mercredi 8 mai 2013

Zayed, le journalisme nouveau est arrivé

Son vrai nom est Mohamed Mahmoud Ould Mohamed el Baqer. Il est né au milieu des années 70 au moment de la visite de l’Emir Zayed des Emirats, celui avec lequel les Mauritaniens entretenaient des relations particulières. Ses parents lui donnèrent un second nom : Zayed. Comme tout Mauritanien qui se respecte, il a donc deux prénoms, l’un, très connu, est celui qu’il utilise dans la profession qu’il exerce.
Certains le connaissaient depuis qu’il était policier aux Emirats où, pendant des années il a animé un salon virtuel qu’il appelait «Pall-talk» et où il recevait poètes, érudits et politiques de culture hassanophone. Il les mettait en face de «son» public, animant ainsi des discussions passionnées qu’il modérait sous le pseudo de «Shartaat» (l’hyène). Ce pseudo qui renvoie à un animal décrit par la culture populaire comme le plus lâche, le plus grossier, le plus brutal, le moins outillé «intellectuellement» pour éviter les ruses et les coups fourrés que racontent les histoires qui ont peuplé notre enfance.
Avec ce pseudo, Zayed donnait le la d’une option qui privilégie la libre expression dans les rapports des uns aux autres et la dérision comme mode de dénonciation. C’est ce concept qu’il veut traduire dans une émission de radio qu’il anime depuis quelques mois sur «Saharamédia FM». Une émission qui s’appelle «sahara-talk».
Il a commencé avec une heure de libre antenne, puis deux heures, chaque soir de 22 heures à minuit sur 92.8 FM. Le sujet est choisi à l’avance et communiqué par internet (facebook…). Le soir, les lignes téléphoniques sont ouvertes. Elles sont prises d’assaut par les intervenants. Toutes les opinions sont entendues. Toutes les questions, les plus idiotes et les plus pertinentes, sont posées. Toutes les voix sont entendues.
Parfois, Zayed invite un responsable (ou une personnalité concernée par le sujet) pour la laisser en face du public. Ce fut le cas de plusieurs responsables comme ceux de la sécurité routière (groupement général de sécurité routière, GGSR) ou de la protection civile. Mémorable moment où le responsable de la protection civile affirme que ses services mettent une série de numéros de téléphones à la disposition du public partout en Mauritanie, et que Zayed demande au technicien de radio d’essayer les numéros donnés. Aucun ne répondait. Puis Zayed demande au responsable d’essayer lui-même les numéros. Aucune réponse. On peut imaginer la perturbation du responsable…
«’alooh enta», «ehel tarhiil vareq krédihum elleyla», «aha ! premièle maa yinsma»… quand on l’entend pour la première fois, on ne peut s’empêcher de marquer un moment de gêne. Cette exagération dans les accents, cette familiarité avec les auditeurs, le ton très populaire… sont faits pour gêner l’élite qui a toujours imaginé que le droit à l’expression est un privilège qui lui revient de droit, que les outils de cette expression (radio, télévision) sont sa propriété. C’est bien parce que l’émission rend la parole au citoyen lambda, au vrai peuple qu’elle dérange et qu’elle est l’objet de nombreuses critiques de la part des «bienpensants» de notre société.
En plus, Zayed ne manque pas de donner les preuves de sa grande culture : il entrecoupe les interventions de belles lectures poétiques et ne se défile pas quand il s’agit de remettre à leur place moralistes et autres prétendants à la dictature de la pensée, à coup de versets coraniques et de Hadith. S’il le faut avec un argumentaire tiré de la culture universelle de la tolérance. Une chose qui excède visiblement Zayed : le sectarisme qui mène fatalement à l’obscurantisme et à la dictature de la pensée.
L’émission marque à mon avis une sorte de projet éditorial original qui est directement à l’écoute de la masse, qui lui parle son langage, qui parle de ses réelles préoccupations et qui met à sa disposition quelques compétences pour comprendre.
Zayed doit tout à sa spontanéité qui demande une forte dose de sincérité. Il donne ainsi confiance à ses auditeurs. Le reste vient tout seul.

