dimanche 3 janvier 2016

Pourquoi en vouloir à Ould Bouhoubeyni ?

Au lendemain du malheureux accident survenu dans les environs de Tintane, le président du Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU) a écrit un article dans lequel il a appelé à saisir cette occasion douloureuse pour en faire une opportunité de convergence.
Aux uns et aux autres, il a demandé de faire un minimum de concessions pour donner corps à cette union sacrée provoquée par la disparition douloureuse de l’humaniste que fut Ahmedou Ould Abdel Aziz, pour que l’idéal qui l’a animé éclaire tout le monde.
Pour Me Ould Bouhoubeyni, il s’agit, pour chacun des protagonistes, de mettre de côté son amour-propre et d’accepter de faire les concessions nécessaires à apaiser et à normaliser les relations. C’est,dit-il, la première attitude consensuelle de toutes les parties, un consensus qui doit être exploité.
Ces paroles heureuses du président du FNDU ont vite attiré l’ire des radicaux dans les deux camps. De la part des compagnons politiques, mais aussi et surtout de la part de snipers bien installés derrière leurs claviers et arrosant la toile d’insultes et de paroles toxiques, le plus souvent sous le saut de l’anonymat.
Il existe en fait des réseaux dédiés à l’exercice d’un terrorisme intellectuel à l’encontre de tous ceux qui peuvent (ou croient pouvoir) servir le rapprochement entre les différents segments de la société. Tout ce qui peut permettre la normalisation et la pacification des rapports entre les acteurs (sociaux et politiques) est l’objet de violentes attaques et ses auteurs sont la cible d’un lynchage public.
Tout ce qui est positif dans ce pays est la cible préférée de quelques individus, repus et cachés derrière les pseudonymes les plus improbables. Ils vilipendent, agressent et sèment le chaos pour entretenir l’atmosphère délétère qui prévaut entre les acteurs politiques et sociaux institutionnels. Une manière de se trouver une place sur l’échiquier, de se frayer un chemin à même de mener à une notoriété qui ne demande aucune prédisposition, aucune compétence, aucun sacrifice. Se classer à moindre prix sur un échiquier déjà trop encombré.
Qu’on le veuille ou non, la scène politique a besoin d’être apaisée. Nous sommes tous fatigués d’entendre ressassés les mêmes prétextes, les mêmes paroles, de voir s’accomplir les mêmes circonvolutions.
Alors, un moment de douleur peut bien constituer une opportunité pour tous, pour se remettre en cause, pour relativiser les positionnements, pour améliorer les prestations, pour avoir plus d’humilité dans le comportement, plus de sens du sacrifice dans l’engagement…

Si j’ai bien compris ce que voulait dire Me Ould Bouhoubeyni, c’est bien cela. Il n’y avait aucun mal à le dire et, dans le contexte mauritanien, il fallait beaucoup de courage pour le dire.

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