM», c’est-à-dire que cette qualité de produit a été développée par l’entreprise nationale qui a trouvé ici le moyen de régler plusieurs problèmes. Mais avant de dire lesquels sachez qu’il s’agit d’un mélange de différents minerais : une proportion de minerai riche+du mixte+du concentré+le phosphoreux pour avoir le TZFC très prisé aujourd’hui sur le marché mondial, notamment pour sa teneur à 62% de fer.
Avec les petites quantités de minerai riche à exploiter, la SNIM ne pouvait pas supporter des exploitations sur des mines qui donnaient peu. En face, il y avait par contre des centaines de millions de tonnes de minerai ayant une haute teneur en phosphore, ce qui accentue l’acidité et diminue considérablement la qualité au moment de l’utilisation dans les hauts-fourneaux. En 2008, le gouvernement de l’époque avait trouvé une formule avec les Chinois de MINMETALS – encore eux. Ils achetaient le produit avec une forte décote qui faisait perdre à la SNIM l’occasion de gagner plus et mieux de son produit. Puis, la recherche et le département commercial de Paris ont trouvé l’astuce : il fallait mélanger le produit et créer une nouvelle gamme, cela a marché. Même très bien parce que la production a rapidement évolué : de 200.000 tonnes en 2009, on est passé à 3,9 millions de tonnes en 2010, puis à 6,8 millions tonnes en 2011, pour finir en 2012 à 7,4 millions tonnes.

U comme Usines… Il y en a plusieurs. Celle qui est installée au Point Central dans l’aire du port minéralier et dont le rôle est de calibrer le minerai pour répondre à la demande des hauts-fourneaux (0,1 mm). Celle qui est fonctionnelle depuis 1984 au Guel el Gheyn, non loin de Zouératt et qui permet d’exploiter et d’enrichir de grandes quantités de minerai. La deuxième qui usine du Projet Guelb II est en construction. Elle jouera le même rôle que la première. De 40 à 60 millions de tonnes de stériles sont traités aujourd’hui. La deuxième usine va mobiliser 6 pelles supplémentaires et près de 40 camions de 200 tonnes pour pouvoir traiter dans les 62 millions de terrassements par an. Les deux usines doivent produire environ 9 millions de tonnes de concentrés dans les deux ans à venir. Ce sera leur part dans les prévisions concernant 18 millions de tonnes à l’orée de 218. Reste à dire que le plus cher dans ces usines, c’est bien le broyeur qui demande le plus d’investissements. Dans le cas du Guelb II, il n’a pas été difficile de convaincre les bailleurs traditionnels de la SNIM et les banques commerciales pour les engager à ses côtés.

samedi 2 février 2013

SNIM, de A ) Z (10)


R comme ressources humaines. Le premier employeur du pays après l’Etat, compte près de 5000 employés aujourd’hui avec les derniers recrutements. Il sera probablement à 6000 à la réalisation du Projet Guelb II et plus à la réalisation des autres projets d’exploitation. Parce que la relève est au cœur des problèmes qui se posent à l’entreprise, la SNIM a privilégié la formation moyenne et supérieure. Et comme pour agir sur le plan national, la SNIM octroie annuellement des bourses aux bacheliers se proposant d’aller faire une formation technique supérieure. Mais tous ces efforts ne permettent pas encore d’envisager sereinement l’avenir. L’on nous dit déjà qu’il y a de moins en moins de formations qualifiées. «Au niveau de la maîtrise moyenne et supérieure, il y a beaucoup de départs, alors que les arrivants demandent plus de temps pour adapter leur enseignement théorique et capitaliser l’expérience de leurs ainés». Tout l’appareil d’encadrement de la SNIM est formel : la formation du personnel et son utilisation constitueront un blocage très bientôt.

