dimanche 13 octobre 2013

Il y a un an

Le 13 octobre 2012, un samedi, deuxième jour d’un weekend tranquille. Sur le plan politique, la série de manifestations lancées par la Coordination de l’Opposition démocratique atteint son summum avec la marche d’il y a quelques jours. Toujours le slogan «irhal» (dégage) qui prend un coup dé vieillesse déjà tout en faisant craindre le pire pour le pays.
Sur le plan sécuritaire, la guerre au Mali prend l’allure d’une guérilla que mènent les Jihadistes frappant quand ils veulent et où ils veulent. Cherchant aussi à étendre la guerre ailleurs qu’au Mali.
Malgré ces foisonnements, la situation est calme en Mauritanie et rien n’inquiète vraiment. Un peu après 20 heures, une nouvelle fait le tour de Nouakchott : le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz a été victime d’un tir au nord de Nouakchott alors qu’il revenait d’une sortie en plein désert en compagnie d’un proche.
On pense tout de suite à une tentative d’assassinat qui serait menée par des éléments d’AQMI. C’est bien le régime de Ould Abdel Aziz qui a porté les coups les plus durs à cette organisation terroriste, n’hésitant pas à envoyer les troupes mauritaniennes dans le Nord du Mali. Une stratégie payante parce qu’elle a fini par porter la peur dans le camp ennemi et à éloigner celui-ci des frontières mauritaniennes. Elle a aussi été l’occasion d’une remise à niveau de notre Armée nationale qui a désormais les moyens et la volonté de défendre l’intégrité du pays. Pour le symbole, le Président Ould Abdel Aziz, même s’il a refusé de participer à l’opération française Serval, reste la cible idéale des groupes terroristes et des trafiquants de drogue et d’armes dont il a dérangé définitivement les activités dans le grand Sahara.
Mais très vite l’on apprend la réalité de ce qui s’est passé. Un jeune officier dirigeant une formation d’un groupe de sous-officiers de l’Armée de l’Air, a tiré sur une voiture qui essayait de le dépasser à toute vitesse. Un beau 4x4 – V8 – dont le chauffeur avait ignoré les gestes de l’officier intimant l’ordre de s’arrêter.
Dans la voiture en question, le Président et son compagnon ne pouvaient soupçonner qu’il s’agissait de militaires mauritaniens. Les deux hommes qui étaient là étaient en civil, l’un était barbu et portait une djellaba. La voiture qu’ils avaient était de type civil, immatriculée à l’étranger. Tout pour les rendre suspects. Un coup de volant et la voiture fonce pour s’éloigner au plus vite. Suffisant pour exciter le jeune officier qui tire visiblement en visant les pneus. Mais la position à genoux devait le déséquilibrer. Assez pour que la rafale touche la carrosserie de la voiture, au niveau de la portière arrière et celle de devant. Le Président est touché au moins au niveau des reins. Heureusement qu’aucun organe vital n’est touché.
Il a la présence d’esprit de foncer après avoir été rejoint par des éléments de la sécurité qui l’accompagnaient de loin. A sa sécurité il demandera de revenir vers les «agresseurs» pour savoir de qui il s’agit. Conduisant sa voiture, il arrive à l’hôpital militaire où il est immédiatement pris en charge par les meilleurs chirurgiens du pays. Quand il va en France, les médecins attesteront du professionnalisme dont les nôtres ont fait preuve.
Rumeurs folles qui ne se terminent pas avec l’évacuation du Président en France et sa prise de parole avant son départ. Entre les insuffisances de la communication officielle et la campagne mensongère qui occupe la rue, la Mauritanie tangue à certains moments. On croit être au bord d‘une déstabilisation imminente, soit par coup d’Etat, soit par soulèvement.
Pourtant, le cours de la vie est normal. Rien ne semble manquer. Pendant plus d’un mois le Président de la République sera absent, la vie publique continuera à suivre son cours. Aucun projet arrêté, aucun retard dans les salaires, dans les rendez-vous… Et la rumeur qui devient une arme. Jusqu’à son arrivée triomphale le 24 novembre, les rumeurs à son sujet continueront à être entretenues. Puis vint la fameuse interview pendant laquelle il explique son absence, il parle des faits. Pour se remémorer, je vous propose le posting du 20 novembre 2012 :