mardi 7 mai 2013

La fête de l’Europe


L’une des manifestations commémorant la fête de l’Europe (9 mai prochain), est l’organisation d’une conférence dans l’enceinte de la Faculté des sciences juridiques et économiques de l’Université de Nouakchott ce mardi. L’occasion pour la représentation de l’UE et pour le ministère des affaires économiques et du développement de présenter ses différentes actions en Mauritanie. Plusieurs brillantes interventions dont celle du coordinateur des projets financés par l’UE en Mauritanie et de responsables à la représentation.
Le mot d’ouverture revenait à l’Ambassadeur Chef de Délégation, Hans-Georg Gerstenlauer. Dans son allocution, il a insisté "sur la diversité de notre coopération - qui prend plusieurs formes et qui touche des domaines variés et complémentaires de la société mauritanienne.
Nous nous sommes engagés à accompagner de manière durable les réformes de l'État, tout en soutenant les initiatives de la société civile." Ajoutant que "notre objectif est de lutter contre la pauvreté et d'améliorer ainsi les conditions de vie des citoyens mauritaniens tout en respectant les principes des droits de l'Homme, la démocratie et l'Etat de droit".
Etudiants, professeurs et membres de la société civile ont ensuite pu assister à des présentations détaillant les divers aspects de la coopération entre l'UE et la Mauritanie, qu'il s'agisse de l'aide au développement (dans les domaines des transports, de l'accès à l'eau et à l'énergie ou encore l'appui à la décentralisation), les accords commerciaux ou encore les relations politiques et l'appui à la société civile.
Ainsi pour l'année 2012, dans le cadre de l'aide au développement, l'Union européenne a signé avec les autorités mauritaniennes l'équivalent de 15,2 milliards d'UM de dons (soit 38,1 millions d'€) afin de permettre la réalisation de projets d'accès dans différents domaines d'accès à l'eau potable, d'appui de la société civile, d'appui à la crise alimentaire ou encore à la gestion de la migration.
Après ces présentations, la séance questions/réponses a été ouverte. On en retiendra le niveau très, très, très bas des intervenants qui parlaient en général (très) mal français et percevaient tout aussi mal les problématiques posées par la coopération. De quoi inquiéter pour l’avenir du pays. Lequel avenir sera celui qu’en feront ces jeunes mal formés et mal dans leurs peaux… Dommage.

lundi 6 mai 2013

A qui profite le crime ?


