vendredi 11 novembre 2011

Toute vérité est bonne à dire


On connait la maxime qui dit le contraire : toute vérité n’est pas bonne à dire. Ce que nous exprimons de façon moins prosaïque en disant que «mentir est proscrit, dire la vérité n’est pas à faire».
De l’une ou l’autre des maximes nous vient notre propension à ne pas dire exactement la vérité, à passer à côté à force de vouloir l’envelopper pour la rendre plus acceptable, plus… vraie pour tous. C’était quand nos valeurs et nos repères nous conditionnaient. Aujourd’hui qu’on s’est libéré de ce joug, l’évolution a été autrement plus hostile pour la réhabilitation de l’autorité et de la légitimité de la vérité.
Essayez sur vous, sur votre entourage la diffusion de deux informations, l’une que vous avez vous-mêmes fabriquée, l’autre qui se rapporte à un fait avéré. Attendez une ou deux heures et essayez d’avoir le retour – le feedback diront les plus branchés. Les intellectuels vous rappelleront que «la mauvaise monnaie chasse la bonne». Ils tenteront de vous prouver que la tendance chez l’homme est celle-là. Ce à quoi j’opposerai que le phénomène est encore plus flagrant, plus vulgaire chez nous.
Vous avez tous en tête l’affaire DSK et ce qu’elle a produit de polémiques et contre-polémiques. Vous n’avez pas oublié que la victime de la suite new yorkaise avait été discréditée parce qu’elle a menti au moins une fois en cherchant à avoir son permis de s’installer aux Etats-Unis. Parce que la vérité est ici le principe sacré. La société s’est approprié cette valeur et l’a imposée. Quand on peut mentir sur un fait, c’est qu’on peut le faire toute la vie. On est donc décrédibilisé.
Qu’en est-il chez nous ? … répondez vous-mêmes.
Je passe à une autre sagesse puisée dans le patrimoine de l’Iguidi : «Il ne faut pas dire tout ce qu’on a sur le cœur, parce que quand on aura tout dit, il ne nous restera plus rien à dire». CQFD.

jeudi 10 novembre 2011

L’urgence d’un plan


On rechigne à parler de «plan d’urgence», cela renvoie à une période et surtout à des pratiques données. On se souvient encore comment le Gouvernement de Sidi Ould Cheikh Abdallahi avait troqué l’appellation contre un banal «Programme spécial d’intervention» (PSI) en 2008. Un PSI dont les comptes n’ont jamais été soldés. Tout comme d’ailleurs le Plan d’urgence de 2003. On ne solde pas les comptes dans notre pays.
A la sortie de la réunion hebdomadaire du gouvernement, le Premier ministre a tenu un point de presse pour expliquer les dispositions prises par son gouvernement en vue de juguler les effets néfastes du déficit pluviométrique de cette année. Il ne s’agit pas d’un programme d’urgence ni d’un PSI, deux expériences dont on ne veut pas faire mention.
Deux axes d’action : la sécurité alimentaire des populations et la disponibilisation d’aliments de bétail en quantité suffisante et à des prix abordables pour les populations.
"Nous avons mis en place un programme pour faire face aux effets de ce phénomène sur les plans de la sécurité alimentaire des populations et de la protection du cheptel qui représente la colonne vertébrale de notre sécurité alimentaire et de notre économie nationale", a précisé le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Le plan ainsi détaillé est le fruit de deux mois de réflexion d’un comité interministériel qui a défini les mécanismes appropriés.
Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a précisé que le programme a choisi de proroger et d’étendre l'opération "Solidarité 2011" dont la pertinence et l'efficacité sont unanimement reconnues sur toute l'étendue du territoire national. Ainsi, le nombre de boutiques passera de 700, ouvertes actuellement, à 2387 qui bénéficieront quotidiennement à 800.000 citoyens parmi les plus vulnérables, en plus d'opérations de distribution gratuites, chaque fois que cela est nécessaire, aux populations les plus pauvres.
Protéger ensuite le cheptel qui contribue, à hauteur de 13%, au Produit intérieur brut à travers la mise à dispositions de l'aliment de bétail, à des prix réduits, sur l'ensemble du territoire national, surtout dans les zones rurales. Cette composante comporte également le forage de puits dans des zones contenant des pâturages et manquant d'eau et de vastes campagnes de vaccination du cheptel.
Le premier ministre a indiqué que ce programme sera "mis en œuvre le plus tôt possible, avec tout le sérieux et toute la transparence" et que son coût est estimé à 45 milliards d'ouguiya, soit 157 millions de dollars américains.
Il a, pour l’occasion, lancé un appel à "nos frères et nos partenaires au développement pour aider au financement de ce programme pour lequel l'Etat a mobilisé tous ses moyens".