«La rumeur sur la santé du Président avait repris de plus belle. A la veille de la manifestation organisée par l’a Coordination de l’opposition démocratique (COD) autour de «la vacance du pouvoir» (pas moins !), la question était de savoir quand est-ce que le Président va venir déclarer lui-même son incapacité. C’est ce que les hauts cadres politiques, les intellectuels les plus avertis tenaient à discuter… quand la nouvelle est tombée…
Sur les ondes de RFI, on annonce le rendez-vous entre les deux présidents, le mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et le français François Hollande. Rendez-vous qui a lieu à 11 heures ce matin de mardi. A la sortie de l’audience où il paraissait, certes amaigri, mais en bonne santé quand même, le Président Ould Abdel Aziz déclare qu’il rentre «bientôt» à Nouakchott. Plus tard, c’est la présidence mauritanienne qui annonce la date du 24 novembre comme date du retour du Président. Il sera donc là pour commémorer l’indépendance nationale, quitte à revenir dans les semaines qui viennent à Paris pour un dernier contrôle.
En Mauritanie, c’est le soulagement malgré les dernières tentatives d’intoxication. Il faut attendre la diffusion de l’interview accordée à France 24 par le Président et sa reprise par la télévision nationale pour assister à l’explosion de joie.
L’heure est aux bilans. Au niveau des camps politiques, il y a lieu, comme nous l’avons déjà fait, de souligner la capacité du pouvoir à contenir le choc sans précédent à plusieurs égards. C’est la première fois de l’Histoire du pays que les Mauritaniens vivent une telle situation, nous n’y reviendrons pas. Cette situation a ouvert la voie à toutes les manigances et pour la première fois, nous avons failli assister à un coup d’Etat par la rumeur.
L’épisode du samedi 28 octobre est effectivement une tentative de déstabilisation savamment orchestrée et qui a failli aboutir n’était-ce le sang-froid et la retenue de ceux qui avaient en charge d’assurer l’ordre et la sécurité. Imaginons un moment qu’en un lieu donné de Nouakchott, quelques badauds avaient pris au sérieux les rumeurs de renversement du régime, d’affrontements entre factions du pouvoir, d’absence de direction des opérations, pour piller une boutique, qu’ils aient été dispersés violemment par la police ou la garde, que pour cela on ait utilisé des grenades lacrymogènes, imaginons le bruit que cela ferait, complétant le tableau de désordre qu’on a voulu installer… un chao était espéré ce soir-là… heureusement pour tout le monde finalement que le pire n’est pas arrivé.
Le système aura donc tenu tout ce temps. Ni le chef d’Etat Major national, ni le Premier ministre, ni le Cabinet présidentiel, ni les responsables de la sécurité n’ont cédé à la panique. Il y a, pour Ould Abdel Aziz, quelque chose sur lequel il peut construire un système qu’il a jusqu’à présent éviter d’asseoir.
Entre ceux qui ont juré par Allah que «Ould Abdel Aziz était dans l’incapacité de diriger» et ceux qui ont défendu les pires thèses sur la personne, on retiendra que des hommes politiques, des intellectuels qui se croient de haut niveau, ont fait des viscères d’un homme et du drame d’un pays, un sujet de conversation tout au long de ces longues semaines. Comme s’il n’y avait plus d’humanité en eux…
On retiendra pour nous autres, tous ces développements qui prétendent à la science autour des intestins, du foie, des blessures à l’abdomen, des montages photos, des récits bien cousus… comme si la seule expertise que nous avions à développer est celle de la confection du faux. Rappelez-vous tout ce qui a été «prouvé» grâce à l’éveil technique (et technologique) de nos journalistes, toutes ces photos dont on avait démonté le faux. Rappelez-vous ces récits dont l’objectif était de dénigrer l’institution en travaillant les circonstances de l’accident. Rappelez-vous ces intellectuels, pseudos penseurs, quand ils se lançaient dans des démonstrations à partir de faits virtuels…
Rappelez-vous et dites-vous que notre élite est à un niveau de réflexion, à un niveau de «moralité», à un niveau d’engagement… désespérants.» 

