lundi 9 avril 2012

Manque de communication


Quand Mauritanie Airlines a été lancée, la problématique de l’utilité d’une société publique a été posée à plus d’un niveau. Surtout que la malheureuse expérience d’Air Mauritanie qui avait tout pour continuer à exister et même à prospérer, devait avoir convaincu les autorités publiques du risque d’avoir une compagnie appartenant à l’Etat.
On nous avait opposé, nous qui avions émis des critiques, que l’ancienne compagnie a coulé à cause de la mauvaise gestion de ses managers. Soit. Mais qu’est-ce qu’on a pris comme mesures pour éviter à la nouvelle compagnie de souffrir des mêmes problèmes liés à la gestion de son management ?
Je n’ai pas de preuves tangibles pour dire que la nouvelle société est mal gérée en termes de prédation, de malversations… Mais ce dont je suis sûr, c’est le malaise qui règne au sein du personnel. A quel niveau qu’on se trouve.
Que ce soit le personnel navigant, pilotes, commandants de bord, stewards, hôtesses, agents de comptoirs…, chacun y va de sa petite complainte, plus ou moins fondée sur les comportements du directeur de la société, sur ses procédés, ses choix… Des envolées sur la mauvaise (très mauvaise) gestion des possibilités et des ressources humaines et matérielles de la société. Je ne vous parle pas de tout ce qu’on dit sur le marché d’achat des avions… Pas de polémiques.
Quatre fois par semaine, Mauritanie Airlines relie Nouakchott à Casablanca. L’avion n’est jamais plein à 30% alors que le billet est beaucoup moins cher chez la compagnie que chez sa concurrente immédiate, la Royale Air Maroc. Alors que les pouvoirs publics imposent à tous les fonctionnaires en voyage de prendre la compagnie nationale pour les destinations qu’elle sert. Pourquoi ce déficit ?
On peut penser qu’il y a un problème de communication, et c’est réel. Qui, parmi nous sait que les billets sont environ 50% moins chers chez notre compagnie que sur la RAM ? Et comme pour confirmer cette insuffisance dans la communication, je viens d’apprendre que la compagnie n’a pas de directeur commercial attitré. Jusqu’à présent artisanal…
Corriger au plus vite.

dimanche 8 avril 2012

Histoire de boubou


Juste un break. C’est l’histoire d’un Deymani qui était venu payer un boubou dans l’une des boutiques du marché de la capitale. Il avait expliqué au téléphone, alors qu’il était déjà en pourparlers avec le boutiquier, qu’il s’apprêtait à prendre une voiture pour aller passer le weekend du côté de «la ville»… «Eddechra»… ceux de Mederdra appellent comme ça leur bled. Même s’ils sont à Paris, ils vont toujours de Mederdra en parlant de «la ville»… Revenons à notre boutiquier.
Il propose au Deymani deux boubous, l’un blanc l’autre bleu, pour lui permettre de choisir. Mais le Deymani voulait juste un boubou. Il prit le blanc, paya et s’en alla de peur de rater la première voiture qui allait du côté de la ville. Dans un moment d’inattention, un ami du boutiquier est entré, a vu le boubou et l’a pris sous son bras. Il sortit avec la ferme intention de payer son ami quand ils se retrouveront ce vendredi autour d’un thiebou dien (riz au poisson).
De retour à la réalité, le boutiquier se rendit compte que le boubou qu’il avait sorti pour laisser le choix au Deymani n’était pas là. Il conclut tout de suite que le Deymani l’avait emporté sans le payer. Mais comme il savait où il pouvait l’intercepter, il courut à la gare des voitures qui se trouvait d’ailleurs non loin du marché.
Voyant de loin, le Deymani, il cria avant de l’atteindre : «Heih, où est l’argent du deuxième boubou, le boubou bleu ? tu ne l’as pas payé… tu as donné le prix du boubou blanc mais de celui bleu… alors…»
Sans rechigner, le Deymani lui demanda ce qu’il devait payer… «Combien vous dois-je ?» Et quand il lui dit il paya. Le boutiquier s’en alla tout content d’avoir évité de se faire avoir.
Vendredi, son ami arrive chez lui en lui rapportant l’argent du boubou. «Qu’est-ce que c’est ?» «C’est l’argent du boubou que j’ai pris hier sur le comptoir, un boubou bleu qui était là quand je suis entré et que j’ai trouvé très beau…» Suffisant pour faire comprendre au boutiquier la méprise. Mauvaise nuit, mauvaise journée du lendemain, mauvaise nuit… il pensait à une seule chose : aller au-devant des voitures venant de Mederdra dimanche matin pour rendre au Deymani son argent et lui demander pardon…
Dimanche matin, le boutiquier s’est réveillé très tôt pour ne pas rater les premières voitures. Le Deymani était là dans la première arrivée. «Essalamou alykoum, ente eddarra’a…» «etwaalit jiya dhi eddara’a akhbar’ha maa tawva ?»
Décidément cette histoire de boubou ne finit jamais…
NB : Pour ceux qui n’auraient pas compris, faites-vous traduire les propos par qui de droit.

