mardi 29 janvier 2013

SNIM, de A à Z (6)


H comme hôtellerie… C’est la SOMASERT qui s’occupe de ce secteur. Ses hôtels s’appellent Oasian. Un à Nouadhibou avec une capacité de 40 chambres dont 4 suites. Toujours à Nouadhibou, le projet en cours de réalisation d’un «célibatrium», complexe de 36 studios avec balcons, entièrement équipés pour permettre l’indépendance de leurs occupants. A Zouératt, l’hôtel dispose de 40 chambres et d’un complexe indépendant avec 12 suites et 4 bungalows. Depuis 2011, les capacités de l’hôtellerie de la SOMASERT tournent à 95%. Le service s’est qualitativement amélioré. La société est sollicitée pour les bases de vie des sociétés opérant dans la région de Zouératt et répond parfaitement aux attentes de sa clientèle.

I comme Imishikline, deux ensembles qui affleurent à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Zouératt : Imishikil Lakhdhar et Imishikil Labyadh, le premier pour la dominance de la pierre dans son relief, le second pour le sable blanc qui le recouvre. Les deux ensembles sont englobés dans un permis octroyé au géant XSTRATA qui a choisi de donner au projet d’exploitation le nom d’un troisième pic situé plus loin, cependant visible d’ici. Il s’agit d’Askaaf qui sonne plus simple pour les étrangers, plus poétique pour les nationaux.
Après avoir monté un projet commun avec la SNIM pour El Aouj, XSTRATA semble opter pour le démarrage de ce projet d’Askaaf où elle est seule. L’engouement de la multinationale est largement justifié par les soupçons d’existence d’importantes réserves de minerais riches. Elle entend donc dicter sa volonté aux autorités mauritaniennes. D’abord en les obligeant à l’autoriser à utiliser l’eau des nappes environnantes pour exploiter le minerai, ensuite à lancer le projet où elle est seul avant celui de la joint-venture avec la SNIM. La pression est énorme sur un petit pays comme la Mauritanie qui se voit menacé par le départ du géant si ses doléances ne sont pas satisfaites.

lundi 28 janvier 2013

SNIM, de A à Z (5)


G comme Guelbs… C’est d’un pluriel qu’il s’agit, même si le mot désigne, dans l’entendement local, Guelb El Gheyn où l’exploitation du minerai pauvre a été envisagée comme une solution de rechange pendant quelques temps. Elle est toujours d’actualité même si l’usine construite au milieu des années 80 n’a jamais tourné comme il faut. La SNIM, loin de se décourager, a lancé le grand Projet Guelb II. Son directeur n’est autre que Mohamed Ould Kreikid qui a dirigé le Guel I.
Le Guel II, nous explique son directeur, est une reprise du premier projet avec le souci de ne pas commettre les mêmes erreurs et de mettre toutes les chances de son côté pour arriver à une teneur de 66% au lieu des 37% naturels. Le procédé d’enrichissement utilise l’eau et donne un produit connu sous son label commercial de GMAB qui désigne le «concentré du Guelb». Comme pour le Guelb I, il s’agit de construire une usine pour l’enrichissement qui va produire 4 millions de tonnes supplémentaires et qui va donner sa première tonne en janvier 2014. Ce qui a demandé à la SNIM de mobiliser de nouveaux engins miniers (pelles, camions…), de procéder à l’extension du chemin de fer et de construire une nouvelle centrale électrique. Tout ce qui se rapporte aux matériels de l’usine est déjà sur place et doit être monté par une société espagnole qui fait travailler déjà environ 500 personnes sur le millier d’emplois prévus. Sur les travailleurs présents aujourd’hui, on compte 100 Espagnols environ et une cinquantaine de Marocains, tout le reste est mauritanien. Le projet Guelb II demande le recrutement de 700 personnes dont 500 sont soit effectivement engagés soit en formation. Et pour assurer la qualité des montages et des matériels, c’est un bureau international qui se charge de suivre le montage du projet. Parce que l’ancienne usine a souffert de la pollution de son environnement, la nouvelle va utiliser 62 dépoussiéreuses pour alléger les effets négatifs sur l’environnement et les hommes.