samedi 12 octobre 2013

Kinross révise ses ambitions

Kinross fut une véritable manne les années 2009-10-11. Le cours augmentait continuellement et les valeurs de la société montaient avec. L’usine s’agrandissait et la société recrutait à tour de bras. On nous promettait alors «la plus grande exploitation d’Afrique».
Aujourd’hui tout semble remis en cause. Dans un communiqué publié par le service de communication de Kinross, la société annonce la suppression de quelques trois cents postes entre son siège à Las Palmas et ses installations en Mauritanie. Arguant la chute du cours de l’or passé de 1675$ l’once en janvier dernier à 1300$ actuellement, la société révise ses ambitions.
«En conséquence directe de cette concentration accrue sur la réduction des capitaux et la préservation des liquidités, Kinross n’envisage pas de prendre une décision sur l’opportunité d’agrandir l’usine de Tasiast avant 2015 au plus tôt». Révision à la baisse de l’optimisme de l’année passée qui situait cet agrandissement pour début 2014. Aucune date n’est plus précise : «2015 au plus tôt» !
Le communiqué explique que «les sociétés minières ont entrepris des mesures afin de réduire leurs coûts et préserver les flux de trésorerie, y compris le report de projets d’exploitation minière, des compressions des effectifs et la fermeture de bureaux». Et comme pour rassurer les Mauritaniens, le communiqué nous apprend que «les coûts ont donc été réduits dans tous les secteurs d’exploitation de Kinross, y compris l’exploitation internationale et les dépenses en capital, avec des compressions des effectifs au siège social à Toronto, la fermeture d’un bureau à Vancouver et d’un bureau d’exploitation au Mexique, ainsi que d’importantes réductions du personnel expatrié à Tasiast». Les Mauritaniens ne doivent pas se plaindre parce que tout le monde est touché, ne pas se demander aussi si les coûts de réduction du personnel sont les mêmes partout. Est-ce qu’un ouvrier ou un administratif touche la même somme et bénéficie des mêmes traitements selon qu’il est au Canada, au Mexique ou en Mauritanie ?
Kinross rassure aussi en annonçant qu’après cette compression, «environ 3000 salariés et sous-traitants demeureront à Tasiast». En plus, «la société continuera de soutenir un grand éventail d’initiatives d’investissements communautaires, y compris le développement d’une nouvelle école minière». Est-ce suffisant ? Et si Kinross quittait demain pour une raison ou une autre, qu’est-ce qui resterait à la Mauritanie ? des routes ? des cités ? des usines de dessalement de l’eau ? des puits forés dans la zone ? des zones de développement ?
Le communiqué promet quand même : «la réduction des effectifs est toujours une décision difficile pour une entreprise, et Kinross soutiendra son personnel durant cette période de transition».

