C’est le résultat principal du sommet qui s’est tenu à Nouakchott
et qui a réuni cinq des pays du Sahel : Burkina Faso, Mali, Mauritanie,
Niger et Tchad. Le nouveau Groupe est un cadre «de coordination et de suivi
de la coopération régionale», selon les termes du communiqué final. Son Secrétariat
Permanent sera assuré par le Niger et installé à Nouakchott.
Le G5 su Sahel est un pas vers la mutualisation des
ressources et des efforts consentis par les Etats et leurs partenaires
techniques et financiers dans la lutte contre le terrorisme et le crime
organisé et pour le développement économique et social des populations.
«Une corrélation
forte existe entre Sécurité et Développement dans la mesure où il n'est de
développement durable sans sécurité ni de sécurité pérenne sans développement
effectif», a dit le
Président mauritanien, président du G5 du Sahel dans son mot d’ouverture.
C’est bien la prise de conscience de la nécessité de se prendre en charge qui a
amené les cinq pays à se retrouver ainsi.
Il y a eu d’abord une première réunion
en marge du troisième sommet arabo-africain du Koweït en novembre dernier, puis
celle de Paris en marge du sommet sur la paix et la sécurité en Afrique tenue à
Paris en décembre 2013. Provoquées par la Mauritanie, les deux réunions des
chefs d’Etats ont décidé la création de l’organisation et se sont donné
rendez-vous à Nouakchott.
Il s’agissait d’abord de canaliser les
financements consentis par les partenaires extérieurs. Il y avait d’abord l’initiative
européenne intitulée «Sécurité et développement au Sahel» lancée en 2011
et destinée à couvrir la Mauritanie, le Mali et le Niger, trois des quatre «pays
du Champ» (moins l’Algérie). C’est une aide substantielle à ces pays en vue
de développer leurs capacités en matière de lutte contre le terrorisme et le
crime organisé. Elle découle de la nécessité d’adopter une approche impliquant
développement et sécurité en vue de stabiliser la région.
La stratégie européenne couvre les
domaines du développement, de la gouvernance, de la résolution des conflits
intérieurs, de la mutualisation des moyens, de la coopération étroite, de l’Etat
de droit, de la lutte contre l’extrémisme…
Arrive en 2012 l’approche onusienne
qui s’intitule «stratégie intégrée des Nations-Unies pour le Sahel» et
qui concerne cette fois-ci les cinq pays : la Mauritanie, le Mali, le
Niger, le Burkina et le Tchad. Cette initiative, confiée à Romano Prodi Envoyé
spécial du SG de l’ONU, s’articule autour de la gouvernance, la paix, la
sécurité et la résilience. La Banque Mondiale et l’Union Européenne ont
mobilisé 8 milliards de dollars au profit de ce programme.
Le sommet de Nouakchott a préconisé de
s’adresser aux bailleurs arabes et islamiques pour trouver de nouveaux
financements. Car les projets sont nombreux. La lutte contre le terrorisme, le
crime organisé et l’immigration clandestine, la coopération judiciaire, la paix
sociale, la gouvernance religieuse, la solidarité et la coopération… Mais aussi
les infrastructures, notamment les routes. Bitumage des routes reliant Kayes à
Sélibaby, celle allant de Bangou à la frontière malienne, celle reliant
Tombouctou à la frontière mauritanienne… Création d’un réseau électrique allant
de Mauritanie vers le Mali, en plus de la santé animale et du développement de
l’économie pastorale, la formation professionnelle au profit des jeunes, la
lutte contre le criquet…
Le sommet a décidé «l’élaboration d’un
programme prioritaire d’investissement et d’un portefeuille de projets structurants
accordant une large priorité à la sécurité, à l’ancrage de la démocratie et de
la participation des populations à la promotion des zones les moins
développées, aux infrastructures (transport, énergie, télécommunications,
hydraulique) à la sécurité alimentaire et au pastoralisme, au développement
humain (démographie, santé, éducation, formation technique et professionnelle)
et à l’adaptation aux changements climatiques et à la gestion de l’eau».
(communiqué final)
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