samedi 7 avril 2012

Les pieds nickelés s’en vont


Au début c’est comme ça que je voulais les appeler quand ils ont renversé ATT et qu’ils ont fait semblant de prendre le pouvoir après avoir joué aux durs. En réalité, ils avaient beaucoup de cette paresse légendaire des personnages de la bande dessinée en question. Ils partageaient au moins le refus de faire son travail. Les militaires maliens qui ont organisé la mutinerie qui a conduit à l’éviction du Président Amadou Toumani Touré, refusaient de faire la guerre, de défendre leur pays.
Ils prétextaient le manque de moyens, alors que l’Armée malienne est mieux pourvue que celles du Niger et de la Mauritanie. Et quand ils sont venus au pouvoir, ils ont vu le pays crouler sous l’avancée fulgurante des factions armées. Les villes du nord tombaient les unes après les autres.
Sous la pression intérieure et extérieure, les bidasses – la bande à Sanogo, cet avatar de Dadis Camara – ont finalement accepté de revenir à l’ordre constitutionnel en remettant le pouvoir au président de l’Assemblée nationale. C’était l’unique voie pour tout le monde. Le schéma ne pouvait souffrir le retour du président ATT dont l’exercice a conduit à la situation inextricable dans laquelle se trouve le Mali et toute la région. La parade est donc celle-là. Avec en prime, une amnistie pour les putschistes.
L’autre aspect du problème lié à l’insurrection du nord devra être traité dès la mise en place du gouvernement de transition, en même temps qu’il organisera les élections futures. La communauté internationale, particulièrement les pays de l’espace sahélo-saharien (Afrique de l’Ouest et Maghreb, CEDEAO et UMA) devront se pencher au plus vite sur la question. Préserver l’intégrité du Mali, assurer la neutralisation des factions jihadistes et des milices liées aux trafics de drogue, dialoguer avec le MNLA pour le ramener à la raison, et pour ce faire concevoir un faisceau de réponses aux problèmes posés. Et au plus vite.
Mais avant d’en finir, j’aimerai savoir où sont passés tous les hauts gradés de la République du Mali ? où sont passés les artistes virtuoses du Mali éternel, celui qui fut le berceau de grands Empires ? où sont passés les sportifs talentueux, notamment les footballeurs comme Seydou Keita, Frédéric Kanouté… ? où sont passés les journalistes provocateurs ?
Maintenant que les pieds nickelés sont partis, toutes les valeurs du Mali doivent refaire surface. Seulement maintenant ? Dommage…

vendredi 6 avril 2012

Le Marathon de Nouakchott


Le Président de la République a donné le coup d’envoi du Marathon international de Nouakchott. Mais il n’a pas couru finalement. Pourtant c’est un sportif confirmé. Sa jeunesse aussi lui aurait permis d’aller à un rythme «concurrentiel». Et ç’aurait été une belle opération de communication en plus…
Le désordre fut complet. Les insuffisances de l’organisation donnaient un air d’improvisation à la fête. C’était finalement sympathique. Comme si cela a été voulu. Mais on sait que le ministère n’a pas maîtrisé la situation.
Au finish, ce ne sont pas les Mauritaniens qui ont remporté le marathon sur 42 kilomètres, mais nos frères du Maghreb. Les deux premières places revenant à deux Marocains, la troisième à un Algérien.
Si c’est une manifestation que l’on va organiser chaque année, il va falloir la décaler vers le mois de février ou mars pour s’assurer la clémence d’un climat en général très peu prévisible.
Il faudra aussi tirer les leçons du marathon de vendredi… mais on est en Mauritanie, on ne capitalise jamais les expériences… parce qu’on ne fait pas d’évaluation… parce qu’on ne veut pas de la critique.

