samedi 1 février 2014

Délit de parenté

Les manifestants qui demandaient la tête de l’auteur des attaques contre le Prophète Mohammad (PSL), s’en prennent désormais à l’avocat Mohameden Ould Ichidou qui défend l’auteur en question. Comme si le droit à la défense et à un procès équitable n’était pas inscrit dans toutes les législations, y compris celle de notre sainte religion. La déraison ne s’est finalement pas arrêtée à l’attaque de la seule personne de l’avocat, ses fils aussi subissent l’ire de la foule qui veut bien donner l’impression qu’il s’agit là de mouvements spontanés. Sans convaincre.
Les appels au boycott de produits vendus par les fils Ichidou sont une dérive de plus qui doit trouver sa justification dans le background de l’avocat qui ne laisse pas indifférent.
Homme de gauche, Me Ichidou est un militant de première heure. D’abord farouche nationaliste, défenseur de toutes les causes arabes, il devient le chef de file de la mouvance du mouvement national qui donnera le MND et les Kadihines. Plusieurs fois prisonnier, il est aussi l’un des premiers militants des Droits humains, lui qui a inspiré, parfois dirigé des campagnes de libération d’esclaves dans les campements reculés, lui qui a animé les premiers journaux du pays. Avant de militer dans les partis d’opposition comme l’UFD.
C’est probablement ce passé de militant de gauche (marxisante) qui en fait une cible aujourd’hui dans l’affaire qui secoue l’opinion publique. En effet, l’auteur est lui-même fils d’un ancien cadre de cette mouvance. Le site accusé d’avoir été le premier à publier l’article est supposé (à tort ou à raison) être proche de la mouvance. C’est donc en partie une vieille querelle entre différentes mouvances politiques (nationalisme-islamisme-Kadihines…) qui revit à travers l’excitation du sentiment anti-Ichidou.
Il faut y ajouter les querelles professionnelles qui empêchent justement l’Ordre national des avocats de réagir aux attaques contre un avocat à qui est reproché le fait de vouloir défendre un accusé devant les tribunaux. D’autres avocats se sont constitués …partie civile. Du coup, renait le vieux contentieux du temps où le régime de Ould Taya tentait d’apprivoiser l’Ordre national des avocats. A ajouter à l’inspiration anti-Ichidou.
Il y a quelques semaines, un collectif d’Imams et d’érudits dénonçait la prise de parole de l’un des chefs de Tawaçoul qui a osé critiquer une certaine pratique du rôle du religieux. Mais au lieu de s’en prendre à l’auteur des propos, le collectif a demandé la fermeture de la chaine Sahel et exigé une limitation de la liberté d’expression. Aucun syndicat de la presse n’y avait vu une menace. Comme aujourd’hui, l’ONA ne semble pas voir dans les attaques contre Me Ichidou une menace pour l’exercice de la profession d’avocat. C’est dire que devant cette campagne dangereuse, les organisations de la société civile semblent baisser les bras. Et quand elles s’expriment comme l’ont fait les organisations l’autre jour, c’est pour interférer dans un débat politique qui n’est pas le nôtre. Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de s’en prendre avec violence à tel ou tel courant de pensée, mais d’exiger clairement un procès équitable pour tout accusé, d’exiger le respect du principe de la présomption d’innocence, de refuser la justice de la rue et l’instrumentalisation de questions sociétales qui méritent, il est vrai, réflexion, mais réflexion ouverte. Ce qu’on peut reprocher aux ONG, c’est de s’inscrire dans un registre politique partisan. Alors que nous avons besoin de nous en éloigner pour revendiquer la toute-puissance de la loi pour nous séparer en cas de conflit.