H comme hématite… C’est la matière – on va dire ça comme ça – la plus recherchée par les géologues de la SNIM. Sur le site de la société, voilà comment est présentée l’hématite : «Les gisements d’hématite sont localisés principalement au niveau de la Kédia d’Ijill et de M’Hawdatt. La Kédia d’Ijill est un massif montagneux s’étalant sur une trentaine de kilomètres dans les environs de Zouérate. Elle a été le centre de l’exploitation minière au début des années soixante. M’Hawdatt est un chaînon de 14 kilomètres situé à 60 kilomètres de Zouérate. Il a été découvert à la fin des années 80. Les principaux gisements d’hématite actuellement en exploitation sont le TO 14 (Kédia) et M’Hawdatt. Ils fournissent 60% de la production totale de la SNIM. D’autres petites mines satellites, le long de la Kédia, fournissent une production d’appointement en cas de besoin».
En termes profanes, nous dirons qu’il s’agit du minerai riche qui est exploité dans la Kédia depuis le début, puis à M’Hawdatt depuis quelques années. On espère en trouver encore dans le sous-sol des fosses de Tazdit (avec les Chinois de MINMETALS), au niveau de F’Dérick et un peu partout.

dimanche 27 janvier 2013

SNIM, de A à Z (4)


E comme EVB, «Entretien, Voirie, Bâtiment», la direction de la SNIM spécialisée dans la construction, la maintenance des bâtiments. Depuis quelques années, EVB travaille réellement pour améliorer le cadre de vie des travailleurs de la SNIM. A Zouératt cela s’est traduit par une belle organisation de l’espace, un effort considérable pour embellir les rues, les orner, les parer de panneaux de circulation, damer les trottoirs, éclairer les rues, assurer la propreté des quartiers, réhabiliter les espaces publics (parcs, maisons de spectacles…), retaper les bâtiments (habitations, bureaux…)… Ce qui donne une ville où il fait mieux de respirer. Exemple que l’on semble vouloir copier à Cansado à Nouadhibou.

F comme F’Dérick… qui se souvient encore que la ville de F’Dérick est la capitale de la région du Tiris Zemmour ? Pas même l’administration qui a fini par élire domicile à Zouératt (30 kilomètres). L’ancien Fort Gouraud n’est plus visible du bas de la Kédia qui s’étende d’ici sur plus de 50 km vers Zouératt et au-delà. Ne subsiste de la ville que des constructions en banco qui donnent l’impression de recevoir bon an mal an une pluviométrie importante. Alors que le délabrement n’est que l’expression des flétrissures du temps. Depuis la fin de l’exploitation de ce côté de la montagne (Kédia), F’Dérick a perdu sa superbe. Mais l’aura des saints qui y sont enterrés peut-elle lui rendre ceux qui l’ont désertée ? Peut-être…
Avec les espoirs nourris de trouver du minerai riche encore enfoui dans la pierre, on envisage désormais de rouvrir la mine fermée en 1982 pour des raisons de sécurité et d’économie : l’exploitation de la mine devenait dangereuse parce qu’elle demandait d’aller encore plus loin dans les parois tout en coûtant de plus en plus cher. Les essais lancés à partir de 2005 ont conclu à l’existence d’une réserve qui pourrait donner entre 20 et 30 millions de tonnes de minerais riches. Ce qui justifie la réhabilitation de l’ancienne manutention et le retour de l’activité sur ce côté de la Kédia.
Non loin de là, les guelbs où s’est engagée la multinationale XSTRATA, El Aouj. La perspective de cet engagement amène déjà la société à faire du social dans la ville non loin de laquelle elle envisage de construire une base de vie. En effet, XSTRATA y a construit un centre de santé dont l’équipement a été financé par la Fondation SNIM.

samedi 26 janvier 2013

SNIM, de A à Z (3)


D comme Développement. A la SNIM, ce mot désigne tout un programme qui a d’ailleurs porté le nom de «Programme de développement et de modernisation» (PDM) et qui consistait à moderniser les infrastructures pour les rendre plus efficientes. Son objectif était d’améliorer la production et de diminuer les coûts de production. Ce programme mis en œuvre à partir de 2006-7 a permis de lancer le projet Guelb II, de réhabiliter et d’agrandir le port minéralier, de moderniser la maintenance de la voie et du système de communication, de modifier la manutention du TO 14 pour permettre l’exportation directe de sa production (en cours de réalisation), d’améliorer les conditions de vie par la réhabilitation des cités et des hôtels et enfin de créer un nouveau centre de formation professionnelle à Zouératt.

E comme eau, la denrée qui manque le plus sur ces terres. De Yaghraf, sur la route Akjoujt-Atar, à Zouératt, c’est la désolation qui marque le visiteur. Les arbres déjà rabougris, sont de noir vêtus. Plus rien n’indique que les hautes pailles, sèches à présent, ont verdi un jour. De temps en temps quelques chèvres, quelques ânes, signes furtifs d’une présence de vie humaine. Puis deux parfois trois taudis (m’baar) d’où sortent des êtres faméliques qui ont quand même la force de faire un signe de main et de tenter de survivre dans des conditions chaque jour plus difficiles.
Dans «le couloir» qui relie Zouératt à Nouadhibou, c’est la SNIM qui supplée à l’absence d’une administration qui a ici démissionné. Pourtant, nous sommes dans une zone frontalière où la disponibilisation de l’eau est un élément essentiel de la sécurisation du territoire. Surtout que cette année, la partie nord du Tiris-Zemmour a été arrosée. D’où la ruée des cheptels alors que les points d’eau sont rares, presqu’inexistants.