Les 3 et 5 mai, deux attaques israéliennes contre des positions militaires syriennes. Ce n’est pas la première fois qu’Israël lance une attaque contre des positions militaires de l’Armée syrienne régulière. Ce ne sera certainement pas la dernière.
En fait, on est d’accord sur un fait : Israël profite du chao syrien pour détruire les éventuels menaces qui pourraient peser sur le rapport de force qui lui profite largement aujourd’hui. Le jeu occidental en Syrie consiste à laisser se vider toutes les énergies du pays dans une guerre civile qui est engagée pour durer. De manière à ce que le seul pays arabe qui tenait encore devant l’hégémonie de l’impérialisme américain, s’écroule sans que cela coûte aux Etats-Unis et à leurs alliés. D’autres vont faire le travail à leur place.
D’abord les «révolutionnaires», Jihadistes affluant de toutes parts, combattant ce qu’ils considèrent être «l’ennemi historique» de «la révolution islamique» (toutes tendances confondues). Le parti Baath qui a tenu la Syrie de main de fer prône un projet de société moderniste, plutôt socialiste totalitaire. Il a toujours considéré que le référentiel religieux est son pire ennemi. A côté, en Irak, la même idéologie avait donné Saddam Hussein et produit la résistance contre la révolution islamique de Khomeiny.  
Derrière les Jihadistes, se trouvent les capitaux qataris, saoudiens, koweitiens… les pétrodollars arabes qui financent à coup de milliards l’entreprise de destruction de la Syrie.
Il y a donc là une alliance objective entre Israël, les groupes rebelles qui mènent la guerre sur le terrain et les pays qui financent cette guerre. Cette alliance objective se traduit par des entreprises militaires concertées où chacune des parties apporte ce qu’elle peut de soutien.
Aux combattants de donner les indications précises sur les emplacements des unités les plus résistantes, aux Israéliens d’envoyer leurs avions bombarder ces postes et aux Etats arabes qui soutiennent d’empêcher une levée de boucliers dans le Monde Arabe. Et comme la rue arabe ne répond plus – du moins présentement – qu’aux injonctions dictées à travers Al Jazeera et Al Arabiya, «on» évite laborieusement de la chauffer en atténuant la gravité des attaques israéliennes. Jusqu’à quand cela va-t-il durer ? Le temps d’un (faux) printemps…
Parmi les choses que j’ai lues sur cette attaque, cette déclaration d’un habitant de Damas cité par le quotidien israélien Maariv et qui dit : «On ne peut pas dire que nous soyons heureux de cette explosion. Mais nous sommes en fait heureux que les missiles et les armes sophistiquées du régime ne tombent pas entre les mains du Hezbollah qui combat contre nous». Un habitant de Damas ou d’une colonie du Nord d’Israël ?
Parmi les grands commentateurs des évènements, l’ancien Ambassadeur d’Israël en Mauritanie, Boaz Bismuth, l’ami de nombre de dignitaires politiques mauritaniens, qui dit dans les colonnes de Maariv : «Israël n’a pas le même luxe qu’Obama. Il ne peut laisser des missiles de longue portée tomber dans les mains du Hezbollah. Israël ne peut pas non plus laisser des armes chimiques tomber dans des mains irresponsables»
Dans tout ce qu’on entend de justificatifs pour Israël, il n’est question que du Hezbollah. Parce que le problème pour Israël, est bien celui-là. Et c’est bien à Israël que profite le fameux «chao constructif» qui a finalement «remué» le Monde Arabe.

dimanche 5 mai 2013

Une histoire bien de chez moi


Dans les années 80, le Wali du Trarza était un homme du Nord qui se déplaçait sous tous les prétextes pour aller à Mederdra dont on soupçonnait les habitants d’être sympathisants du 16 mars 1981. Une fois, le Wali avait quitté Rosso avec un escadron de la Gendarmerie pour venir à Mederdra où avait surgi un problème lié au renouvellement du bureau des parents d’élèves du département. L’ancien bureau refusant de se démettre, les enseignants avaient exigé l’élection d’un nouveau bureau. Le Wali avait jugé la question de grande importance pour justifier un déplacement.
Sitôt arrivé, il convoqua une réunion générale dans la grande cour des locaux de l’administration (buroh el hakim). Quelques trois cents personnes firent le déplacement. Essentiellement des notables et dignitaires de la ville.
Le Wali fit un discours où il insinua que l’autorité était là pour «imposer la loi et la bonne marche des choses». Tout refus de l’ordre et de se conformer à ce que dira l’autorité sera considéré comme une rébellion.
Il désigna trois grandes figures de la ville dont l’inspecteur du fondamental, à l’époque le poète et homme de lettres Mohamed Ould Ahmed Ould Meydah. La commission se retira et désigna un bureau que le Wali s’empressa de lire devant le public.
«Que ceux qui sont d’accord sur cette proposition se lèvent», clama le Wali avec un brin de fierté d’avoir enfin trouvé ce qui devait unifier «les gens de Mederdra» (Ehl el Medheredhra). Personne ne se leva. Un silence gêné. Puis le Wali qui demande à tout le monde de se lever. L’air contrarié. A Mederdra, on obéit toujours à ceux qui ont l’air contrarié pour ne pas leur donner le prétexte d’aller plus loin.
«Maintenant je vais relire la proposition pour le nouveau bureau. Que ceux qui sont d’accord s’assoient, et qu’on en finisse». L’air à bout. Le Wali finit sa lecture et leva les yeux en rappelant : «que ceux qui sont d’accord, s’assoient». Personne ne s’assit. «Que ceux qui sont contre, s’assoient». Personne ne s’assit.
Excédé, le Wali se tourna vers l’inspecteur Mohamed : «Qu’est-ce qu’il faut comprendre de cette attitude de refus de coopérer ?» et celui-ci de lui répondre : «Rien d’autre que la volonté de vous dire que la question ne mérite pas toute cette mise en scène…»
Si le Wali trouve qu’il s’agit d’un problème qui ne peut être réglé que par sa présence au milieu d’un escadron de gendarmerie et au terme d’un grand déploiement d’autorité, s’il estime que l’élection d’un bureau de parents d’élèves demande tant de dépense de moyens et d’énergie, «les gens de Mederdra» ne trouve pas qu’elle mérite l’expression d’une quelconque attitude…
…à bon entendeur…