Il y a certes toutes les raisons d’être en colère, mais seule la loi a pouvoir de calmer cette colère et de juger entre nous. Nous ne pouvons et ne devons chercher à faire justice nous-mêmes, à décider par nous-mêmes.

vendredi 31 janvier 2014

Commentaire littéraire

C’est une lettre-commentaire que j’ai reçue de mon ami Colonel El Boukhary qui vient de découvrir le site de Aïchetou Mint Ahmedou. Il me demande de publier sa réaction sur mon blog. C’est fait.

«Lettre à Aichetou Ahmedou
Merci pour ce beau cadeau littéraire,
 J’ai visité le site; je m'y abonne désormais.
 J'y ai lu et apprécié beaucoup de tes écris... et de tes humeurs. (Excuse-moi le pléonasme: tous tes écrits sont des humeurs. En tout cas, moi, c'est comme ça que je les ai sentis).
 Comme toi, comme tout le monde, j'en ai beaucoup, moi aussi, les humeurs. Mais comment puis-je les exprimer? C'est toute la différence avec les talentueux de ton calibre. Pour toi et tes semblables, la question ne se pose pas: votre génie et vos aptitudes résident justement dans ce don naturel - mais perfectible- que vous avez développé avec succès, vous permettant de traduire l'humeur et la partager, sous une belle forme poétique. Ca fait de vous, non seulement des créateurs artistiques d’excellence, mais aussi des altruistes singuliers. Naturellement, parmi les plus en vue!
  Auparavant, j'avais écouté l’une de tes interviews,  et lu des commentaires de presse à ton sujet. Mais le tout me laissait sur ma faim.
Maintenant, je me suis fait une idée de ce que tu faits, de ce que tu es. Je te l'exprime le plus simplement possible, en un mot: bravo!
En fin, permets-moi cette intrusion ou maladresse de fan: Pourquoi tu te faits traduire par quelqu'un d'autre, même si l’on sait pertinemment que le denier mot te revient toujours? Tu es capable de faire beaucoup mieux que lui.
Ton œuvre de traductrice littéraire, qui est d’une très bonne facture, le montre aisément. Ne faits pas la modeste dans ce domaine, je t’en supplie. Car, en ce qui concerne le cas précis de la traduction de tes textes, j'estime que c’est une forme de reniement de soi … de renoncement, que nous, lecteurs, nous ne te pardonnerons pas.

.Avec beaucoup d'admiration :  El Boukhary»

jeudi 30 janvier 2014

Mauritanie, le retour

Quoi qu’en disent les détracteurs du Président Mohamed Ould Abdel Aziz, c’est là un grand moment pour la Mauritanie. La présidence de l’Union Africaine (UA) est un évènement à célébrer pour ce qu’il implique de tournants dans le processus de normalisation des relations de notre pays avec son environnement naturel, notamment l’Afrique.
Ils ont raison de ne pas être contents ceux qui ont inspiré, soutenu, justifié, appliqué et défendu la politique extérieure qui a mené à la sortie de la CEDEAO et à la reconnaissance d’Israël par la Mauritanie. Tout comme ceux qui ont poussé vers le conflit avec le Sénégal, puis avec le Mali, avec plus ou moins de réussite pour le premier. Comme ceux qui détestent Ould Abdel Aziz pour ce qu’il a provoqué le 3 août 2005, pour ce qu’il a fait le 6 août 2008 et qu’il a fini par battre régulièrement le 19 juillet 2009.
Tous ceux-là ont raison de minimiser le fait pour la Mauritanie de présider aux destinées de l’Union Africaine pour une année. Parce qu’ils savent que cela va nécessairement enraciner la Mauritanie dans son espace africain naturel. Parce que cela va lui permettre de restaurer ses vocations naturelles d’interface afro-arabe. Parce que cela peut mener à revenir au bercail de l’Afrique de l’Ouest par le retour au sein de la CEDEAO.
A la tête du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) en 2011, le Président Mohamed Ould Abdel Aziz avait dirigé deux panels de chefs d’Etats africains chargés de trouver des solutions à d’épineux problèmes en Libye et en Côte d’Ivoire. La Mauritanie avait à ce titre accueilli plusieurs sommets. Son Président ne s’est plus permis de rater une occasion de se rendre en Afrique Noire. Et même si l’agenda international l’avait emporté, on sait aujourd’hui que les propositions africaines auraient pu faire éviter de nombreux déboires et des bains de sang inutiles. En Libye, les propositions africaines auraient assuré une continuité de l’Etat et une transition douce et apaisée. Mais «la communauté internationale» (la France et l’OTAN) a préféré terminer ce conflit dans le sang et dans le désordre. La Libye ne s’en est pas encore relevée. On ne sait pas encore si la Côte d’Ivoire a réellement pansé ses plaies et soigné ses fractures.
Cette expérience à la tête du CPS va servir aujourd’hui pour traiter les conflits ethniques et religieux qui détruisent des pays et menacent des régions entières. La facilité pour le Mauritanien de jouer le médiateur, le facilitateur quand il le veut, va aussi être d’un grand apport.
Contrairement à ceux qui croient qu’il s’agit là d’un évènement mineur, il faut en faire un tournant. Dans l’ouverture du pays, dans la recherche du renforcement du front intérieur par l’implication de toutes les forces vives, dans la réhabilitation de l’image du pays et de son rayonnement dans le monde. Encore faut-il saisir le fait comme une opportunité à exploiter pour montrer le meilleur de nous-mêmes. 