jeudi 5 avril 2012

Touche pas à Israël


En Occident – du moins l’Occident officiel – la mort des enfants palestiniens n’émeut point. La punition collective de toute une population est passée sous silence. Les exactions et les viols que commet l’armée israélienne en Palestine passent inaperçus. Les assassinats ciblés n‘inquiètent pas et sont considérés comme des «frappes préventives salutaires contre les menées des terroristes».
Quand, au lendemain de la folie meurtrière de Mohamed Merrah, la responsable des affaires étrangères de l’Union Européenne, ose faire allusion à un parallèle qui pourrait être fait entre la mort d’enfants palestiniens sous les bombes israéliennes, et celle d’enfants juifs sous les balles d’un forcené musulman, elle est la cible de toutes les critiques.
Aujourd’hui c’est un poème du prix Nobel de Littérature allemand Günter Grass de subir l’ire du lobby sioniste international. L’écrivain de 84 ans, véritable icône de l’Allemagne moderne, autorité incontestée de la littérature universelle, a écrit un poème en prose intitulé «Ce qui doit être dit» dans un quotidien de Munich. Il y dénonce un «prétendu droit à attaquer le premier», faisant allusion à l'éventualité de frappes préventives israéliennes contre Téhéran, soupçonné de développer du nucléaire militaire malgré ses dénégations. Le Nobel de littérature 1999 affirme que ce projet pourrait mener à «l'éradication du peuple iranien».
Günter Grass évoque «cet autre pays, qui dispose depuis des années d'un arsenal nucléaire croissant - même s'il est maintenu secret», qui bénéficie de livraisons de sous-marins nucléaires qui pourraient rendre les Allemands, «déjà suffisamment accablés», complices d'un «crime prévisible». Allusion à la livraison par l’Allemagne à Israël de sous-marins conventionnels de type Dolphin, dont un sixième exemplaire doit être livré prochainement. Ces sous-marins peuvent être équipés d'armes nucléaires, selon les dépêches d’agences de presse.
L’écrivain dénonce un «silence généralisé» sur cette question, qu'il qualifie de «mensonge pesant» parce que «le verdict d'antisémitisme tombera automatiquement» sur qui le rompra.
«Pourquoi ne dis-je que maintenant (...) que la puissance atomique d'Israël menace la paix mondiale déjà fragile ?», s'interroge Grass. «Parce qu'il faut dire ce qui pourrait être trop tard demain.»
Ce sont là des vérités à ne pas dire.  «Ce qui doit être dit, c'est qu'il est de tradition européenne de blâmer les Juifs avant la Pâques juive», a objecté un diplomate israélien de l'ambassade d'Israël à Berlin, Emmanuel Nahshon, dans un communiqué, reprenant le titre du texte de Grass.
Le représentant israélien a regretté que l'Etat hébreu soit «le seul pays au monde remis en cause publiquement dans son droit d'exister», et a assuré que les Israéliens «voulaient vivre en paix avec leurs voisins de la région». D’autres intervenants ont qualifié le prix Nobel d’être «l'archétype de l'érudit antisémite», de l'Allemand qui, est «poursuivi par la honte et le remords». Même le ministère allemand a dû intervenir indiquant que «minorer les dangers du programme nucléaire iranien reviendrait à nier la gravité de la situation».
Israël est encore dans le registre des «Intouchables», ceux qui ne souffrent pas la critique et qui peuvent violer toutes les lois, tuer sans discernement, occuper les terres et y installer des colonies de peuplement étrangers, posséder et développer un programme nucléaire militaire dangereux, susciter l’instabilité dans toute une région… personne ne doit le dire. Même pas y faire allusion.

