jeudi 17 novembre 2011

Le peu qui fâche


On ne peut prendre au sérieux les rumeurs concernant quelques «malaises» dans les relations de la Mauritanie avec certains pays. Notamment le Qatar, les Emirats Arabes Unis, un peu moins le Koweït et l’Arabie Saoudite.
Avec ces pays l’on apprend que la campagne lancée par les disciples de Kadhafi depuis le début des attaques de l’OTAN contre le dictateur libyen, que cette campagne de dénigrement des Emirats du Golfe a bien pris. Insultes à leurs dirigeants, manifestations dans la rue avec des scènes où l’on voit les drapeaux brûlés etc.
Il paraît que les ambassades des deus Etats du Golfe (EAU et Qatar) à Nouakchott ont envoyé des lettres de protestation au ministère des affaires étrangères mauritanien lequel n’a pas daigné répondre.
Pour l’ambassade des Emirats, une lettre parlant du projet de manifestation a même été envoyée au ministère, mais aucun retour n’est venu rassurer ou expliquer que la liberté de manifester et de s’exprimer est ici garantie par la loi. Et que ce qui allait être dit n’engage qu’un petit groupe d’individus affiliés à une vision politique donnée… il y avait quelque chose à dire aux représentations diplomatiques de ces pays. Quelque chose qui pouvait préserver la particularité des liens.
Le pays de l’Emir Cheikh Zayed Ben Sultâne al Nahyane mérite un traitement particulier de la part des Mauritaniens. Nous devons aussi culpabiliser pour l’absence de représentant mauritanien à ses obsèques en 2004. A l’époque, la politique d’isolement menée par le régime conduisait à des comportements de ce genre. Sinon comment comprendre l’absence des Mauritaniens qui ont profité des largesses d’un Etat qui a accompagné leur développement, construisant routes, hôpitaux et écoles ?!? Ce fâcheux précédent nous dicte plus d’attention vis-à-vis des Emiratis. Tout comme le précédent avec le Koweït que nous avons lâché au moment de son occupation en 1990. Et l’Arabie Saoudite dont nous avons célébré l’attaque du territoire (Khafgi) en 1991. Autre époque, autres mœurs politiques.
Aujourd’hui que le pays est lancé sur la voie de la refondation, nous avons intérêt à faire plus attention à ces voisins …lointains, frères tout proches. Ce n’est pas parce qu’on est disciple de Kadhafi que l’on doit oublier que ce que les Emirats, le Koweït, l’Arabie Saoudite, le Qatar et même l’Irak ont donné à la Mauritanie n’est en rien comparable avec l’apport libyen. En terme de réalisations ayant profité aux populations. En terme aussi de soutien moral et politique.
Sans renier notre indépendance de décision ni nos lois garantissant la liberté d’expression, exprimons notre gratitude d’une manière ou d’une autre.

mercredi 16 novembre 2011

L’un des secrets du bonheur


C’est une émission de France 2 qui m’a inspiré. Une émission intitulée : «Leurs secrets du bonheur». L’autre soir, l’actrice, réalisatrice et auteur Florence Foresti s’est prêtée aux exercices proposés par Ilios Kotsou, chercheur en psychologie des émotions, enseignant de notoriété internationale. Il fait partie d’un groupe de chercheurs internationaux qui travaillent sur les secrets du bonheur de manière scientifique, quantifiable. C’est à la lumière d’une récente étude, «Etude Emmons, RA & Mc Cullough (Université de Californie)», qu’il «s’amusait» ce soir-là ç faire des démonstrations simples et utiles. Voir la vie sous un angle positif, optimiste, éviter le stress…
Ce soir-là, deux éléments du secret du bonheur ont attiré mon attention. Le premier, c’est l’expression de la gratitude. Elle rend plus heureux à plus de 25%. Elle permet de mieux dormir, de mieux vivre sa vie en dormant mieux et plus, en s’ouvrant mieux et plus sur l’autre, en subissant mieux le stress… Vous aurez compris que dans une société qui ne cultive pas la gratitude, il est intéressant de savoir cela.
On ne dit pas merci ici. On n’a pas d’exigence vis-à-vis de celui qui vous sert. Quelqu’un me disait l’autre jour que nous avons une société qui ignore les protocoles. Je dirai que c’est plus que ça : nous avons perdu l’habitude de reconnaitre le bienfait de l’autre, l’exigence morale de la reconnaissance, de la gratitude… En perdant le réflexe de dire «merci», on perd aussi une chance d’être heureux.
Deuxième élément, le sourire aux lèvres. Il déterminerait votre bonheur à l’intérieur et tout autour. Nous avons perdu le sourire… depuis longtemps.
Comprenez alors que nous soyons constipés. Des générations de constipés au sein de notre élite. Ce qui explique le recul de la joie, cause principale de certains de nos déboires psychologiques et sociaux.  