mercredi 29 janvier 2014

«Moi, Birame Ould Dah Ould Abeid…»

L’affluence n’était certainement pas au rendez-vous, même s’il y avait assez de monde – surtout de jeunes. Ils étaient certes excités, ce qui donnait une ambiance particulièrement chaude. L’ambiance a été entretenue par un grand chanteur qui a repris quelques morceaux d’anthologie dans le répertoire dédié aux louanges du Prophète (PSL). Quelques moments de rêveries et de souvenirs faisant régner une atmosphère mélancolique qui nous rappelait que «la musique adoucit les mœurs». Place à l’évènement…
L’ambiance est surchauffée quand Birame Ould Abeid fait son entrée accompagnée de son épouse. Bien encadré par «ses» hommes, le couple s’installe sur le podium après avoir fait le tour des rangées des invités. On sacrifie à la tradition des Sourates lues par Imam naturellement haratine. Puis, moins «traditionnelle», la séance de l’hymne national. Brahim Ould Abeid qui fait le maître de cérémonie donne la parole immédiatement à Birame qui commence en Arabe avant de faire le discours en Français. «Il s’adresse à qui d’abord ?» se demande quelqu’un avec une pointe de malice. Puis, sans laisser place à une réponse, il ajoute : «C’est sans doute un discours destiné à la consommation extérieure». Pourquoi ? «En fait, explique un proche de Birame qui a tout entendu, Birame pense que s’il commence à discourir en Arabe, le public partira dès que la traduction est engagée, alors il retient la foule en majorité arabophone…»
Une longue introduction sur le parcours de Birame Ould Dah Ould Abeid, militant des Droits de l’Homme, objet de toutes les tracasseries de la part des autorités, consacré par le Prix 2013 des Droits de l’Homme des Nations-Unies, aujourd’hui candidat à la présidence de la République.
«Je vais à l’assaut du fauteuil présidentiel». Avant même que ne soient fixées les échéances, Birame Ould Dah est le premier à exprimer son désir d’y aller. Pour ce faire il tient à rassurer. Son projet vise à cultiver la solidarité entre les communautés mauritaniennes, pas à les mettre face à face. Il est «le Président des riches» parce qu’il souhaite voir tous les mauritaniens s’enrichir. Il n’est pas une menace pour les riches parce que son projet vise «à boucher les trous par lesquels la violence peut arriver. Par la juste redistribution des richesses, par l’instauration de l’Etat de droit, l’égalité des citoyens, la mise à mort du racisme…» et d’affirmer : «Les gens qui ont des biens peuvent dormir tranquille, aucune vague de violence ne va venir menacer leurs biens accumuler avec beaucoup d’endurance. Je voudrais rassurer aussi ce qui ont peur pour leurs enfants, des enfants qui ont étudié séparément, qui habitent dans des quartiers différents, je les rassure car au bout de mon engagement, il y a l’unité car je combats le spectre de la confrontation et de la violence».
La candidature est celle «de la rupture, du renouveau politique parce qu’elle propose des changements fondamentaux dans les propositions. Jusque-là, la classe politique traditionnelle a été incapable de faire autre chose que la duplication des programmes, d’où son échec. Il s’agit maintenant de rompre avec les vieux schémas».
Mais pour éviter toute équivoque, il a martelé : «Birame Ould Dah Ould Abeid restera Birame…» Comme pour dire que l’engagement politique en vue d’une élection ne changera rien à l’homme qu’il est jusqu’à présent. C’est ainsi que le combat pour les droits peut mener fatalement à la politique. Pour Birame, cela découle de soi.

