samedi 7 juin 2014

Carnets de campagne (2)

Le candidat Mohamed Ould Abdel Aziz est à attendu à Aleg. La capitale du Brakna est en ébullition. Les axes routiers, désormais goudronnés, connaissent une intense activité : entre marcheurs et motorisés, la circulation est dense malgré la chaleur qui devient plus forte en cette fin de journée. Tout le monde converge vers le stade de la ville. «C’est notre Stade des Princes», ironise un cadre que je retrouve sur les lieux. En fait, il s’agit d’une grande clôture avec une tribune couverte recevant à peine deux cents personnes.
Les premiers venus ont pris place dans la tribune, laissant une tribune montée au Président-candidat et aux officiels qui ne tarderont pas à venir. Exceptionnellement, il avait fait sa prière du vendredi dans la capitale du Gorgol d’où il avait lancé sa campagne la veille. Ici il avait cherché à parler devant une foule représentative de ce qu’est la population mauritanienne. Toute la population avait fait le déplacement, ce qui donnait effectivement l’impression d’une retrouvaille mauritanienne avec ses Arabes et ses négro-africains dans toutes leurs composantes.
L’introduction de la coordinatrice régionale de campagne n’est pas longue, juste assez pour introduire le principal orateur qui est le candidat. Il prend la parole et fait un bilan de son mandat. Il se permet de temps en temps de lancer des attaques directes, parfois indirectes, à son opposition.
Sans trop insister sur la situation d’avant et sur l’héritage qu’il a eu en arrivant au pouvoir, le candidat, il a parlé des réalisations dans le domaine de la sécurité. «Personne n’a oublié la peur que faisaient régner les groupes de terroristes et de trafiquants sur le pays, les attaques dont une a été perpétrée non loin d’ici, les morts mauritaniens et étrangers, victimes de cette activité criminelle…» Le pays peut aujourd’hui s’occuper de son développement en toute quiétude car la sécurité est effective. «Grâce aux efforts entrepris, nous avons désormais une armée qui remplit pleinement son rôle et qui est sollicitée par la communauté internationale pour participer à des opérations de maintien de paix dans les zones de tension. Nous venons d’envoyer un groupe en Côte d’Ivoire et sommes approchés pour en envoyer d’autres ailleurs. C’est qu’on nous reconnait l’efficacité de nos troupes…»
La première partie du discours a été ensuite réservée aux acquis en matière religieuse, la tendance étant celle-là. L’impression du Saint Coran, la création d’une station spéciale en études coraniques, puis d’une chaine de télévision pour la Mahadra, cette université qui servait à disséminer un enseignement religieux authentique et modéré…
L’état civil modernisé permet désormais de mieux définir les politiques, de mieux connaitre les populations et donc de mieux les servir. C’est dans ce sens que de grande réformes ont été engagées pour améliorer les prestations de la justice, de l’administration qui vit pleinement l’ère de la décentralisation.
Les chiffres de la croissance démontrent que le pays est en plein chantier : 7,7% pour 2013, l’un des plus forts taux de la région. «L’inflation maitrisée, nous avons enregistré un excédent budgétaire sans précédent», ce qui revient d’abord à la diminution du train de vie de l’Etat signe d’une bonne gouvernance effective. Les réserves en devises atteignent plus d’un milliard de dollars pour la première fois. L’Etat n’a plus besoin de s’endetter auprès des particuliers comme c’était le cas. Grâce d’ailleurs à la création de la Caisse de dépôts et de développement (CDD), l’argent devient moins cher, ce qui le rend accessible aux faibles entrepreneurs. «Contre les voix qui sèment le doute, il y a les témoignages des institutions financières internationales qui attestent de la bonne tenue de notre économie…»
Quatre hôpitaux spécialisés ont été construits, 70 centres de santé de différents types en plus «de l’élaboration d’un plan national de développement du secteur de la santé, à l’élargissement de la sécurité sociale grâce à l’intervention de la CNAM, à la création de l’agence nationale Tadamoune, à la baisse du chômage qui est passée de 31% à 10% selon le BIT…»
Le projet d’approvisionnement en eau de la ville de Magta Lahjar est un exemple de ce qui a fait dans le domaine de l’eau. Près de huit cents kilomètres de conduites d’eau pour l’Aftout Chergui, le projet du D’har,le projet d’approvisionnement des régions du Nord, celui de Sélibabi, de Kiffa, de Guérou… partout la maitrise de l’eau et la disponibilisation de l’énergie ont été une préoccupation première.
97 partis dont seulement une quinzaine déclarent refuser de participer aux élections sont aujourd’hui actifs dans le pays. «Les libertés d’expression et de presse ont été renforcées dans un climat de sécurité et de stabilité parfait». C’est pourquoi «la révolution des vieillards a échoué à freiner la marche du pays».
1884 kilomètres de routes, en plus des aéroports et de nouveaux ports pour équiper le pays en infrastructures de base. L’assainissement bénéficie d’une grande attention. Tout comme l’agriculture qui profite largement aux populations du Brakna.

A la fin de son discours, le candidat a rappelé que le vrai enjeu c’est le taux de participation avant d’appeler ses soutiens à venir massivement voter le 21 juin prochain.

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