mardi 15 novembre 2011

Sans commentaire


Le lien m’a été envoyé par l’un des avocats de Mohamed Lemine Ould Dadde, ancien Commissaire des Droits de l’Homme. Il s’agit d’un article publié le 15 novembre par l’hebdomadaire français L’Express. Sous la plume de l’un de ses grands reporters, Vincent Hugeux et avec pour titre «Un combattant des droits humains embastillé en Mauritanie».
Sans commentaires, je vous propose en lecture des extraits :
«Que reproche un parquet aux ordres à cet activiste libéral, hier farouche opposant au régime autocratique de Maaouiya Ould Taya (1984-2005)? Officiellement, des malversations et détournements d'un montant de 271 millions d'ouguiyas, soit 750000 euros, commis dans l'exercice de ses fonctions. Grief fantaisiste, au regard des incohérences et des à-peu-près d'un dossier d'accusation digne de figurer parmi les études des cas soumises à des étudiants en droit de première année
«Tout indique que ce noble de la tribu des Tagounanet, fils d'un notable érudit, paie avant tout son engagement résolu contre l'esclavage et autres traditions féodales, tels l'excision ou le gavage des jeunes filles promises au mariage. A l'évidence, ses initiatives en faveur des Haratine, serfs négro-africains affranchis, auront irrité une élite arabe attachée à la perpétuation d'archaïsmes socio-ethniques. Mohamed Lemine avait d'ailleurs d'emblée prêché l'exemple, rendant sa liberté à son " frère de lait " Etman, l'esclave qui, conformément aux usages maures, lui fut alloué à sa naissance. Mais voilà: dans la Mauritanie de 2011, les tabous ancestraux font de la résistance

lundi 14 novembre 2011

Participe (passé), participe (présent)…

L’ouverture de la nouvelle session parlementaire m’amène à (re)parler de la participation aux futures échéances et au déroulement du dialogue et surtout aux conséquences du refus de certains d’y participer.
La présence des députés de l’Opposition «refusante» (rabida) du dialogue et de ses résultats interpelle à deux niveaux. Au niveau de la légitimation de la tenue de la session en dehors des délais initiaux qui voulaient que le mandat de la Chambre soit consommé : en acceptant de venir, les députés de l’Opposition (dure) bénissent l’avis donné par le Conseil Constitutionnel sur la possibilité d’étendre le mandat au-delà des délais initialement prévus.
Au niveau aussi de la légitimation des accords passés lors du processus du dialogue. La présente session sera, comme l’a dit le président de l’Assemblée Messaoud Ould Boulkheir, consacrée à l’adoption des textes de loi issus de l’accord intervenu entre les parties prenantes au dialogue. Les discussions autour de ces textes seront l’occasion pour les absents aux assises du dialogue d’apporter les correctifs qu’ils jugent nécessaires. A défaut d’avoir participé en tant que partis et cadres, ils vont le faire donc en tant que députés. Ce sera l’occasion pour les promoteurs de ce dialogue de faire plus de consensus autour de cet accord.
Revenons donc à l’exigence pour nous de savoir si les partis politiques vont pour une fois avoir une ligne de conduite conséquente. Sans mélange de genre.
En attendant, peut-on reprendre ce rappel de notre confrère QDN : "Il s’agit de l’Ordonnance n° 91-028 du 7octobre 1991 portant loi organique relative à l’élection des députés de l’Assemblée Nationale, modifiée par l’ordonnance 91-041 du 8 Décembre 1991 et la loi 2001-28 du 7 Février 2001 qui stipule en son article 2 : « Les pouvoirs de l’Assemblée Nationale expirent à l’ouverture de la cession du mois de Novembre à la cinquième année qui suit son élection. Sauf cas de dissolution, les élections générales ont lieu dans les soixante (60) jours qui précèdent l’expiration des pouvoirs de l’Assemblée nationale."
Qui est complice de quoi dans ce cas ? et qui va finir demain par dénoncer ce dont il est responsable en partie ? 

