samedi 14 mars 2015

Un livre sur Al Qaeda

«Al Qaeda et ses alliés dans l’Azawad/Naissance et raisons du développement», c’est le titre choisi par notre confrère Mohamed Mahmoud Ould Eboulmaaly pour son livre qu’il consacre à Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) et son activité dans le Nord du Mali.
Edité par le centre des études d’Al Jazeera, le livre est une sorte de document qui éclaire sur ce qui s’est passé dans cette partie du Sahel. En moins de 200 pages, ce grand spécialiste de la question des mouvements jihadistes dans le Sahel, nous offre une série de fresques dont chacune nous édifie sur un aspect de la question.
Cela commence par une introduction qui explique la démarche. La première partie est consacrée à une monographie de l’Azawad, cette région malienne berceau de toutes les rébellions, haut-lieu de sédition, devenue pour un moment un sanctuaire jihadiste et une terre de refuge pour les trafiquants de toutes sortes.
Géographie, histoire, sociétés… qu’est-ce qui prédispose cette région à devenir une source d’instabilité ?
La deuxième partie du livre est consacrée à AQMI. Genèse de son installation dans la zone, avec notamment l’arrive du Group salfiste de prédication et de combat (GSPC) après sa fuite de l’Algérie. Premières tentatives d’installation, non sans heurts avec les pays voisins, notamment la Mauritanie, l’Algérie et le Niger. Le gouvernement malien fermait les yeux, s’il ne se rendait pas complice des activités criminelles des bandes installées sur son territoire.
De «la conquête du Sahara»  par le GSPC à sa transformation en AQMI, les combattants auront pu s’installer et se fondre dans le tissu social en apportant ce que l’Etat a été incapable d’assurer : la sécurité, l’assistance et le partage. Comment se faisait l’allégeance et quels sont les mouvements affiliés à celui de Belawar alias Mokhtar Belmokhtar.
Un éclairage spécial sur «Ançar Allah al Mourabitoune vi bilad Chinguitt», la version mauritanienne de AQMI, puis sur la relation avec Boko Haram et enfin sur l’intermède de la destitution de Belmokhtar.
La troisième partie est consacrée aux structures de l’Emirat du Sahara avec ses différents démembrements, ses katiba, ses saraya, ses leaders… Eclairage sur les affrontements avec l’Armée mauritanienne et sur la prise d’otages.
La quatrième partie est consacrée aux alliés de AQMI dans le Nord du Mali. Cela commence évidemment par Ançar Eddine, l’organisation dirigée par le chef Ifoghas Iyad Ag Ghali. Eclairages sur les relations entre ces mouvements et le courant nationaliste de l’Azawad, sur aussi le Mouvement de l’unicité et du Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), sur celui des fils du Sahara pour la justice islamique (présents sur Aïn Amenas en Algérie), sur Ançar Echari’a et sur leurs relations avec Belmokhtar.
La cinquième partie est consacrée aux mouvements nationalistes de l’Azawad : du Mouvement national pour la librétaion de l’Azwad (MNLA) au Gandakoï, en passant par tous les mouvements qui se revendiquent une spécificité ethnique.
Le livre est conclu par deux interviews exclusives accordées à l’auteur par deux figures de AQMI : Mokhtar Belmokhtar alias Berlawar et Yahya  Abul Hammam qui l’a remplacé à la tête de l’Emirat du Sahara et qui a cherché à établir son autorité sur le territoire mauritanien.
Le style journalistique de l’auteur permet au lecteur de prendre plaisir à lire ce document qui n’est pas seulement un livre à parcourir, mais un outil à conserver tout près de soi. Au cas où le besoin d’en savoir plus sur l’une ou l’autre des organisations se fait sentir.   

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