mercredi 9 novembre 2011

D’accord avec Taya


Je me souviens que dans une interview accordé à son ami François Soudan de Jeune Afrique – du temps où les poissons parlaient encore -, le Président Ould Taya avait dit que ce qui l’énervait le plus chez ses compatriotes, c’était leur refus d’accorder la priorité à ceux qui y ont droit dans la circulation et de vouloir toujours doubler même en commettant pour cela des infractions.
A l’époque, nous nous gaussions de ces considérations qui ne concernaient que les quelques prédateurs et/ou privilégiés d’un régime. Au milieu des années 80, les problèmes du pays n’étaient pas ceux-là. Avec le temps…
En l’absence de statistiques officielles, nous allons dire qu’il circule en Mauritanie plus de véhicules que de personnes. Surtout à Nouakchott. Que la circulation routière cause plus de dégâts – humains et matériels – que les inondations saisonnières, que les épidémies (connues jusque-là), que toutes les catastrophes que le pays a subies. Une hécatombe pour les hommes et pour les biens.
Depuis un peu plus d’un an, les autorités ont lancé une campagne. Elles ont même créé un corps dédié à la circulation routière et à sa sécurisation (au sens large). Ce corps est en train de prendre la relève de la police, au moins à Nouakchott. «Kelle jdiid lu benna», à chaque nouvelle chose, on accorde une période de grâce. Mais il est incontestable cependant que les jeunes, qui sont dans une phase d’acclimatation sur le terrain, ont réussi à réguler la circulation. Mais quoi qu’ils fassent, il leur restera quelque chose qui demande d’autres actions : la mentalité des usagers chaque jour plus nombreux, chaque jour moins respectueux des règlements. Et c’est là – là seulement – où je trouve que Taya avait raison d’insister là-dessus.
Que signifie s’arrêter à un feu rouge ? C’est accorder un temps (25-30 secondes) à l’autre usager pour qu’il passe. C’est attendre votre tour parce qu’il n’y a pas que vous sur les routes et dans la vie en général. C’est introduire un ordre impersonnel qui vaut pour tous.
Tout commence par là : accepter de partager cet espace avec d’autres que vous suivant des règles préétablies et acceptées par tous. La Modernité, la démocratie, la liberté, le développement, l’accomplissement de soi, le projet de société, l’Etat de droit… tout, absolument tout, commence par ce comportement qui semble anodin.
Comment construire un édifice ensemble, comment vivre ensemble, comment prétendre à une quelconque ambition si vous n’êtes pas capables d’attendre 30 secondes, le temps de laisser un autre usager passer sa route ?
Je propose que TVM plante une caméra à l’un des feux – choisir chaque jour l’un des feux – et qu’elle «flashe» toute infraction. Les Mauritaniens ont horreur de laisser transparaître cette malhonnêteté qui est devenue, depuis quelques décennies, une seconde nature chez eux. Rien de plus dissuasif.

