lundi 23 juillet 2012

Toujours «d’en-haut»


J’ai lu ce matin une dépêche qui disait que l’arrestation d’un syndicaliste à Akjoujt a fait suite à une «directive venue de très haut». Ce seraient les propos tenus par une autorité locale pour expliquer la procédure. Et de poursuivre que le syndicaliste en question avait tenu des propos acerbes devant le ministre de l’intérieur lors de sa visite qui a fait suite au décès de l’un des manifestants de la mine de cuivre.
Ce qui importe ici n’est pas de savoir d’où est venu l’ordre d’arrêter le syndicaliste, parce que l’arrestation elle-même est un acte qui ne peut être justifié que par la loi. Mais cette explication de l’autorité locale qui préfère parler de «directive venue de très haut» plutôt que d’assumer. C’est une réplique que vous entendrez dans la bouche d’un préfet, d’un Wali, d’un commandant de sous-groupement, mais aussi dans celle d’un ministre, d’un secrétaire général, d’un chef de service, d’un directeur… de tout agent de l’Etat, de tout responsable qui aura failli.
«Directive venue de très haut». Imparable. Cette attitude est dangereuse dans la mesure où elle dédouane ceux qui sont sensés servir les usagers et exécuter les programmes. Elle est dangereuse aussi parce qu’elle appartient à une ère que nous espérions révolue. C’est quand le responsable administratif et/ou politique n’a aucune justification à donner, qu’il décide de tout mettre sur le dos de «là-haut». Une sorte d’exutoire qui n’affranchit pas cependant.
On voit que le responsable en question n’attend aucun ordre pour donner un marché à un ami ou à un parent, ni pour nommer un proche ou le promouvoir… On le voit à l’œuvre quand il veut en profiter, il n’est pas question d’attendre «là-haut»…
C’est vrai qu’avant on disait simplement «là-haut» et que maintenant on dit visiblement : «directive venue de très haut». C’est pour bien spécifier que c’est un ordre de la Présidence ? Est-ce que le conseiller en communication ne pourrait pas user d’un droit de réponse pour dire ce qu’il en est ?

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