dimanche 9 février 2014

Le «Je et Tu»

C’est en écoutant RFI ce matin que j’ai découvert le «Je et Tu», l’œuvre du philosophe Martin Buber publié en 1923, alors que l’auteur militait dans le mouvement sioniste. C’est pourtant cet ouvrage qui inspirera plus tard tous les mouvements israéliens cherchant à faire la paix avec les Palestiniens en leur reconnaissant leurs droits et en partageant le pouvoir avec eux. C’est que cette philosophie pose le principe de «l’homo dialogus» comme une nécessité historique pour l’Homme.
Pour Martin Buber, «l’homme devient Je au contact du Tu». Il va plus loin en disant : «Je m’accomplis au contact du Tu, je deviens Je en disant Tu. Toute vie réelle est une rencontre».
En lisant quelques passages de cet ouvrage, je me suis rappelé la défaillance de notre système éducatif en matière d’enseignement de la philosophie. Ce dont nous souffrons aujourd’hui, notamment le manque de dialogue entre les acteurs sociaux et politiques, vient essentiellement du déficit du sens critique et de réflexion.
Notre société voit se développer en son sein l’expression d’un extrémisme dangereux, tentative désespérée de déstabiliser le régime quitte à défaire les relations sociales millénaires. Celles qui imposaient un minimum de solidarité sociale. Comme si l’objectif était de déstructurer afin de provoquer un chao.
«Le dialogue parait en lui-même constituer une renonciation à l’agressivité» (Jacques Lacan) C’est ce que les Mauritaniens doivent comprendre pour abandonner ces approches qui se fondent sur le rejet de l’Autre et sur le refus d’accepter d’échanger avec lui, de faire avec lui (et non sans lui).
En Mauritanie, il est regrettable de constater qu’en fait de dialogues, nous avons des monologues parallèles. Ceux qui prennent la parole ne s’écoutent souvent pas. Ils sortent de leurs prestations en s’abstenant de faire le pas vers l’Autre pour le comprendre. On continue à s’ignorer et à ignorer les problématiques posées aux uns et aux autres.

Comment communiquer entre nous ? comment échanger ? Quand on saura, on posera alors la question de savoir dans quelle langue va-t-on le faire.

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