samedi 4 mai 2013

La presse dans tous ses états


La célébration de la journée internationale de la liberté de presse a pris une nouvelle dynamique cette année avec une commémoration s’étalant sur une semaine et impliquant toutes les associations et organisations de presse. Et il faut dire qu’elles sont nombreuses…
C’est une manière pour le nouveau ministre de ne pas avoir à arbitrer les profondes divergences qui minent ces regroupements et syndicats, de ne pas prendre position et de ne pas voir s’imposer à lui une organisation plutôt qu’une autre.
Oui, la Mauritanie a passé un cap important, celui de l’ancrage de la liberté d’expression. «Excessive», commencent à dire les détracteurs de la liberté et ceux du régime qui le rendent responsable de toutes les dérives dans tous les domaines. Je crois d’ailleurs que l’un des objectifs non avoués des excès de langage, excès qui ont mené à une généralisation de la culture du faux, de l’approximation et de la diffamation, le but est bien de mobiliser contre la liberté d’expression en mettant en exergue ce qu’elle occasionne de mal.
Autre aspect de cette guerre «sournoise» visant à dénaturer et à défigurer la démocratie en général, la liberté d’expression en particulier, c’est la banalisation. Il s’agit de noyer le plus utile, le plus crédible, le plus efficient dans une mare nauséabonde où se meuvent quelques bestioles mal foutues, malfamés.
Une expérience lancée dans les années 90 avec El Bouchra, la Vérité et d’autres titres dédiés à décrédibiliser l’existant qui s’était constitué autour d’Al Bayane (plus tard Le Calame), Mauritanie-Nouvelle, Akhbar el Ousbou’, l’Eveil… Cela a pris l’aspect d’une campagne de dénigrement contre la presse «qui gène» (déjà). Toutes les attaques étaient permises, toutes les accusations, les insultes… L’objectif étant de jeter l’opprobre et de salir. Dans un deuxième temps, il fallait polluer l’espace médiatique en prenant la parole et en exigeant «sa» part de légitimité.
Toutes ces entreprises ont finalement échoué malgré tous les moyens financiers et matériels qui ont été mis à la disposition des agents chargés de l’action de sape. Les années 2000 vont connaitre un recul du phénomène, les autorités lui préférant finalement l’utilisation abusive de l’article 11 (censures et saisies) pour mettre au pas une presse fragilisée par un désintérêt total de la part de l’opinion publique. Si bien que quand intervient le coup d’Etat du 3 août 2005, la presse est le seul élément resté debout devant la dictature. Quelques titres avaient pu résister aux multitudes vicissitudes du processus démocratique d’alors.
Les avancées qui vont suivre, avec notamment la mise en place d’une commission de réforme du secteur, n’étaient pas des demandes du personnel politique. La commission, ses travaux (libéralisation, révision de la loi pour permettre le passage à un régime de régulation, la création de la HAPA…) et la mise en œuvre de ses conclusions ont été plus ou moins aboutis grâce à la conjugaison des efforts de Sidi Mohamed Ould Boubacar, Premier ministre de l’époque de la transition et des acteurs du secteur.
L’avènement du régime civil en mars 2007, surtout l’arrivée en son sein de certains partis de l’ancienne opposition, va signifier quelques reculs significatifs : fermeture de la «Radio citoyenne» qui était un véritable espace de liberté et d’ouverture, arrêt de toutes les émissions de débats sur TVM et Radio Mauritanie, gel de la loi sur la libéralisation de l’audiovisuel… Puis vint la crise politique qui allait occulter pour un bon moment tout ce qui concerne la presse et la liberté d’expression. A partir de 2009, le processus de libéralisation devait reprendre. Avec toutes ces lois sur la libéralisation de l’audiovisuel, la presse électronique, l’aide publique à la presse… et dont la plus importante reste la dépénalisation du délit de presse.
Nous en sommes là quand survient cette célébration au cours de laquelle, les efforts des uns et des autres pour donner une signification à cette fête en la traduisant par le renouvellement de quelques revendications dont une réforme de la HAPA pour en faire un organe constitutionnel composé de professionnels (ou semi-professionnels), une révision de la commission chargée de l’aide publique…
Une célébration que vous devez avoir suivie sur les chaines de télévisions et radios nationales… vous n’avez donc pas besoin qu’on vous dise que toutes les raisons d’être dégoûtés par la presse étaient là. N’est-ce pas ce qui est recherché ? 