vendredi 11 octobre 2013

La voix du cœur l’emporte

C’est finalement la voix du cœur qui l’a emporté dans le dénouement de la crise qui a secoué l’Union des forces du progrès (UFP). La voix du cœur, c’est celle qui a privilégié le maintien de la ligne de la direction historique du mouvement devenu parti, celle que défendaient le Président Mohamed Ould Maouloud et ses proches compagnons. Dans le rapport que nous avons eu des discussions qui auront duré trois jours, pas de trace de Mohamed Ould Khlil, le vice-président, l’ancien Wali notamment de Nouakchott. Lui qui soutenait fermement le boycott ne semble pas avoir pris la parole pendant cette dernière réunion où ce sont les dirigeants qui ont développé leurs arguments. Deux thèses.
La première, la «participationniste», a été défendue par Moustapha Bedredine, secrétaire général du parti et actuel député du parti. L’option de la participation découle de la ligne originelle du parti. Elle se justifie amplement par la nécessité pour le parti de rester dans le jeu, de pouvoir offrir à ses cadres la possibilité de s’exprimer publiquement et de se donner quelques moyens pour mener à bien son action. La démocratie étant un combat perpétuel, elle ne peut souffrir l’absence du terrain de la contestation. Et de rappeler toutes les fois où le parti a eu à choisir de s’impliquer ou de se rapprocher de pouvoirs avec lesquels il n’avait rien à partager, rien que pour pousser vers plus d’ouverture, plus de progrès. Pour ce qui est de la question de la «trahison des compagnons de la COD», il ne faut pas s’en faire parce que tous ont trahi l’UFP et ses leaders à un moment donné : ces partis n’ont pas de leçon à donner en la matière d’autant plus qu’ils ne sont pas d’accord sur la décision de boycott.
La deuxième ligne était défendue par le Professeur Lô Gourmo Abdoul et le Président Mohamed Ould Maouloud. Elle s’articule autour de l’opportunité de la décision prise par le Comité permanent alors que le Président était mandaté pour diriger la délégation de la COD pour le dialogue et qu’il devait s’en tenir à la décision collégiale de cette même COD. Pour ce qui est de la situation qui a toujours prévalu, elle était dictée par les menaces qui pesaient sur les pouvoirs : le parti aurait rallié Ould Cheikh Abdallahi parce qu’il craignait un coup d’Etat ; il se serait rapproché de Ould Taya pour éviter les déchirements qui menaçaient le pays. Alors que le pouvoir actuel ne risque rien. Allant même jusqu’à reconnaitre que «quelque chose» a été fait dans les domaines de la liberté et des infrastructures. Ce qui donne au pouvoir de Ould Abdel Aziz un répit qui peut durer le temps nécessaire pour arriver aux présidentielles sans accrocs. L’objectif stratégique du parti ne doit pas être de renforcer le camp de ce pouvoir, mais de maintenir la pression sur lui pour lui arracher le maximum de concessions d’ici là. La meilleure façon de faire est de maintenir le climat de crise politique en boycottant les futures élections.
Un second développement va viser les «élus» du parti qui semblaient être les plus engagés pour la participation. Rappel de leur «indiscipline» qui les a poussés à continuer à venir au Parlement et à toucher leurs salaires de députés alors que le parti avait jugé «illégale» l’Assemblée présente. Rappel aussi de la nécessité de maintenir le cap de l’engagement qui fait que les plus anciens cadres du parti n’ont jamais été portés sur les avantages que pouvaient procurer telle ou telle situation.
Un troisième volet du développement concernera les rapports avec les autres composantes de la COD. Reconnaissant les trahisons dont l’UFP et ses leaders ont été victimes par le passé, le discours a opposé que rien moralement ne peut justifier de se comporter de la même façon. L’UFP n’a pas le droit de faire volte-face.
Un dernier volet a traité de la nécessité de maintenir l’unité du parti et son leadership. La direction ne doit pas éclater et le leader Mohamed Ould Maouloud ne doit pas être désavoué. Pour ce faire une commission est désignée pour faire une proposition qui sera soumise au vote. Composée de cinq membres dont son président Mohamedou Nagi, supposé neutre, elle rendra son verdict vers cinq heures du matin. Elle propose le boycott et le soumet au vote : «Par 31 voix, 6 contre et 3 abstentions, le BE du Parti réuni depuis le 8 octobre a réaffirmé dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 octobre, sa décision de ne participer qu’à des élections démocratiques, transparentes et consensuelles, ce qui n’est pas le cas pour celles dont l’agenda a été imposé unilatéralement par le régime. En conséquence, les listes déposées actuellement au nom du parti devront être retirées. L’UFP réitère la position commune de la COD et demande la réactivation du dialogue suspendu en vue de trouver une formule de compromis sur une gouvernance électorale transparente et juste.» (déclaration du Professeur Lô Gourmo Abdoul largement reprise sur le net).
C’est ainsi que les voix du cœur l’auront emporté sur celles de la Raison. Reste à savoir comment la décision de boycott va être appliquée, surtout si les mandataires des listes vont se plier ou non à l’exigence du parti et/ou s’ils vont aller se présenter ailleurs.

Jusque-là la discipline du parti a toujours été respectée par ses cadres et militants, mais on a vu comment ce différent a été étalé avec violence sur la voie publique. De quoi affirmer que quelque chose est en train de rompre dans la «superstructure» des camarades.

jeudi 10 octobre 2013

Participation «acceptable»