dimanche 13 novembre 2011

Elections en vue


Il y a quelques mois, on se faisait étriper si on défend l’opportunité d’une participation au dialogue entre Pouvoir et Opposition. Certains partis ont finalement accepté d’engager ce dialogue. Cela a abouti à un accord qui est, quoi qu’en disent ses détracteurs, est une nette avancée sur la voie du raffermissement de la démocratie.
Renforcement des règles de la transparence avec la naissance d’une CENI ayant le contrôle de toute l’opération électorale, augmentation substantielle des taux d’élus à la proportionnelle, volonté de limiter le nomadisme politique, obligation de passer par les partis pour se faire élire, mesures visant à garantir la neutralité de l’administration et de l’Armée…
Les élections dont la date reste à fixer, doivent obligatoirement être prévues avant octobre 2012. Il faut y penser dès à présent. Le refus de participer au dialogue va-t-il dicter le boycott des élections ? Est-ce que les partis du refus seront amenés par la logique de rejet à ne pas participer aux futures élections ?
Des questions qu’on évite de se poser (et de poser) à présent et qu’il va falloir poser un jour.
Nos politiques choisiront certainement le dernier moment pour se poser de telles questions. Comme toujours ils devront répondre dans la précipitation, sous la pression des sentiments. Comme toujours.

samedi 12 novembre 2011

Education, éducation…


La commission chargée de superviser les états généraux de l’éducation a été installée la semaine dernière. J’attendais voir sa composition pour commenter. On a visiblement choisi dans le sérail des enseignants (du supérieur au fondamental). Des techniciens plus que des politiques. Ce qui est louable.
Mais il serait plus «prudent» - au sens de plus «judicieux» - de prévenir la commission en lui disant que la tenue de telles assises n’est pas une fin en soi. Ses membres peuvent se dire que l’installation de la commission est déjà une sorte de concrétisation de la promesse faite par le Président Ould Abdel Aziz. Et qu’on peut s’arrêter là si l’on juge que la réforme de 1999 est valable. Mais qu’elle n’é jamais été appliquée pour manque de moyens.
Il est vrai que cette réforme a été décidée sans études préalables, sous le coup de l’improvisation. Ce n’est pas ce qui lui dénie toute valeur. Je n’en veux pour preuve que les résultats globalement positifs du baccalauréat 2011. En quantité et en qualité.
C’est d’autant plus méritoire que jamais les élèves issus de la réforme n’ont eu droit à des manuels. C’est à peine si leurs enseignants savent ce qu’ils doivent enseigner. Ni programmes, ni manuels.
Toute réforme doit cependant commencer par la restructuration des ministères. La situation actuelle ajoute à la confusion et à la faiblesse du système éducatif. Unifier les départements et le confier à un «poli-technicien» (un homme politique et en même temps un technicien).

vendredi 11 novembre 2011

Toute vérité est bonne à dire


On connait la maxime qui dit le contraire : toute vérité n’est pas bonne à dire. Ce que nous exprimons de façon moins prosaïque en disant que «mentir est proscrit, dire la vérité n’est pas à faire».
De l’une ou l’autre des maximes nous vient notre propension à ne pas dire exactement la vérité, à passer à côté à force de vouloir l’envelopper pour la rendre plus acceptable, plus… vraie pour tous. C’était quand nos valeurs et nos repères nous conditionnaient. Aujourd’hui qu’on s’est libéré de ce joug, l’évolution a été autrement plus hostile pour la réhabilitation de l’autorité et de la légitimité de la vérité.
Essayez sur vous, sur votre entourage la diffusion de deux informations, l’une que vous avez vous-mêmes fabriquée, l’autre qui se rapporte à un fait avéré. Attendez une ou deux heures et essayez d’avoir le retour – le feedback diront les plus branchés. Les intellectuels vous rappelleront que «la mauvaise monnaie chasse la bonne». Ils tenteront de vous prouver que la tendance chez l’homme est celle-là. Ce à quoi j’opposerai que le phénomène est encore plus flagrant, plus vulgaire chez nous.
Vous avez tous en tête l’affaire DSK et ce qu’elle a produit de polémiques et contre-polémiques. Vous n’avez pas oublié que la victime de la suite new yorkaise avait été discréditée parce qu’elle a menti au moins une fois en cherchant à avoir son permis de s’installer aux Etats-Unis. Parce que la vérité est ici le principe sacré. La société s’est approprié cette valeur et l’a imposée. Quand on peut mentir sur un fait, c’est qu’on peut le faire toute la vie. On est donc décrédibilisé.
Qu’en est-il chez nous ? … répondez vous-mêmes.
Je passe à une autre sagesse puisée dans le patrimoine de l’Iguidi : «Il ne faut pas dire tout ce qu’on a sur le cœur, parce que quand on aura tout dit, il ne nous restera plus rien à dire». CQFD.