vendredi 3 mai 2013

Tendegsemi, ce lieu qui interpelle


Ici gît quelqu’un que j’ai aimé… M’Barka, ma tante qui a été plus qu’une mère pour moi… Le souvenir de cet être m’habite toujours. A des moments plus que d’autres, dans des lieux plus que d’autres…
Elle repose ici au milieu de ceux qu’elle a aimés… tous rassemblés autour de l’Emir Mohamed Fall Ould Oumeïr qui avait demandé à être inhumé auprès de son chef spirituel, Lemrabott Mohamed Salem Ould Elouman… Pour inscrire cette relation dans le chapitre de l’éternité… Les deux hommes étaient liés. Très liés.
On raconte que quand l’Emir revint du Maroc, il rendit visite à son Shaykh avec lequel il s’entretint près de trois heures durant. Les gendarmes qui surveillaient l’homme voulurent savoir de quoi ils ont parlé. Lemrabott devait déclarer : «Vous savez, je ne me souviens pas un moment où, tous les deux nous avons parlé des choses ici-bas…»
L’école d’Ehl Elouman, très prestigieuse dans l’aire Bidhâne pour l’excellence des savoirs qui y sont dispensés, a eu le grand rôle dans la revivification du fiqh originel (el ouçoul) dans cette partie de l’espace sahélo-saharien. Aussi dans le renforcement de l’influence de la Chadhiliya, l’une des confréries qui ont rayonné sur cet espace contribuant à ancrer et à populariser la culture islamique.
L’Emir, révolutionnaire de gauche, a trouvé en cet homme une inspiration et un soutien qu’il a voulu consacrer à jamais en choisissant de faire de Tendegsemi une dernière demeure. Il a été rejoint par ceux qui l’ont aimé : sa mère Meryem Mint Sidi Moyla, ses sœurs Fatimetou Mint El Hacen et Toutou Mint Ahmed Ledeyd, son frères Sidi Ould Ahmed Ledeyd, M’Barka Mint Boubacar Ciré, Aïcha Mint N’Djiaak, Mohamed Val Ould Boubacar Ciré, Mohamed Ould Brahim Khlil, Sidi Ould Jelledi, Marième Mint Salem Ould Ahmed Lembarek… qu’Allah les agrée tous en son Saint Paradis.
Une petite colonie, un morceau du Mahçar bien incrusté au milieu d’une très grande aura, celle de cette famille qui semble avoir adopté et entouré de sa bienveillance cette Jema’a.
On ne guérit pas de l’enfance, a dit quelqu’un. Difficilement en tout cas. Ici, c’est un grand voyage intérieur qui provoque chez moi une profonde introspection sur la vie, sur le rapport à la mort. Les tombes de ceux qui sont là, ceux que j’ai connus et aimés, m’enseignent que nos ainés savaient préparer leur mort pour en faire une étape de la vie. Ultime accomplissement.