Selon un communiqué rendu public par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), 1.132 listes candidates aux municipales ont déposé leurs dossiers avant expiration des délais (4 octobre à minuit). 59 partis politiques et 4 coalitions de partis sont en course pour le scrutin dont le premier tour se déroulera le 23 novembre prochain.
Seul l’Union pour la République (UPR) a déposé dans les 218 communes du pays. Suivi par le parti islamiste Tawaçoul qui a déposé pour 151 communes, l’Alliance populaire progressiste (APP) avec 149, El Wiam avec101 listes, le Sursaut (le parti des jeunes dont la présidente est la ministre de la culture) avec 96 listes, l’Union pour la démocratie et le progrès (UDP) est dans la course avec 62 listes, arrive Sawab avec 39 listes, El Vadila avec 34 listes, Ravah avec 25 listes, l’Union des forces du progrès (UFP qui pourrait se retirer) avec 24 listes, le Renouveau démocratique (RD) avec 22 listes, le Parti républicain pour la démocratie et le renouveau (PRDR) avec 21 listes, le Parti de l’unité et du développement (PUD) avec 21 listes, l’Alliance pour la justice et la démocratie (AJD/MR) avec 19 listes, Karama avec 16 listes, le Front populaire avec 11 listes, Ribat avec 10 listes, Içlah avec 9 listes, Congrès avec 8 listes, le PDA avec 8 listes, le PEJD avec 7 listes, le PDP avec 7 listes, le RDS avec 7 listes, Choura avec 6 listes, l’UCD avec 5 listes, le RU avec 4 listes, l’ADM avec 3, Inma avec 3 listes, UCM avec 3 listes, Unité et développement avec 3 listes, ADEMA avec 2 listes, ADR avec 2 listes, Construction mauritanienne avec 2 listes, Construction nationale avec 2 listes, PUJD avec 2 listes, Coalition pour la Mauritanie avec 1 liste, Concertation démocratique avec 1 liste, Al Moustaqbal (pourtant membre de la COD) avec 1 liste, GAD avec 1 liste, MC avec 1 liste, MDD avec 1 liste, PCDEV avec 1 liste, PCPR avec 1 liste, PDD avec 1 liste, PEM avec 1 liste, PMDP avec 1 liste, PMJD avec 1 liste, PPD avec 1 liste, PRJN avec 1 liste, PTE avec 1 liste, PTG avec 1 liste, PUCM avec 1 liste, RDU (pourtant membre de la COD) avec 1 liste, Tejdid avec 1 liste, UDD avec 1 liste, UFS avec 1 liste, UNDD avec 1 liste et Wefa avec 1 liste.
Pour les coalitions, il faut compter avec : APP-Tawaçoul avec 1 liste en Assaba, El Wiam-UFP avec 1 listeau Gorgol, El Wiam-Sawab avec 1 liste au Trarza, El Wiam-APP avec 1 liste au Trarza, APP-UFP avec 1 liste au Brakna et Ribat-PTG avec 2 listes à Nouakchott.
Nous remarquons que la première région en nombre de candidatures est naturellement Nouakchott avec 173 listes en concurrence, suivent le Gorgol avec 147 listes, le Hodh Echergui avec 125 listes, le Hodh el Gharby avec 114, le Brakna 108, le Trarza 105, le Guidimakha avec 103, l’Assaba 100, l’Adrar 51, le Tagant 41, Nouadhibou 34, Tiris Zemmour 17 et Inchiri 14 listes. La moyenne est de 5 listes environ par commune sur l’ensemble des dépôts.

Si l’UFP décide de boycotter, il faudra retirer ses listes sauf si leurs mandataires refusent ou si la décision tombe en dehors des délais.

