vendredi 26 octobre 2012

Jour de fête


Nous sommes jour de fête d’Al ad’ha. Je remarque qu’on ne dit plus en France «Tabaski» ou «Aïd el kebir» mais «al ad’ha» qu’on prononce plus ou moins correctement. Ce doit être lié à l’actualité en Syrie où une trêve a été décrétée sur demande de l’envoyé spécial des Nations Unies. On a donc repris l’appellation arabe et essayé de restituer la prononciation originelle.
Ici la fête se fête… surtout dans le quartier où je suis. Partout des groupes qui vont dans des lieux de prières, souvent des mosquées reconnues comme celle où nous allons prier «El fat’h», non loin de la Goutte d’or à Barbès.
Un «cousin» nous explique que nous avons à «remercier Allah de nous avoir permis cette prière. Il y a quarante ans, mon père se battait ici pour avoir le droit de prier avec ses coreligionnaires. Il a fini par être soutenu seulement par trente personnes qui tenaient à avoir un lieu où pratiquer leur culte. Pendant très longtemps cela n’a pas été notre préoccupation… Aujourd’hui regardez ! ce n’est pas la seule mosquée du coin, il y en a d’autres, aussi pleines, aussi vivantes…»
C’est ce qui dérange une partie de l’intelligentsia «de souche» qui y voit la continuation de la conquête musulmane qui, dit-on, s’est arrêtée à Poitiers en 832. Justement, c’est à Poitiers que le dernier incident d’occupation d’une mosquée a eu lieu. C’est là que les «Gaulois» ont senti le ciel leu tomber sur la tête en voyant «les hordes de barbares Sarrazins ou Maures déferler dans leurs rues…». Seulement aujourd’hui, les Musulmans ne sont plus les Maures ou les Sarrazins d’antan. Ils viennent de toutes les origines, de toutes les couleurs, de tous les milieux… On sent, même si on n’est que de passage, le dynamisme de l’Islam de France.
Malgré tout ce qu’on entend de loin, on ne sent pas une suspicion particulière. Au contraire, à Paris en tout cas, ce sont Africains et Arabes qui dominent. Dans les rues où ils sont les plus visibles. Dans les trains où ils sont les plus bruyants. Dans les restaurants, les hôtels, au pied des immeubles… partout, partout. Et sur les «Blancs» qu’on voit, il suffit de prêter les oreilles pour savoir que la plupart viennent d’ailleurs (européens). En fait on peut rester à circuler à Paris sans entendre parler Français que de temps en temps. C’est un aspect de la marche du Monde où les frontières disparaissent. Un aspect de ce que les sceptiques appellent «la mondialisation» et qui n’est peut-être qu’une formule non aboutie de l’universalité. En attendant, cela a donné Obama aux Etats Unis, Sarkozy en France… Imaginons le cheminement qui a été celui des deux hommes. De quels parents sont-ils nés ? où ont-ils grandis ? comment sont-ils parvenus là où ils ont fini par parvenir ? Après on relativisera toutes ces questions liées au mouvement naturel des hommes…

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