mardi 8 novembre 2011

Le Nouakchott inquiétant


Je suis de Nouakchott. Je connais cette ville qui avait été édifiée avec l’indépendance du pays et qui a finalement fini par être… le pays.
Tout s’y passe, ou presque. En tout cas tout s’y décide. La politique, l’économie, la culture… tout est concentré ici. Et pour conclure, les partis politiques – et les activistes de l’ombre – sont venus s’établir ici. Aux côtés des centres de décision.
La première décennie de l’indépendance a été l’occasion pour les autorités de l’époque de dépenser une énergie énorme pour convaincre la population – pour l’essentiel nomade – à croire en l’avenir de la capitale et donc du pays. Ce ne fut pas facile. D’où l’importance de cet anodin appel : «huna Nwakchoot, idha’atu il joumhouriya il islaamiya el muritaniya» (ici Nouakchott, Radio de la République Islamique de Mauritanie). Quand on écoute les enregistrements de l’époque on se rend facilement compte de la bataille menée pour légitimer cette ville et la faire accepter. La nature fera le reste.
La décennie de la sécheresse – fin des années 60, début des 70 – oblige le pays à inverser les proportions : de 67% de la population nomade, nous passons petit à petit à près de 80% de sédentaires. Nouakchott en reçoit le tiers et même plus. Les premières projections prévoyaient de dépasser le cap des 100.000 habitants dans les années 80, on en était à 300.000 à la fin de ces années-là. On est officiellement à plus de huit cents mille aujourd’hui. Avec les lotissements des quartiers périphériques en cours, il faut s’attendre à un doublement dans les mois à venir. Surtout qu’une nouvelle sécheresse menace le monde rural. On peut toujours espérer que la saison politique prochaine va servir à faire revivre l’intérieur, tout en craignant que ce ne soit qu’un phénomène saisonnier.
Le Nouakchott d’aujourd’hui est inquiétant pour mille raisons. Le nombre de ses habitants et le manque cruel d’infrastructures. Le fait de crouler sous les immondices (une vieille «habitude» avec laquelle la ville semble renouer ces jours-ci). L’agressivité de ses habitants prêts à en découdre pour n’importe quelle raison. L’indescriptible chao que le manque de respect des règles urbaines installe : le refus de respecter les feux, les normes de sécurité, de construction, de respecter l’espace public, de respecter l’autre, l’absence de mentalité de quartier. Le développement de la criminalité. Le chômage. La concentration de toutes les activités du pays dans un espace de plus en plus exigu.
«Les hommes, c’est comme les pommes : ils pourrissent quand on les entasse». Si ce n’est pas un nomade qui a dit ça, ce devrait être quelqu’un qui les connait. Qui les connait très bien, tellement c’est vrai pour eux.
Le Nouakchott d’aujourd’hui n’arrive pas à être une ville parce que la ruralité a rattrapé ses habitants. Ce n’est pas non plus une campagne parce qu’il n’en a pas la tranquillité et la pureté. Pour le Nouakchottois que je suis, cette ville sombre lentement sous le poids de la pression démographique et du manque de vision – pour elle - chez les différentes autorités. Finalement, il est clair que Nouakchott n’appartient à personne parce qu’elle appartient à la Mauritanie, parce qu’elle est la Mauritanie… personne ne s’émeut pour son devenir. Et si quelques objections sont émises de temps en temps, aucune action ne semble venir.

lundi 7 novembre 2011

Lettre à ma sœur


Ceci est un message d’un ami, d’un frère à une amie, à une sœur…
La mort pour nous est une fatalité que nous vivons comme s’il s’agissait d’une nécessité de …la vie. Nous l’accueillons avec philosophie et résignation. Mais une résignation qui a son côté noble et non défaitiste. Comme s’il s’agissait d’un choix que nous assumons, que nous avons toujours assumé, que nous continuons d’assumer.
Chacun de nous voudrait mourir d’une manière donnée, à un moment donné, en un lieu donné. Cette espérance, nous la partageons tous : de mourir à un moment donné, en un lieu donné.
Tous, nous espérons une mort qui soit la conclusion d’une vie pieuse. C’est pourquoi, le meilleur moment pour nous, est celui où nous venons d’accomplir – où nous sommes en train d’accomplir – un acte de dévotion : une des cinq prières quotidiennes, un jeûne de Ramadan, sur la route d’un pèlerinage –à l’aller ou au retour…
Tous, nous espérons répondre à l’appel final en un lieu que nous estimons tous sacré : en terre non souillée, les Lieux-Saints de l’Islam.
Seyid a été rappelé aux côtés du Miséricordieux au moment de finir l’acte de dévotion de choix : tawaf el ivadha qui signe la conclusion d’un Haj, non loin de la Kaaba, Lieu Saint par excellence. Et, en prime, accompagnant sa mère pour lui faire accomplir gestes et mouvements rituels. Pour l’aider à accomplir un devoir religieux qui est absolution. Qui est renaissance. Qui est accomplissement sans être conclusion pour ce qu’il ouvre de perspectives nouvelles à l’être élu…
La conception que nous avons de ce moment est celle qui fait que le pèlerin ressemble à un enfant qui vient de naître. Ni péché, ni antécédents, ni passif… blanc … immaculé…
Jemila,
Tu as toutes les raisons d’endurer, de supporter, d’accepter. N’est-ce pas le comble de la réalisation : avoir à subir la Justice Immanente sans avoir à répondre des faiblesses d’ici-bas.
Tu as toutes les raisons d’être fière de Seyid que tu as su encadrer et éduquer, Seyid qui a su se forger et devenir un Homme.  Seyid qui a eu la plus belle des morts que peut espérer un musulman.
Tu as toutes les raisons de garder cette dignité, cette humilité, cet optimisme qui fait que les malheurs de la vie sont des épreuves qu’on doit savoir passer. Dignité, humilité… des valeurs que tu as toujours incarnées…
Les autres peuvent pleurer, peuvent faiblir. Toi pas.
Au père de Seyid, à toutes les familles, à Maman Khadaja, ce monument de chez nous, à tous ses amis, ses collègues de l’Air, à tous je présente ici mes condoléances les plus attristées.