mercredi 4 avril 2012

Ould Abdel Aziz est encore là


Au lendemain du 3 avril, jour qu’avait fixé l’opposition de chez nous pour faire «dégager» Ould Abdel Aziz et son régime, rien n’a finalement inquiété le pouvoir. En tout cas, nous nous sommes réveillés avec l’ordre de la veille.
Ce n’est pas ici une manière de moquer quelque parti que ce soit, ni de minimiser les mouvements enregistrés ici et là, mais plutôt de dire que notre opposition commet les mêmes erreurs qu’elle a commises par le passé. Et dont le plus mortel est d’engager une confrontation malvenue parce qu’inopportune et pour laquelle surtout elle n’est pas préparée.
Si l’on excepte le meeting islamiste à Arafatt, il ne s’est pas passé grand-chose. Le rendez-vous est relativement raté. Oubliée donc «la réussite» de la marche du 12 mars dernier. La première conclusion que notre personnel politique devrait tirer est de revoir le discours. Trop violent. Gratuitement aussi.
L’idéal aurait été que le pouvoir en place accepte de dégager pour laisser la place. Mais à qui ?
A l’Institution de l’Opposition démocratique qui n’a plus d’existence politique réelle depuis qu’elle s’est éclipsée devant la Coordination (COD) ?
Aux Islamistes de Tawaçoul qui semblent être les plus mobilisés – et les plus mobilisables – contre le pouvoir ? En effet, depuis le dernier meeting de ce parti, l’on sait que la force de frappe de la COD est bien la mouvance islamiste. Avec une caution, voire un leadership comme celui de Cheikh Ould Dedew, le parti Tawaçoul aura déployé tous ses atouts. Pourquoi faire ?
Deux analyses – pour ne pas dire calculs – sont à l’origine de cette position radicale que développent actuellement les porte-paroles de la mouvance.
On estime que le «printemps arabe» est viral et qu’il passe de pays en pays. Dès les premiers soubresauts en Tunisie et en Egypte, on a cru, dans certaines sphères politiques dont les Islamistes, que, par la force des choses, le pouvoir mauritanien sera emporté par le premier mouvement de rue.
Il est certes à remarquer que les Islamistes n’ont pas été emballés toute suite, qu’ils avaient évité dans un premier temps de s’embarquer dans le mouvement du 25 février 2011. On se rappelle que c’est surtout le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) qui avait accompagné ce mouvement.
C’est seulement à partir d’avril 2011 que les prémisses du radicalisme vont apparaitre dans le discours de la mouvance. Une attitude qui renforcera les positions, déjà affirmées depuis décembre 2010, des autres partis composant la COD. Tawaçoul allait d’ailleurs rejoindre la coordination tout suite après.
Que reste-t-il de l’analyse initiale ? Nous sommes, si l’on considère que le mouvement de contestation arabe est une succession de cycles, à la fin d’un cycle montant. Le reflux a commencé. Avec notamment les événements de Libye, l’expérience désastreuse de Syrie, du Yémen, les incertitudes sur l’Egypte et même sur la Tunisie.
Quelles sont les chances de réussite du fait d’entrainement dans un pays qui n’est en rien comparable avec les pays qui ont connu des révoltes-insurrections ? Ni la durée de vie des dictateurs, ni l’état des libertés, ni les données socio-historiques, ni les aspirations du peuple… rien ne semble justifier le radicalisme qui pousse vers l’insurrection populaire. Surtout que les politiques en présence ont été, pour la plupart, à un moment donné à mille lieues de leurs positions actuelles.
Reste au moins pour les Islamistes, la volonté de montrer qu’ils sont la formation politique la plus forte et la plus apte à prendre le départ des élections futures. La prime à l’opposition donnera un plus à une formation qui assiste déjà les populations à travers l’activité humanitaire, tout en adoptant un discours pieux plutôt imparable dans un environnement politique où la pauvreté des propositions est de mise.
C’est pourquoi les sorties de Cheikh Ould Dedew sont de plus en plus politiques, comme si on envisageait de lui faire jouer un rôle électif de premier plan. On parle de lui comme chef de la liste nationale dans les législatives et même comme futur candidat à la présidentielle de 2014. Encore que pour cela il faudra attendre la fin du mandat de l’actuel président. Ceux qui sont pressés à en découdre avec le pouvoir doivent revoir les aventures d’Iznogood, le vizir qui voulait être à la place du vizir, pour savoir que la conquête du pouvoir suppose un rapport de force en faveur du prétendant et surtout l’existence de programmes et de propositions.
Hier, le seul programme déclamé était : «irhal !» (dégage)… pourquoi le pouvoir dégagerait-il ? et à qui laisserait-il la place ? et que propose celui qui voudrait bien se voir désigné comme successeur ?