S comme Sahara… c’est tout près d’ici et même si les armes se sont tues depuis longtemps, le problème continue de peser sur l’entreprise et sur son environnement sociopolitique et sécuritaire. Il est facile de traverser la frontière sans s’en rendre compte. Le chemin de fer, en contournant le massif de l’Adrar est déjà dans le Sahara. Dans le temps, on avait creusé un tunnel dans cette montagne pour permettre le passage du train en terre mauritanienne. Quand la Mauritanie a annexé «sa» partie saharienne, on a abandonné le tunnel. Mais c’est une situation qui ne peut durer et qui sera posé dès que les protagonistes dans cette affaire auront à régler concrètement la question. C’est comme pour Lagweira qui est un bout de ce territoire qui se trouve en nous. Tout au long du «couloir» et de nos frontières, l’on voit les installations marocaines de surveillance sur le fameux mur de protection du «Sahara utile». De grandes antennes s’offrent aux regards des passants qui peuvent en certains lieux profiter des réseaux téléphoniques du Maroc. Même en temps de paix, c’est une zone de haute sécurité difficile à contrôler et à stabiliser. Cette tension qui persiste a créé une précarité qui oblige les populations – toujours victimes de ces situations – à développer des moyens de survie en bravant souvent les interdits. L’économie de guerre qui s’est greffé sur ce qui reste du conflit du Sahara, s’est organisée autour du trafic des denrées alimentaires qui sont moins chères à Zouératt qu’à Nouakchott par exemple. Il y a quelques années encore, c’était le trafic de cigarettes et d’armes qui avait infesté la région. Depuis trois ans, l’Armée mauritanienne a repris le contrôle de cette partie du territoire et y impose une zone militaire sécurisée. Du coup, le marché du crime a déserté les lieux. Aujourd’hui, des unités de l’Armée sillonnent tous les espaces «ouvrant» sur les immensités que constituent les espaces sahariens à la frontière avec l’Algérie et le Mali. Quelques bases ont été installées à Aïn Bentili, Chegatt, Lemghayti…  la plus importante d’entre elle est celle de Lemreye qui doit pouvoir recevoir des avions de grands calibres.

vendredi 1 février 2013

SNIM, de A à Z (9)


O comme Oum Greyn qui a donné la ville de Bir Oum Greyn, département de la région, le plus loin au nord, le moins habité en temps normal… Parce que cet hivernage qui n’a pas été bon partout dans le Tiris et l’Adrar, a été plutôt clément dans les environs de Bir Oum Greyn. Ce qui attire tous les pasteurs des régions nord, d’autant plus que les pâturages d’ici sont réputés très bons pour les bêtes et les hommes. Un problème cependant : celui de l’eau. Même si dans la ville deux potences ont été mises en place par la Fondation SNIM pour permettre l’alimentation en eau potable de la ville. Une potence pour remplir les citernes, une deuxième pour les charrettes. Le cheptel manque d’eau à cause de la rareté des points d’eau.
 5000 tonnes/heures
P comme port minéralier. Situé à 700 kilomètres des lieux de production, le port minéralier de la SNIM a été construit dans la Baie du Lévrier, à côté du «Point Central», là où tout se passe pour la société. Ce port peut recevoir des bateaux de 150.000 tonnes, sans besoin de remorqueurs. Jusqu’à présent les dragages périodiques suffisent à l’entretenir. Il est servi par une usine de traitement qui opère les derniers calibrages avant l’exportation qui fait jusqu’à 8 millions de tonnes par an. On y trouve aussi un culbuteur qui fait en moyenne 4000t/heure, un circuit de convoyage et de stockage, des aires de stockage qui peuvent contenir jusqu’à 2 millions de tonnes de minerais prêts à être exportés. Les bateaux qui accostent sont chargés à partir d’un shiploader ayant une capacité de .

Q comme qualité… Il y a quelques années, on ne parlait à la SNIM que de «Qualité totale», un concept «révolutionnaire» qui avait permis à l’entreprise de s’offrir plusieurs certifications aux normes internationales de l’activité minière. Il en est resté cette phobie des gaspillages et cette passion pour le «zéro perte». Partout où vous allez, des panneaux vous rappellent que la conscience du travail bien fait, que la passion pour ce qu’on fait, que le souci de ne pas polluer son environnement, de participer à l’amélioration des conditions de travail et des performances de la société, que le respect de l’ordre, des priorités et des deadlines, que tout cela participe à la réalisation de la qualité totale.
Sur le site, on nous apprend que «le contrôle de la qualité à la SNIM s'effectue sur toute la chaîne de production : Trous d’abattage, Stockage Usines à Zouerate, Trains minéraliers, Stocks usine à Nouadhibou, Chargement navires». On nous dit aussi que «les échantillons prélevés sont analysés au niveau du laboratoire central de Zouerate, doté de deux appareils modernes d’analyse par Fluorescence X». Et que «le laboratoire de Nouadhibou permet notamment de suivre en temps réel les teneurs des cargaisons en cours de chargement au niveau du port».