dimanche 6 novembre 2011

B-HL dans ses œuvres


«La guerre sans l’aimer» est le dernier livre écrit par Bernard-Henri Lévy, le philosophe français, le plus sioniste des sionistes, le plus islamophobe de tous les islamophobes, l’idéologue et défenseur des politiques d’extermination menées en territoires arabes… Celui-là même qui sera le parrain de la rébellion libyenne, adoubant ses dirigeants, les encadrant et les menant au bout du nez.
La guerre en Libye n’est pas finie. Le peuple libyen se débat encore dans le sang et sous les décombres. Personne n’a encore «digéré» la fin réservée à Kadhafi torturé, violé avant d’être exécuté froidement par les rebelles, et dont le corps fut exposé quelques jours pendant lesquels il avait subi des mutilations.   
Sans attendre l’apaisement final, B-HL est au-devant de la scène pour présenter son nouveau livre qui retrace son histoire avec la rébellion libyenne. Voilà ce qu’en dit une dépêche de l’AFP :
«La France a fourni de très importantes quantités d'armes aux rebelles libyens... . La France a fourni directement ou indirectement de très importantes quantités d'armes aux rebelles libyens qui combattaient pour renverser Mouammar Kadhafi, des livraisons décidées lors de réunions pour certaines secrètes, relate l'écrivain Bernard-Henri Lévy dans un livre. 
Dans «La guerre sans l'aimer» (éditionsGrasset, à partir de mercredi), l'intellectuel raconte comment il a convaincu Nicolas Sarkozy de s'engager, diplomatiquement puis militairement, dans le conflit libyen.
Le Conseil national de transition (CNT) libyen est formé depuis quelques heures lorsqu'il rencontre, le 5 mars à Benghazi (Est libyen), Moustapha Abdeljalil, qui va en prendre la direction. Un «inconnu», reconnaît-il, à qui il propose tout de même de transmettre des messages à Nicolas Sarkozy et d'emmener une délégation des rebelles à Paris. 
Puis quelques instants plus tard, un coup de téléphone au président français. «Mon idée est de ramener à Paris une délégation de ce conseil qui vient de se former (...). Accepterais-tu de recevoir, personnellement, cette délégation ?», dit-il au chef de l'Etat. «Bien sûr», répond Nicolas Sarkozy.
 «J'ai beau ne pas croire aux miracles, le fait est qu'il se produit à cet instant une sorte de miracle», commente dans son livre BHL. La délégation sera reçue le 10 mars à l'Elysée. La France reconnaîtra alors la première le CNT. Il y aura ensuite les tractations à l'ONU, puis le 19 mars le déclenchement de l'opération militaire aérienne en Libye.
Selon le récit de Bernard-Henri Lévy, la France accorde aussi une aide militaire importante sur le terrain aux forces du CNT.
Dès le 29 mars, BHL rapporte à Nicolas Sarkozy une discussion qu'il a eue avec le Premier ministre du CNT, Mahmoud Jibril: «Les armes françaises arrivent, les instructeurs aussi. J'ai l'impression que les choses avancent». Réponse du président: «C'est vrai (...). On n'était pas sûrs qu'ils avaient les moyens de leur fougue et on a donc dû les stopper. Pas assez d'armes, mais pas assez de formation non plus».
Cette aide militaire prendra un nouveau tournant avec une visite à Paris le 13 avril d'Abdel Fatah Younès, le chef militaire des rebelles et ancien ministre de l'Intérieur de Kadhafi. Il sera assassiné le 28 juillet à Benghazi, dans des circonstances troubles.
Ce 13 avril à minuit, dans un palais de l'Elysée déserté, BHL amène discrètement à Nicolas Sarkozy Abdel Fatah Younès et d'autres chefs militaires rebelles. Le président rappelle l'aide militaire déjà fournie par ou via le Qatar, et les instructeurs français déjà sur le terrain. Puis il dit: «Vous avez besoin de quoi au juste ?»
Un participant lui tend une liste: «Cent 4X4 blindés... du 12,5 et du 14,5... du matériel de transmission... deux cents talkies-walkies plus deux bases et, si possible trois... un minimum de cent pick-up, de sept à huit cents RPG7... mille kalachnikovs... quatre et si l'on peut, cinq Milan lance-missile...»
Younès insiste sur la nécessité d'équiper les rebelles du Djebel Nefousa, au sud-ouest deTripoli. Le lendemain, dans un grand hôtel parisien, il recevra la visite du responsable de la société française Panhard, spécialisée dans les blindés, muni de son catalogue et de bons de commande.
«Le matériel est sur zone, en fait. C'est du très beau matériel. Et comme l'acheteur -- vous voyez qui je veux dire -- ne l'a jamais payé, nous pouvons livrer très vite». Les combattants du Djebel Nefousa recevront 40 tonnes de matériel, via les pays arabes amis, dit BHL dans son livre, en citant Nicolas Sarkozy. Puis, quelques semaines plus tard, ce sont les chefs militaires de Misrata que l'écrivain amènera à l'Elysée. Mêmes demandes et mêmes promesses. (AFP)
La dépêche ne dit pas si B-HL mentionne le parachutage des armes sur les régions montagneuses de Libye ou s’il parle des appréhensions qan au rôle des salafistes jihadistes et au profit que des organisations terroristes auraient tiré de la situation de chao créée en Libye. Ce livre que je ne lirai pas ne dira rien les véritables desseins de l’OTAN et qui n’émettra aucun regard critique sur une intervention qui n’a pas fini de plonger la région dans une instabilité qui risque de se prolonger.