mercredi 9 octobre 2013

Nominations à l’Armée

Un décret nommant un nouveau chef d’Etat Major des Armées en la personne du Général de Brigade Hanenna Ould Sidi qui est remplacé au poste d’Inspecteur Général des Forces armées et de sécurité par le Général de Brigade Mohamed Znagui Ould Sid’Ahmed Ely. La restructuration décidée en avril dernier est concrétisée à l’occasion de ce décret. C’est ainsi que le Général de Brigade Mohamed Cheikh Ould Mohamed Lemine (Brour) est nommé à la tête de l’Armée de terre, l’Amiral Isselkou Cheikh El Weli à la tête de la Marine nationale et le colonel Mohamed Mohamed Salem Lehreytani à la tête de l’Armée de l’air. Tous font partie de l’élite de cette Armée qui a connu des moments difficiles par le passé.
Dans un posting daté du 3 avril 2013, j’écrivais ici :
«Le décret créant deux nouveaux Etats Majors, celui de la Marine et celui de l’Air, a été signé. Il transforme ces deux directions en structures d’Etat Major. Du coup le Général de Division Mohamed Ould Cheikh Ahmed Ould Ghazwani devient le Chef d’Etat Major des Armées de Mauritanie. C’est donc à l’ancien Etat Major de l’Armée et à ses structures qu’échoit la direction centrale de toutes les Armées. C’est un peu si la Mauritanie avait désormais une Armée de terre, une Armée de l’Air et une Armée de «mer» (Marine). Le commandement des opérations sera toujours entre les mains de l’Etat Major des Armées. Alors que l’administration et la gestion quotidienne seront décentralisées au profit des nouvelles structures.
La création de ces Etats Majors intervient au moment où le tableau d’avancement fait état de la promotion de plusieurs colonels au rang de généraux. Au total sept nouveaux promus, à ajouter aux dix anciens. Ce qui répond à une demande légitime des officiers d’une Armée qui a quand même évolué de façon notable depuis quelques années.
Les effectifs ont certes doublé, mais c’est surtout la transformation de l’Armée, par une remise à niveau et par la mise à disposition de moyens nouveaux, qui impose de tels changements.
Reste que si les autorités ont pu faire évoluer rapidement cette Armée, elle reste à construire sur des bases privilégiant la compétence et le cursus. Il est vrai qu’un grand effort a été consenti pour palier aux injustices dans les avancements, les traitements et les affectations des officiers. Ces injustices qui ont été à la base de l’opération de sape entreprise deux décennies durant par un pouvoir qui avait visiblement comme option de détruire l’Armée qu’il percevait – il a peut-être raison – comme une menace pour son pouvoir. Il fallait donc la déstructurer, lui enlever tous ses moyens et l’affaiblir pour l’instrumentaliser dans les jeux politiques PRDSiens.
Quand vint le moment de défendre le pays, c’était une Armée exsangue qui n’avait pas les moyens de faire face à la menace terroriste. Au lendemain de l’attaque de Lemghayti, les autorités ont dû faire appel aux privés pour mobiliser un millier de soldats pour aller à la poursuite des assaillants. Voitures, équipements, logistique et même une partie de l’armement ont été «gracieusement offerts» par les groupes financiers qui, non contents d’avoir déjà assujetti le politique et l’administratif, ont, pour l’occasion, cru pouvoir contrôler l’Armée.
Les coups d’Etat de 2005 et 2008, devaient permettre de reprendre les choses en main. L’Armée a été dotée de moyens à même de lui permettre d’assurer la réalisation de ses missions. Elle est même devenue l’une des meilleures armées de la région.»

Toutes les occasions sont bonnes pour rappeler d’où vient cette armée qui a subi, des années durant, cette opération de sape qui a réduit à néant toutes ses capacités. Une Armée qui s’est relevée depuis pour se reconstruire et pour donner l’image d’un pays, non pas «incapable de se défendre par lui-même», mais «indispensable dans la stabilisation et la sécurisation de la région». Un «pôle de stabilité», en somme dans une région qui bout.