jeudi 31 janvier 2013

SNIM, de A à Z (8)


L comme Le’gaareb qui fait l’objet d’un accord entre la SNIM et MITTAL. Il fait partie des ensembles de guelbs situés au nord-ouest de Zouératt. On parle des «guelbs de l’est», de ceux de l’ouest, du nord et du sud. Guel El Gheyn qui est le leader d’un groupe déjà exploité. El Aouj qui forme un rassemblement de quelques pitons. Atoumaye, Kediet Leghnem, Guelb El ‘Abd, Aamkhawal, Tizirghane, Oum Aarwagen, Boudarga, Tentekraat… autant de noms que vous allez entendre et qu’on essayera de vous faire voir de là où vous êtes et où la promesse de trouver «quelque chose» est forte. Encore faut-il que la SNIM continue à mettre la main dessus…

M comme magnétite qui est à l’opposé de l’hématite, peu riche en fer (37%). Voici ce qu’en écrit le site de la SNIM : «Guel El Gheyn, le seul gisement de magnétite en exploitation à l’heure actuelle, renferme plusieurs centaines de millions de tonnes de réserves prouvées. La teneur moyenne en fer des magnétites SNIM est de l’ordre de 37%. Ils sont actuellement enrichis par séparation magnétique à sec pour donner un concentré tirant à 65% Fe. L’Usine des Guelbs où sont traités ces minerais dispose d’une capacité annuelle de 5 millions de tonnes (?). L’exploitation de tous les gisements de la SNIM se fait à ciel ouvert, avec des gradins de 12 m (Kédia et M’Hawdatt) et 15 m (El Gheyn). Toutes les opérations minières sont effectuées par la SNIM elle-même : recherche, optimisation des fosses, terrassement, chargement navire, roulage, foration, tir à l’explosif, transport ferroviaire, maintenance, etc

N comme nationalisation… Un tournant dans l’histoire récente du pays : le 28 novembre 1974, le Président Mokhtar Ould Daddah annonce la décision de nationaliser la société MIFERMA. La décision de confier la gestion à la SNIM suit immédiatement. Aujourd’hui, les officiels préfèrent parler du «rachat» de la part des actions de la MIFERMA par l’Etat mauritanien et du «transfert de ses actifs» au profit de la SNIM. A l’époque, c’était «la nationalisation de la MIFERMA» qui était destinée à compléter le mouvement d’émancipation de la Mauritanie vis-à-vis de la tutelle française.
Trois moments dans ce processus d’indépendance : la révision des Accords militaires avec la France en 1972 qui renforçait l’indépendance politique ; l’arabisation du système éducatif dont on voulait faire la base de l’indépendance culturelle ; la création de la monnaie nationale puis la nationalisation des richesses, de la MIFERMA notamment, qui devait servir à renforcer l’indépendance économique pour permettre au pays de soutenir ses efforts par lui-même.
C’est en 1935 que le gisement de la Kédia d’Ijill a été reconnu et seulement en 1963 que son exploitation a démarré. En 1978, le capital de la SNIM est ouvert aux capitaux étrangers et la société change de statut pour devenir une «Société d’économie mixte» (SEM) : 78,35% à l’Etat mauritanien, 7,17% reviennent à l’IBK, institution financière du Koweït, 5,66% à ARMICO, 4,59% à Irak Fund, 2,30% à ONYHM (Maroc), &,79% à la Banque Islamique de Développement, et 0,14% aux privés mauritaniens.
En 2008, le gouvernement de Sidi Ould Cheikh Abdallahi a failli procéder à la vente des actions de l’Etat mauritanien et c’est le géant de l’aciérie MITTAL qui se proposait de les acheter. Cela avait soulevé un tollé général car la relation avec la SNIM est autre que celle d’une simple entreprise «nationale»…