Depuis son retour du siège des Nations-Unies où il a été distingué, Birame Ould Dah Ould Abeid n’a pas hésité une seconde à s’en prendre à la presse, aux leaders d’opinion, aux religieux, aux politiques, finalement à toute l’élite qu’il a qualifiée d’esclavagiste au service de l’obscurantisme. A-t-il changé d’appréciation vis-à-vis des journalistes qu’il a invités massivement ce jour-là ? ou est-ce une attitude campagne ?

mardi 28 janvier 2014

Où va Messaoud ?

La désignation de Mohamed Ould Boilil, ancien ministre de l’intérieur, à la tête de la nouvelle Assemblée nationale n’attend plus que la réunion de la session extraordinaire de mercredi. Cette nomination/élection est le fruit d’une longue gestation qui exprime elle-même le manque de consensus autour de la question qui a dû être tranchée par le Président de la République. Reste à savoir ce qu’on fera de l’allié de circonstance qu’a été le Président Messaoud Ould Boulkheir.
Malgré toutes les dénégations de ses concurrents et toutes les tentatives de le dépasser, Messaoud Ould Boulkheir a encore le charisme nécessaire à paraître comme le leader incontestable de la cause haratine anti-esclavagiste. Son parcours plaide en faveur de cet homme qui a joué un rôle fondamental dans le refus de laisser les situations déraper. A chaque summum de crise et de tension, Ould Boulkheir a été celui qui a refusé l’acte ultime de rupture violente. Nonobstant toutes les accusations dont il a été l’objet. Si l’on ajoute à cette image d’homme de consensus qu’il s’est voulu forger avec plus ou moins de réussite, son expérience de président de l’Assemblée, on peut dire que l’homme politique a joué et gagné sur bien des tableaux. Preuve son score à la dernière présidentielle d’où il est sorti bon deuxième avec près de 19% des suffrages. On dira toujours que le score est celui du candidat du FNDD (front pour la défense de la démocratie qui réunissait anciens PRDS, soutiens du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, nostalgiques de tous les régimes, ennemis de Ould Abdel Aziz…). Mais le tour de force de Ould Boulkheir aura été d’être le candidat de ceux qui l’ont diabolisé pendant longtemps, de l’élite arabe issue de l’Appareil du régime qu’il a le plus combattu, de quelques dignitaires (nouveaux et anciens)… Pour être bref, on consentira à Messaoud Ould Boulkheir le statut d’icône incontournable et inévitable malgré le dernier résultat de son parti aux élections législatives et municipales et malgré surtout la montée en puissance de jeunes leaders qui veulent plus ou moins ouvertement son éviction.
Le pouvoir actuel, tout comme la scène publique, a besoin de Ould Boulkheir pour «équilibrer», «temporiser», «faciliter» (c’est selon les interlocuteurs)… On dit qu’une grande Institution sera créée pour l’accueillir. Ceux qui le disent parlent d’un super ministère d’Etat qui prendrait les prérogatives et le rôle du Médiateur de la République, de celui du Commissaire aux Droits de l’Homme, de celui du président du Conseil économique et social, organe vers lequel seront transférées les agences de développement et d’insertion comme Tadamoune. Une sorte de mégastructure dont le rôle sera de capter toutes les problématiques des droits humains et de leur trouver solutions.
Si les tenants d’une telle thèse semblent sûrs de ce qu’ils disent, ils évitent de répondre à la question de savoir si oui ou non Messaoud fera alors partie de l’Exécutif. Auquel cas son parti APP ne rejoindra pas l’Institution de l’Opposition Démocratique. On ne répond pas non plus à la question de savoir comment faire avec la présidentielle dont l’échéance est toute proche. Est-ce que Ould Boulkheir va se présenter ? Si oui, comment éviter d’être comptable de ce que le pouvoir en place fait du moment que lui-même dirige une Institution de l’Exécutif ?