mardi 8 octobre 2013

Grande victoire du Petit Poucet

C’est aujourd’hui que la Mauritanie a gagné la bataille engagée autour de l’Accord de pêche avec l’Union européenne. Bataille engagée depuis juillet 2012, date de la conclusion des accords entre les négociateurs des deux parties.
Grand jour. Parce que c’est la première fois de l’histoire récente du pays qu’un accord, quel qu’il soit, est l’objet de négociations sérieuses et déterminées dont l’objectif est d’en faire profiter le pays. En effet, tous les accords précédents ont été signés rapidement, sans confrontation et dans une atmosphère quelque peu suspicieuse quant à l’engagement du négociateur mauritanien. On a même parlé de «corruption», sinon de «je-m’en-foutisme» des négociateurs mauritaniens. Pendant très longtemps, l’important est de rapporter un document signé, pas ce qu’il y a là-dedans.
Au terme de cet Accord – rappelons-le -, la compensation versée à la Mauritanie sera de 110 millions d’euros dont 70 supportés par la Commission et 40 par les armateurs. Les captures sont désormais débarquées dans les ports mauritaniens, ce qui, au-delà du contrôle du produit, donnera un plus d’emplois et permettra aux usines à terre de tourner en plein régime. 62% de personnels mauritaniens obligatoirement embarqués et bien d’autres avantages dont le moindre est une (re)limitation des zones de pêche visant à limiter les dégâts causés par la flotte européenne. Mais le plus grand «acquis» du nouvel accord est sans doute la fermeture du secteur des céphalopodes devant les étrangers. Ce produit est désormais réservé aux seuls nationaux. Quand on sait que la pêche artisanale emploie 30.000 personnes environ sur les 36.000 que compte le secteur, quand on prend en considération la menace qui pèse sur cette ressource jusque-là surexploitée, on comprend alors la portée d’une telle décision. Et c’est principalement ce volet de «nationalisation» de la ressource qui a provoqué l’ire des Espagnols.
Dans le bras de fer qu’ils engageront, les Espagnols réussiront à embarquer avec eux les Portugais, les Hollandais, les Lituaniens… Pas pour longtemps. Les arguments développés par le négociateur mauritanien et la mobilisation de certains des acteurs (les artisanaux) vont permettre de «casser» l’alliance contre l’Accord. La partie européenne reconnait désormais que «le protocole servira mieux les besoins alimentaires des populations locales, notamment parce que la flotte européenne devra redistribuer une partie de sa pêche. Il prévoit également davantage d’offres d’emplois pour les marins mauritaniens.»
Sur son blog, le député européen Alain Cadec qui se trouve être le vice-président de la commission de la pêche du Parlement européen, explique : «J’ai voté en faveur de ce protocole que je considère comme juste et satisfaisant. La contrepartie financière payée à la Mauritanie a augmenté afin de permettre le développement du secteur mauritanien de la pêche. Les quotas de thon, crevettes et merlu noir sont satisfaisants pour la flotte européenne. Enfin, les conditions techniques de l’accord négociées pour les armateurs européens sur place sont elles aussi meilleures que celles du protocole précédent (…) Le rejet de cet accord aurait été un mauvais signal donné à la Mauritanie et aurait entraîné l’arrêt des activités de pêche pendant au moins trois ans. Je me félicite du vote du Parlement qui a largement adopté cet accord». Tandis que le rapporteur Gabriel Mato Adrover, le député espagnol qui avait tout fait pour bloquer l’Accord préfère porter son regard sur l’avenir : «Nous devons désormais nous préparer au renouvellement de cet accord, qui devrait expirer fin 2014, afin de garantir que le prochain protocole améliore les conditions actuelles et que les négociateurs de la Commission européenne veillent à ce qu’il inclue le secteur dans son ensemble». L’ambiance sera chaude quand s’ouvriront les discussions en 2014…
En attendant comprenons que le processus a réussi parce que, les négociateurs, s’appuyant sur une volonté politique déterminée, ont cherché à défendre réellement les intérêts du pays. Les interférences «politiques» et «diplomatiques» n’ont pas fait plier les autorités mauritaniennes qui ont confié le traitement de la question à des techniciens qui avaient la compétence nécessaire et qui étaient à l’abri des tentations.

La conclusion de l’Accord nous enseigne que ce n’est pas parce qu’un pays est faible qu’il ne doit pas défendre ses droits et croire à la victoire. Comme elle nous enseigne qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des accords avec nos partenaires s’ils ne profitent pas à tous. Leçon destinée à nos négociateurs qui sont toujours prompts à signer tout pourvu qu’on puisse faire une dépêche sur telle ou telle convention.

