mardi 13 décembre 2011

Diplomatie du retour


C’est une discussion avec d’éminentes personnalités ayant joué un rôle par le passé (dans la diplomatie), c’est cette discussion qui m’amène à parler de ce (long) voyage du Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz.
L’étape de Darussalam où le Président a assisté à la célébration du cinquantenaire de l’indépendance, confirme le souci qu’il affiche de ne perdre aucune occasion qui peut l’amener à se retrouver dans l’espace africain du sud Sahara. Et ce n’est pas une mauvaise chose, au contraire. Après l’isolement consécutif à la désertion de la scène africaine, la Mauritanie devait obligatoirement renouer avec son versant africain pour retrouver l’équilibre qu’elle a perdu dans les années 80 et qui a fini par se concrétiser au moment de sa sortie de la CEDEAO (99).
Depuis deux ans, le Président Ould Abdel Aziz a investi un temps et une énergie en vue du retour de la Mauritanie dans le giron africain. Il a eu la chance de diriger deux panels africains ayant en charge de régler deux grandes crises, celle de la Côte d’Ivoire et celle de la Libye. La Mauritanie a pour cela organisé – et très bien organisé – au moins quatre sommets à Nouakchott.
L’étape du Qatar s’explique par le rôle joué par ce «petit» Etat du Golf qui est aujourd’hui la conscience du monde Arabe et (même) Musulman. Bien utilisées, ses immenses ressources ont permis au Qatar de rayonner et de construire une nouvelle «Raison arabe». Que serait le «printemps arabe» sans Al Jazeera et sans la diplomatie du Qatar ?
L’organisation des jeux panarabes à Doha, n’est pas fortuite en ces moments où tout vient de là-bas. L’ouverture que le Qatar semble entamer vers l’Afrique, passe nécessairement par Nouakchott. Depuis la fin de Kadhafi et la partition du Soudan, l’interface entre les mondes Arabe et Africain, c’est redevenu la Mauritanie.
L’Algérie… On nous dit qu’une relation saine avec l’Algérie ne peut que brouiller celles d’avec le Maroc. Ce n’est pas vrai. La souveraineté des Etats est respectée, assumée par chacun d’eux. Ce qui importe ici, c’est que les relations avec l’un et l’autre des deux pays du voisinage, ne soit jamais au détriment de l’un ou de l’autre. Que la relation avec l’Algérie ou celle avec le Maroc, et, au sud, que la relation avec le Sénégal ou celle avec le Mali, ne soit pas au détriment de l’un ou de l’autre.
C’est la peur de «heurter» les sensibilités qui a fait perdre à la Mauritanie énormément d’opportunités de raffermissement des relations avec son voisinage immédiat. Alors qu’il s’agit de trouver un point d’équilibre où l’exigence du respect s’exprime clairement ou celle des intérêts prime.
A chaque étape donc sa logique qui apporte un plus pour la Mauritanie, qui la replace dans son environnement «normal» - et même «naturel» - et qui lui fait recouvrir cette vocation initiale de terre de convergence. C’est tant mieux.

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