vendredi 25 janvier 2013

SNIM, de A à Z (2)


B comme Ben Ameira qui est un bloc de pierre situé à mi-chemin entre Nouadhibou et Zouératt, à 393 km de la capitale économique qui se trouve à 650 km de la capitale minière. C’est un monolithe, troisième du genre dans le monde (Uluru et Mont Augustus en Australie), qui culmine à 550 mètres. Il serait, selon les scientifiques, un morceau de météorite tombé ici il y a des millions d’années. La nature de la roche diffère complètement de ce qui l’entoure. Non loin du pic, un autre de la même nature mais plus petit appelé «Aysha Edhkhira» (Aïcha la prestigieuse). On raconte dans la zone qu’une histoire d’amour aurait lié les deux pics «étrangers», mais que la jalousie avait poussé le mâle (Ben Ameira) à éloigner de lui celle qu’il aimait et à laquelle il tenait pourtant. Ce qui expliquerait la distance qui les sépare et leur positionnement actuel l’un par rapport à l’autre.
Après avoir été une grande attraction pour les touristes étrangers, surtout pour les artistes du monde entier qui ont marqué leurs passages de traces indélébiles gravées sur les parois du monolithe, Guelb Ben Ameira est aujourd’hui un témoin silencieux des vaines tentatives humaines de changer le cours des choses : ici le village qui a voulu être l’une des plus grosses agglomérations de la zone, là la ceinture verte qu’on avait voulu barrage aux vents et au désert… Ben Ameira n’est même pas une étape obligatoire même s’il reste un passage obligatoire pour les trafiquants qui prennent la voie tracée à travers le Tijirit et qui mène d’ici à la route Nouakchott-Nouadhibou, au niveau de là où les humanitaires espagnols avaient été kidnappés un certain 29 novembre 2009…


C comme Choum, sans doute la plus grosse agglomération dans «le couloir», mot qui désigne l’espace traversé par le chemin de fer reliant Zouératt à Nouadhibou. Un arrondissement de l’Adrar qui vit au rythme des passages du train. Il y a quelques années, Choum était un centre d’échanges où débarquaient la majeure partie des voitures volées en Europe et réexportées à travers marchés marocains vers la Mauritanie, le Mali et le Sénégal. De Nouadhibou, les voitures entrées frauduleusement sont embarquées à bord du train et descendent à Choum pour reprendre la route des marchés du sud par Atar et Akjoujt. La route Nouakchott-Nouadhibou a ouvert un axe plus rapide et moins coûteux pour les trafiquants. Les restaurateurs de Choum sont partis s’installer sur cette route. Les mécaniciens, les commerçants d’occasion, les crieurs… tous ont quitté le patelin qui est revenu à sa population d’origine faite de migrants et d’autochtones qui n’ont d’autre choix que celui de rester. La sécheresse des deux dernières années a lourdement affecté le cheptel. Des cas de malnutrition sont signalés ici et là. Les populations d’ici n’ont pas l’habitude de se plaindre, l’Histoire leur a appris à vivre du peu qu’elles ont.
La Fondation de la SNIM contribue considérablement à améliorer leurs conditions de vie. Un abattoir, une centrale, des médicaments, des fournitures scolaires et deux écoles… L’une de ces écoles a été construite dans l’oued de Choum, à quelques kilomètres du village. Là où l’on avait cru un jour pouvoir installer la nouvelle ville. Là où «meurt» a le plateau de l’Adrar pour laisser place à un champ de dunes qui prend possession de la vie, là était «l’oued de Choum», un projet resté à l’étape de projet. La Fondation, sur demande de l’administration et de la Mairie, a implanté une école de …six classes… pour seize élèves pour la plus optimiste des estimations.

jeudi 24 janvier 2013

SNIM, de A à Z

J'ai récemment fait un voyage dans le Nord du pays, un voyage qui m'a conduit de Zouératt à Nouadhibou par le fameux "couloir" que constitue la ligne du chemin de fer qui relier la capitale minière à son port d'exportation. J'en ai rapporté une sorte de reportage qui espère faire la lumière sur certaines activités de la Société nationale industrielle et minière (SNIM) dans le Nord.