lundi 7 octobre 2013

Chronique d’un déchirement inévitable

Il y a quelques semaines, l’Union des forces progressistes (UFP) réagissait à l’annonce par la CENI de la date du 12 octobre comme date du scrutin : elle décidait de boycotter si les conditions consensuelles ne sont pas fixées pour garantir la régularité optimale des élections. Il (le parti) suivait en cela la décision de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), dont il fait partie.
Entretemps, le report des élections a été décidé et un dialogue a été ouvert entre la Majorité et la COD. C’est d’ailleurs le Président de l’UFP, Mohamed Ould Maouloud qui a dirigé la délégation de la COD à ce dialogue.
Alors qu’il était plongé dans ces pourparlers qui semblaient s’enliser, le Comité Permanent de son parti tenait une réunion et décidait, à la majorité des présents, de participer aux élections. Cette réunion s’est tenue sous la présidence de Mohamed Ould Khlil, l’un des vice-présidents. Elle entérinait ainsi un processus de préparation aux élections lancé bien avant quand le parti avait demandé à ses structures de terrain – celles qui sont directement concernées par la préparation des candidatures – de se préparer à toutes éventualités. Certaines de ces structures avaient effectivement préparé les dossiers dans la perspective, inévitable pour elles, de la participation du parti qui a toujours fait de ce principe, celui de la participation, l’une de ses options stratégiques fondamentales. Devant la décision de report et l’ouverture d’un dialogue, il était plus qu’évident que le parti allait décider la participation.
Devant l’urgence, le Comité Permanent a donc décidé de participer malgré les protestations de Mohamed Ould Khlil qui dira plus tard que le vote s’est déroulé alors qu’il était sorti prier (?). Lui, le chef de file des «boycottistes» a expliqué que le Comité Permanent n’est pas habilité à prendre la décision et n’a pas voulu entendre ceux pour lesquels, les derniers développements sur la question méritaient une nouvelle appréciation du parti et de ses structures dirigeantes. Cette appréciation devait mener à leurs yeux vers la participation qui permettrait au parti de rester dans le jeu, de consolider ses acquis en matière d’animation du jeu démocratique et de mobiliser ses bases autour de ses principes fondamentaux. Les «participationnaistes» réussissent à faire passer la décision de participer en mettant en minorité le président Mohamed Ould Maouloud revenu diriger la réunion du Comité Permanent entre deux rencontres de la COD. Au cours de cette réunion, Ould Maouloud sera obligé de parler le langage du cœur en prétextant «la honte» pour le parti de devoir «trahir la COD». Rien à faire.
Alors, dernier recours, le Bureau Exécutif, instance politique dirigeante du parti devra se prononcer dans les 24 heures qui viennent après le report de la réunion qui devait se tenir dimanche. C’est finalement ce mardi que la réunion doit décider d’entériner ou non le dépôt des listes. Ce report de la réunion doit donner du temps pour que les pressions s’exercent afin de trouver une solution n’exigeant pas un vote qui sera certainement en faveur de la participation.
Quoi qu’il en soit, le parti UFP traverse sa première grande crise. Une décision de boycott va nécessairement exclure le parti dans le moyen et long terme, en plus du fait qu’elle pourrait entrainer dans l’immédiat une indiscipline en son sein (refus des candidats de retirer les listes).  Les tergiversations seront plus coûteuses en termes de cohérence et de cohésion que toutes les attaques dont le parti pourrait faire l’objet le parti à la suite d’une décision de participation de la part de ses détracteurs à l’intérieur ou à l’extérieur de la COD.
Si par contre la décision est d’entériner la décision de participer, ce serait désormais une façon de désavouer le président et son choix. Auquel cas, Mohamed Ould Maouloud pourrait recourir à la menace de la démission.
Dans l’un ou l’autre des cas, l’UFP se trouve à un tournant de son histoire : ni le parti, ni son président ne s’en sortiront indemnes (politiquement). Parce que l’un ou l’autre devra être sacrifié, même temporairement : on peut imaginer une démission du président qui pourra être refusé ultérieurement (pendant ou après les élections). Le parti aura alors fait preuve de «démocratie» en mettant en minorité son chef qui en aura tiré les conclusions, quitte à récupérer plus tard ce chef emblématique et jusque-là indispensable.

N.B : Le texte de base du parti dit : «L’option stratégique de l’Union des Forces de Progrès pour l’accès au pouvoir est celle de la voie pacifique fondée sur une majorité démocratique du peuple.

de contribuer à l’instauration d’une démocratie apaisée, à travers un processus de changements positifs graduels alliant les luttes, le dialogue et les réformes consensuelles ; 
- d’exploiter tous les espaces de liberté et d’expression démocratique, et de faire des circonscriptions gagnées, par le biais des compétitions électorales, des champs d’expérimentation et de diffusion d’un type nouveau de gestion de la chose publique et de relations avec les citoyens ; 
- de rallier à sa politique les forces et les couches sociales les plus larges possible (hommes d’affaires soucieux de l’intérêt national, intellectuels démocrates, personnalités patriotes) afin de renforcer le camp des forces de changement et d’accélérer l’avènement d »une alternance viable. L’union des forces de progrès est une organisation patriotique démocratique et progressiste
»