samedi 5 novembre 2011

La vérité de Bilal


Bilal Ibn Rabah est l’un des compagnons du Prophète Mohammad (PSL). Vénéré au même titre que les autres, il est souvent cité comme l’incarnation d’un Islam fondement d’une société nouvelle, une société où la préséance n’est point liée à l’origine mais à la piété et au dévouement à la loi divine.
Premier noir à épouser le Message, Bilal a eu l’honneur d’être celui qui a lancé le premier appel à la prière du haut de la Kaaba. Les Quraysh qui tournaient en rond autour du monument où jusque-là se pratiquait l’idolâtrie, exprimaient, chacun à sa manière, leur surprise, parfois leur désapprobation.
L’un d’eux s’adresse à Bilal à sa descente en lui disant : «tu es le fils de qui, toi là ?» Le dédain, le mépris… parce que l’appel lancé par Bilal n’était pas une provocation mais l’annonce d’un monde nouveau, d’un ordre nouveau…
«Je suis le fils de celui devant lequel Allah le Tout-Puissant a fait prosterner  les Anges». Qui dit mieux ? L’égalité entre les hommes a commencé ici, au moins pour nous autres musulmans.
Depuis cet instant, il ne devait plus y avoir de discrimination en terre d’Islam. Entre musulmans. La société inégalitaire que les dérives allaient produire sont une hérésie par rapport à cette vérité fondamentale énoncée par Bilal. Elle sera, à un moment donné, explicité par le Khalife Omar Ibn el Khattab quand, dans un moment de colère, il a dit : «Depuis quand vous réduisez en esclavage les hommes alors qu’ils sont nés libres !»
Il est utile de rappeler tout cela en ces moments de quête d’une société plus équilibrée, plus juste, plus égalitaire et plus authentique.