jeudi 2 mai 2013

La mission du FMI


La mission était très attendue. Il s’agissait d’une mission d’évaluation du programme qui touche à sa fin. Ses conclusions étaient donc essentielles pour le pays et pour le pouvoir qui devait trouver là un appui économique et politique en ces temps de crise généralisée. Elle arrivait aussi à un moment où le FMI cherche à établir un dialogue avec tous les acteurs de la vie nationale en vue de faire adhérer tout le monde à ses programmes et de les rassurer aussi sur ses intentions. Acteurs politiques et syndicaux ont eu des entretiens avec la mission.
Il a été question des choix économiques actuels, de la GBM, de la gestion publique…, chacun des acteurs a exposé sa vision, ses appréhensions. Si l’on s’en tient aux différentes relations des entretiens entre la COD et le FMI par exemple, on peut être frappé par l’absence de cette affaire dite «de blanchiment» qui est aujourd’hui l’élément central du discours opposant, celui sur lequel on semble compter pour déstabiliser le pouvoir en place. Pourquoi il n’a pas été question de cette affaire qui touche pourtant l’un des thèmes chers aux instances financières internationales ? Très probablement pour le peu de sérieux qu’on accorde réellement à l’affaire dans les milieux politiques… Et là se pose le problème de la multiplicité des discours qui changent selon l’auditoire. Ça c’est une spécialité bien de chez nous…
Pour revenir à la mission, il est à souligner qu’elle a exprimé sa satisfaction vis-à-vis "des bonnes performances [de l’économie nationale] marquées par la consolidation de la stabilité macroéconomique et une reprise vigoureuse de l’activité économique et ce, dans une conjoncture économique internationale qui reste difficile".
Ces bonnes performances se concrétisent, selon le FMI, dans le rebond du secteur économique qui a permis d’atteindre un taux de croissance de 7% (8% si on exclut les industries minières et pétrolières) ; et aussi le record enregistré par la BCM qui détient, pour la première fois dans l’histoire du pays, une réserve de un milliard de dollars américains, soit l’équivalent de 6,7 mois d’importations.
 «La mission a noté avec satisfaction la mise en œuvre de politiques économiques adéquates qui a permis aux autorités d’atteindre avec des marges confortables, les critères quantitatifs de réalisation prévus à fin décembre 2012. Elle les a félicitées pour avoir mis en place avec succès une politique de réduction graduelle des subventions généralisées et mal ciblées, permettant de créer un espace budgétaire supplémentaire pour les dépenses de réduction de la pauvreté.
De plus, pour préserver les acquis fiscaux, la mission a néanmoins attiré l’attention des autorités sur la nécessité d’assurer la viabilité de la dette publique qui reste élevée. En conséquence, la mission continue de recommander aux autorités de combler leur besoin de financement à travers des ressources concessionnelles et intérieures.»
 «De plus, la mission a salué l’engagement des autorités à garantir la transparence dans l’exploitation et l’emploi des ressources financières provenant du secteur minier. La création d’un mécanisme permettant de mieux gérer les recettes des industries extractives, permettra d’augmenter la résilience de l’économie Mauritanienne aux chocs exogènes, de soutenir la croissance, et d’assurer une équité.»