vendredi 25 janvier 2013

SNIM, de A à Z (2)


B comme Ben Ameira qui est un bloc de pierre situé à mi-chemin entre Nouadhibou et Zouératt, à 393 km de la capitale économique qui se trouve à 650 km de la capitale minière. C’est un monolithe, troisième du genre dans le monde (Uluru et Mont Augustus en Australie), qui culmine à 550 mètres. Il serait, selon les scientifiques, un morceau de météorite tombé ici il y a des millions d’années. La nature de la roche diffère complètement de ce qui l’entoure. Non loin du pic, un autre de la même nature mais plus petit appelé «Aysha Edhkhira» (Aïcha la prestigieuse). On raconte dans la zone qu’une histoire d’amour aurait lié les deux pics «étrangers», mais que la jalousie avait poussé le mâle (Ben Ameira) à éloigner de lui celle qu’il aimait et à laquelle il tenait pourtant. Ce qui expliquerait la distance qui les sépare et leur positionnement actuel l’un par rapport à l’autre.
Après avoir été une grande attraction pour les touristes étrangers, surtout pour les artistes du monde entier qui ont marqué leurs passages de traces indélébiles gravées sur les parois du monolithe, Guelb Ben Ameira est aujourd’hui un témoin silencieux des vaines tentatives humaines de changer le cours des choses : ici le village qui a voulu être l’une des plus grosses agglomérations de la zone, là la ceinture verte qu’on avait voulu barrage aux vents et au désert… Ben Ameira n’est même pas une étape obligatoire même s’il reste un passage obligatoire pour les trafiquants qui prennent la voie tracée à travers le Tijirit et qui mène d’ici à la route Nouakchott-Nouadhibou, au niveau de là où les humanitaires espagnols avaient été kidnappés un certain 29 novembre 2009…


C comme Choum, sans doute la plus grosse agglomération dans «le couloir», mot qui désigne l’espace traversé par le chemin de fer reliant Zouératt à Nouadhibou. Un arrondissement de l’Adrar qui vit au rythme des passages du train. Il y a quelques années, Choum était un centre d’échanges où débarquaient la majeure partie des voitures volées en Europe et réexportées à travers marchés marocains vers la Mauritanie, le Mali et le Sénégal. De Nouadhibou, les voitures entrées frauduleusement sont embarquées à bord du train et descendent à Choum pour reprendre la route des marchés du sud par Atar et Akjoujt. La route Nouakchott-Nouadhibou a ouvert un axe plus rapide et moins coûteux pour les trafiquants. Les restaurateurs de Choum sont partis s’installer sur cette route. Les mécaniciens, les commerçants d’occasion, les crieurs… tous ont quitté le patelin qui est revenu à sa population d’origine faite de migrants et d’autochtones qui n’ont d’autre choix que celui de rester. La sécheresse des deux dernières années a lourdement affecté le cheptel. Des cas de malnutrition sont signalés ici et là. Les populations d’ici n’ont pas l’habitude de se plaindre, l’Histoire leur a appris à vivre du peu qu’elles ont.
La Fondation de la SNIM contribue considérablement à améliorer leurs conditions de vie. Un abattoir, une centrale, des médicaments, des fournitures scolaires et deux écoles… L’une de ces écoles a été construite dans l’oued de Choum, à quelques kilomètres du village. Là où l’on avait cru un jour pouvoir installer la nouvelle ville. Là où «meurt» a le plateau de l’Adrar pour laisser place à un champ de dunes qui prend possession de la vie, là était «l’oued de Choum», un projet resté à l’étape de projet. La Fondation, sur demande de l’administration et de la Mairie, a implanté une école de …six classes… pour seize élèves pour la plus optimiste des estimations.

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