Quoi qu’il en soit, l’énigme autour de ce que sera Messaoud Ould Boulkheir dans les jours qui viennent, cette énigme cristallise de nombreuses interrogations.

lundi 27 janvier 2014

Gestation pénible

C’est le 24 janvier que nous apprenons la convocation du Parlement pour la journée du lundi 27 janvier 2014. La nouvelle était d’autant plus importante qu’elle annonçait la première réunion de la nouvelle Assemblée nationale. On estimait aussi qu’avec la mise en place du nouveau bureau, on pouvait attendre le gouvernement pour les heures qui suivaient.
Le décret précisait qu’outre l'élection des nouveaux organes de l'Assemblée nationale, l'examen ou la poursuite de l'examen de certains projets de lois dont le Projet de loi des Finances rectificative pour l'année 2013 et celui de la loi des Finances initiale pour l'année 2014.
La publication de ce décret avait suscité des réactions de la part de juristes qui ont jugé illégal le refus du gouvernement d’exposer la loi de finances 2014 au cours de la session normale ouverte en novembre dernier. C’est une première en termes d’anomalies, selon ces juristes. Autre grief, celui du moment choisi pour diffuser le communiqué : un peu avant minuit le 24 janvier.
Retour au même procédé, c’est tard dans la nuit du 26 au 27 janvier qu’un nouveau décret est publié. Il nous apprend que «la session du parlement qui était prévue le lundi 27 janvier 2014 a été reportée à une date qui sera fixée ultérieurement». Sans commentaire de plus. Chacun y va de sa petite explication pour faire comprendre les tenants et aboutissants d’une telle décision.
Voyons voir le circuit d’un décret. Quand le Président de la République décide, il en fait part à son Directeur de Cabinet qui rédige le décret. Le projet est ensuite envoyé à la Direction de la Législation pour être «contrôlé», signé et enregistré avant de revenir à la Présidence pour être publié.
Pour le décret en question, celui du report sine die, il annule une décision prise alors que les délais légaux de recours couraient toujours pour les opérations électorales à Atar et Chinguitty. Si l’on considère que les résultats de ces circonscriptions ont été rendus publics le 19 janvier, on a huit jours pour faire recours, soit jusqu’au 27, le jour de la convocation de la nouvelle Assemblée. Mais l’anomalie juridique ne serait pas la seule explication, il y a aussi une explication politique.
Au cours d’une discussion avec un député UPR, j’ai appris que le désaccord est profond au sein de la Majorité quant au choix du futur président de l’Assemblée nationale. Trois grandes options s’affrontent.
La première est celle qui pousse vers un accord avec le Président Messaoud Ould Boulkheir pour l’amener à reprendre son poste. Elle argue les possibilités d’alliance au niveau de la CUN et même un renoncement à la candidature à la future présidentielle. Joue pour Ould Boulkheir, selon cette option, son actif à la présidence de l’Assemblée où il n’a jamais constitué un élément de blocage. Contre lui, son indépendance et le fait de ne pas avoir assez de députés pour faire un groupe parlementaire.
La deuxième option est celle qui veut que ce soit le président de l’UPR, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine qui soit à la tête de l’Assemblée. Tout concourt pour ce faire «sauf l’appréciation controversée que nous avons des élections». Pour le député, «le grand succès de Tawaçoul qui a pu faire sauter certains verrous dans la Mauritanie profonde, d’où le grand risque que nous courrons prochainement». Il est, selon le député, candidat «de l’entourage du Président qui a été convaincu un moment, heureusement d’ailleurs…»
…Qu’il y a eu cette troisième proposition qui l’emporte finalement, toujours selon le député. C’est celle de désigner Mohamed Ould Boilil, l’ancien ministre de l’intérieur comme candidat à la présidence de la nouvelle Assemblée. C’est lui-même qui va quand même énumérer les faiblesses du candidat qu’il dit soutenir : «C’est vrai que Ould Boilil ne parle pas Arabe (sic). C’est vrai que ce n’est pas Messaoud en terme de représentativité de la communauté dont il est issu. C’est vrai que ses postes, surtout le dernier, ne lui ont pas permis d’asseoir une base populaire et d’être une icône sur l’échiquier politique national… Mais c’est lui que nous, UPR, avons décidé de présenter à la présidence de l’Assemblée…»
Un consensus par défaut. Reste à savoir dans quelle mesure la discipline l’emportera devant cette candidature qui est loin de faire l’unanimité même si notre député nous apprend que «c’est le choix du Président».