mardi 3 avril 2012

La CEDEAO n’est pas l’OTAN


Les présidents ouest-africains réunis hier à Dakar ont décidé de continuer à exercer des pressions sur la junte de Bamako, envisageant même de passer à l’action militaire. Deux présidents ont défendu l’option dure : Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire qui dirige présente la CEDEAO et Blaise Compaoré du Burkina Faso. Le premier, sans doute, par ignorance, le second par calcul.
Pour Ouattara, l’expérience de son pays, avec notamment l’entêtement de Gbagbo et le recours aux armes qui a fini par mettre fin à la situation de crise, le souvenir de cette expérience est trop proche. Il a estimé à l’époque que la CEDEAO a failli à sa mission en s’abstenant d’intervenir à travers l’envoi d’une force. Il ignore les données entières du problème malien. Notamment les soubassements ethniques, sociologiques de ce qui se passe. Il ne peut se résoudre à penser que le putsch ainsi que la débâcle militaire de l’Armée malienne dans le nord sont la conséquence d’une attitude faite de démissions, d’atermoiements et de complaisances adoptée par son ami Amadou Toumani Touré. Ignorant tout de l’histoire récente et des réalités sociologiques du Mali, Ouattara peut être emporté par un élan guerrier qui sera pourtant catastrophique pour les pays de la sous-région.
Pour Compaoré par contre, c’est le vieux contentieux avec le Mali qu’il va falloir vider ici en envoyant des forces en terre malienne rétablir l’ordre et/ou combattre putschistes et rebelles. L’occasion d’occuper les regards ailleurs, de déconcentrer l’attention de ce qui risque de se passer au Burkina et qui pourrait être le prolongement des soubresauts de l’année passée. Le président qui bat les records de longévité en Afrique de l’Ouest avec ses 25 ans de pouvoir, a certainement d’autres calculs qui ne sont pas perceptibles à l’œil nu, lui qui a toujours manœuvré les scènes politiques de cet espace. Satellisant des pays comme la Côte d’Ivoire où Ouattara et Soro lui doivent tout, la Guinée où il a parrainé Alpha Condé, le Togo, le Bénin…
Dans les jours qui viennent, les chefs d’Etat Major des pays de la CEDEAO devront définir un plan d’intervention qui sera conclu par l’envoi de troupes au Mali. Pour déloger les putschistes et remettre ATT en scelle ? Ou pour repousser les attaques rebelles et combattre finalement les factions armées qui ont fait basse sur le nord du Mali (depuis quelques années en fait) ?
Si c’est pour le premier objectif, personne ne demande le retour d’ATT, pas même le président lui-même qui, dans un ultime moment de refus de faire face, accepte de s’effacer pour permettre au Mali d’évoluer sans lui. La junte déclare revenir à l’ordre constitutionnel dans l’immédiat. Cela pourra prendre la forme de la mise en place d’un gouvernement de large consensus dirigé par le Président de l’Assemblée et ayant pour mission d’organiser les élections au plus vite. Pas besoin d’une force militaire pour lancer ce processus.
Si c’est pour aider l’Armée malienne à repousser l’avancée des rebelles et autres factions armées islamistes, ça c’est une autre histoire. Pour laquelle la CEDEAO n’est pas outillée, ni militairement, ni financièrement encore moins psychologiquement.
Dans les deux cas, les élans guerriers de Ouattara et de Compaoré vont faire du Mali un champ de batailles dont la multiplicité des protagonistes instaurera un chao. Ce sera, au mieux une Libye, au pire une Somalie.
Une Libye dans la mesure où cela favorisera les factions armées qui déclareront leur autonomie chacun de son côté et où le pouvoir central ne pourra exercer aucune autorité. Une Somalie si l’on prend en compte les forces africaines considérées comme forces d’occupation et excitant encore plus les Shebab, redoutables combattants qui sèment chao et désolation.
La solution reste celle du dialogue. Un package qui peut être l’objet d’une conférence internationale, pas seulement de la CEDEAO, et qui aura pour objectifs : le rétablissement de la démocratie et en même temps le règlement des conflits du nord, en préservant l’intégrité du Mali. Aux diplomates de concevoir un processus pouvant mener le Mali sur cette voie. Et pour ce faire écarter immédiatement toutes les options «fortes».