A comme ATTM qui est l’une des filiales de la SNIM. C’est celle qui est dédiée aux travaux et génie civil d’où son nom : Assainissement, Travaux, Transport et Maintenance. Elle fait partie du «consortium» (même si ce n’est pas le nom retenu par la SNIM) qui comprend d’autres entités : la SAFA qui produit de l’acier, la COMECA qui s’occupe de la construction mécanique, la GMM qui traite le granite et le marbre, la SAMIA pour les industries métallurgiques et qui a fait du gypse, la SAMMA pour l’acconnage et la manutention, la GIP pour la gestion des installations pétrolières et qui tend à devenir un acteur dans la distribution des hydrocarbures, la DAMANE pour les assurances et la SOMASERT pour le tourisme.
La philosophie au début du lancement des filiales était double : créer des sociétés spécialisées dans des activités que la SNIM ne pouvait plus prendre en charge et pousser l’expertise privée nationale à améliorer ses prestations en lui imposant une concurrence. Mais cette concurrence est devenue à la longue déloyale. Une filiale comme l’ATTM a fini par avoir tous la majeure partie des marchés de construction des routes et des aéroports et ce au moment où elle connaissait une sérieuse baisse dans son régime de travail. Au lendemain de la nomination au poste de ministre de son ancien directeur, Yahya Ould Hademine, son remplaçant, Mohamed Ould Bilal avait cru bon de renouveler tout son personnel d’encadrement, mettant à la marge une grande expérience. Ce qui lui a fait prendre de grands retards sur les marchés qui lui ont été confiés. ATTM peine par exemple sur l’axe Kiffa-Tintane qui était parti pour un délai de deux ans et qui est bientôt à sa quatrième année. Elle a beau sous-traiter à des intervenants privés, ATTM est incapable de résorber ses retards.
Par contre la SOMASERT a connu un processus inverse. Si elle a connu un âge d’or qui a marqué les premières années de son démarrage avec son premier directeur Abderrahmane Ould Douwa, elle va entrer dans une profonde léthargie qui va compliquer sa mission qui est celle de booster l’industrie touristique au moment où la situation sécuritaire crée une véritable crise dans le secteur. Depuis un an et à la suite de la nomination d’un universitaire à sa tête, Dr Ahmed Ould Gawad, la SOMASERT reprend son rôle de leader et améliore sa position et sa situation (voir aussi H comme hôtellerie).

mercredi 23 janvier 2013

Le choix des mots


Ce matin, j’ai entendu le correspondant de France24 à Niono (Mali) dire une phrase comme «…les islamistes ont cherché à se cacher sous ces arbres, ce n’était pas assez pour éviter la puissance de nos forces aériennes…» Le mot «islamiste» revient souvent dans la bouche des reporters – pressés et/ou fatigués – quand ils parlent des groupes armés qui subissent les bombardements de l’Armée française.
Quand on dit «islamisme» cela renvoie désormais à l’activisme politique militant qui est, dans son acception officielle, loin de toute violence. Même si cela couvre plusieurs écoles, le mot désigne d’abord ceux qui ont choisi le terrain politique visible et concurrentiel pour exprimer leurs idées et leurs choix.
Même quand on parle de «Salafisme», on doit savoir qu’il s’agit d’une idéologie qui n’est pas nécessairement violente. Elle peut évoluer vers l’adoption d’une attitude violente qui considère que l’autre est sur la mauvaise voie et qu’il faut le remettre sur la bonne voie même par la force. De là à introduire l’exigence du «Jihad», il n’y a qu’un pas allègrement franchi par les «Salafistes jihadistes» dont se réclament tous ces mouvements qui opèrent au Nord du Mali, mais aussi un peu partout sur les théâtres brûlant de Syrie, de Libye, du Yémen…
En Mauritanie, la presse peut adopter, en tous temps et en toutes circonstances, les positions que lui dictent ses choix idéologiques et ses lignes éditoriales. Pendant que le pays menait la guerre aux bandes armées l’ayant attaqué dans ses frontières, des journaux et des sites ont défendu la cause de l’ennemi en dénonçant les agissements de l’Armée mauritanienne. Ce n’est qu’un exemple…
Ailleurs, la presse est tenue de s’aligner sur les «préférences de la Nation». L’intérêt national permet de limiter les libertés, de les conditionner et de diriger ainsi la presse. D’où le «nous» fréquemment utilisé par les journalistes quand ils parlent des forces de leurs pays. Consultez n’importe quel site mauritanien, il vous dira : «…l’Armée mauritanienne… le Président mauritanien… la Mauritanie…», vous laissant l’impression qu’on parle de la Papouasie-Nouvelle Guinée ou en tout cas d’un pays autre que celui qui est le nôtre…Pourquoi ? Parce que… c’est certainement la conscience que nous avons de nous-mêmes et du rapport que nous entretenons avec cette portion de la terre qui reste étrangère dans le subconscient de la plupart de nos élites… mais ça c’est une autre question.