Quoi qu’il en soit, il faudra d’abord convoquer la nouvelle Assemblée, choisir ses nouvelles instances et dessiner la nouvelle Majorité. En attendant que cela arrive, il faut bien se résoudre à nous expliquer ces décisions de convocation et de report pour ne pas ajouter à la confusion générale et prêter le flanc à toutes les accusations dont le pouvoir fait l’objet.

dimanche 26 janvier 2014

Hollande, infidèle

«Je fais savoir que j’ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler». C’est par cette formule laconique que le Président français François Hollande a fait savoir au public la tournure que prenait cette affaire qui avait débuté par la révélation d’une relation avec l’actrice Julie Gayet, révélation faite par Closer il y a quelques jours.
Vu d’ici, cette affaire a commencé quand un Président français est entré à l’Elysée avec «une compagne» et non «une épouse». Les paramètres en la question étant ce qu’ils sont, on considère ici que cela fait partie des «manifestations de la mécréance». C’est sans doute pourquoi, la «nouvelle affaire Hollande» n’est pas discutée ou commentée ici. C’est quand même l’occasion de revoir un peu la question des comportements conjugaux de nos politiques et de voir s’il s’agit là de vie privée qui ne doit pas faire l’objet d’un étalage public.

On lit souvent – de plus en plus souvent – des relations faites par tel ou tel site sur les aventures amoureuses de tel ou tel responsable. On prend la précaution souvent de ne pas citer de nom, mais de décrire et de situer avec plus ou moins de précision la personne. Toujours ridicule la manière choisie pour faire étalage des commérages. N’empêche qu’en souvenir d’un ami qui a quitté ce monde et je reprends ce qu’il disait, parlant des ministres de l’époque : «On ne peut pas attendre la loyauté et la fidélité de quelqu’un qui n’a pas été capable d’en faire preuve vis-à-vis de son conjoint». Et se tournant vers le Président : «Monsieur le Président, ces gens seront les premiers à vous lâcher. Ils sont incapables d’être fidèles et correctes dans leurs foyers…» Cela faisait rire certains, grincer d’autres, mais personne ne remettait en cause les folles sagesses de mon ami.