dimanche 4 août 2013

Il était une fois le 6 août (5)

La Tribune N°410 du 28 juillet 2008 :

«L’un des échecs de la transition aura été l’incapacité à normaliser le jeu politique, à le rendre plus lisible et plus cohérent. Nous en sommes sortis encore plus émiettés, plus inquiets et plus sectaires. Le rêve de changement qui aurait dû être le ciment de l’unité, a été perturbé par la volonté de statu quo. Le retour des déportés et le règlement des passifs humanitaires (récent et ancien), ont été noyés dans l’approche politicienne. La normalisation des rapports entre le pouvoir et l’opposition a échoué (…).
Plus le temps avance, plus l’espace de manœuvre se rétrécit devant le Président de la République. Plus la marge de manœuvre diminue, plus les solutions deviennent plus douloureuses et plus chères. Avant son discours de fin juin, toutes les portes étaient ouvertes : laisser la bataille se dérouler entre les députés et le chef de leur parti devenu Premier ministre ; faire plier les députés par une action en profondeur ; appeler tous les acteurs politiques à prendre leurs responsabilités ; se placer dans la position de la légitimité menacée… Avec le discours, le Président est devenu la première menace pour les institutions démocratiques. Après le discours, des actes forts étaient attendus parce qu’on avait compris qu’il avait choisi la confrontation. Recul le lendemain. Démission du gouvernement. Même à ce stade beaucoup de choses étaient possibles : nommer l’une des grosses pointures du gouvernement au Cabinet, balayer l’entourage et faire appel à un Premier ministre de consensus. Non ! le Président choisira la rebelote : c’est à Yahya Ould Ahmed Waghf qui n’a pas su préserver l’unité du parti, ni défendre ses choix, ni jouer l’interface avec les différents pans du pouvoir, c’est à lui que revient la mission de composer un gouvernement.
En voulant préserver un minimum, le Président a mis en danger son mandat. Il a montré une absence totale de détermination tout en se livrant à un exercice tactique de ‘courte échelle’. Plus grave pour lui, il a dû monter au créneau en l’absence d’avocats de la défense. Il est désormais dans l’arène. Il joue à se faire mal en nommant ici les ennemis des frondeurs, là ses amis les plus décriés. Il provoque sans en évaluer les conséquences.
Jusque-là il a joué son pouvoir et son autorité. Tout indique qu’il les a perdus, sinon qu’il est en train de les perdre. Il ne faut pas qu’on en arrive au point où le Président n’aura plus à jouer que l’existence du pays. C’est quand on n’a pas compris que la Mauritanie a besoin de paix et d’écoute qu’on perd le pouvoir. (…)»

samedi 3 août 2013

Il était une fois le 6 août (4)

La Tribune N°409 du 14 juillet 2008 :
«Nous sommes sortis de l’époque militaire sans avoir apporté de correctifs profonds à la situation. Même sur le plan mental, nous sommes restés campés dans les donnes du passé. Le système - il faut un moment éviter de dire «le système de Ould Taya» - est resté aux commandes. Ne serait-ce que dans les têtes de notre élite. Nous en avons oublié que quelque chose de salvateur s’est passé.
Pour la deuxième fois de notre courte histoire, notre élite est en porte-à-faux avec notre société. La première, c’était au moment de l’indépendance quand elle a voulu imposer l’Etat moderne. A l’époque, la Mauritanie avait encore des hommes et des femmes pleins de ressources (morales, intellectuelles, physiques…). Ce qui avait aidé. Aujourd’hui, ceux que nous voyons envahir la scène sont plutôt avachis par la fausse opulence, la corruption des mœurs, la culture de la médiocrité…

D’abord positiver. Nous sommes dans une situation inédite. Des députés - désormais une majorité des élus du plus grand parti de la majorité - se sont rebellé contre un gouvernement dirigé par le président de leur parti. Qui mieux qu’eux, peut juger des prédispositions de cet homme et donc de son aptitude à choisir et à diriger un gouvernement ? Qui est mieux placé pour juger de l’opportunité de ce choix ?

On aurait dû en rester là. Le Président de la République s’en mêla et le conflit fut porté sur la voie publique. Après moult tractations, on crût arriver à un compromis avec l’élection d’un bureau de l’Assemblée nationale et la ferme promesse d’une redistribution des cartes.
C’est au président du parti Adil qui a fourni la majorité de la rébellion, à lui qui n’a pas su anticiper ni juguler la crise, à celui-là que fut confiée la mission de refaire l’unité et de soigner les plaies. Dès le montage du bureau de l’Assemblée, on devait comprendre que la retrouvaille avait un goût d’abdication. Indécis et «loyalistes» sont écartés. Blocages. On bute sur le choix des personnes. On en oublie l’essentiel : comment faire gagner la démocratie de cette crise ?
Au lieu de soutenir un camp contre l’autre, au lieu de sombrer sous le flot des rumeurs, au lieu de s’enfermer dans les logiques d’affrontements stériles, les politiques auraient mieux fait d’avancer sur le front du renforcement des institutions démocratiques. Trois lignes :

- Consolider le rôle du Parlement et principalement de l’Assemblée nationale par l’adoption de textes instituant un régime plus parlementaire, moins présidentiel. Nous savons désormais qu’un député peut bloquer l’exécutif. Penser à moyen terme à une profonde réforme du système institutionnel menant à la suppression du Sénat et à l’élargissement de l’Assemblée nationale (meilleure représentation du peuple).
- Encourager la naissance de nouveaux partis nés forcément de l’éclatement des partis existant - majorité et opposition. «Forces du Changement», «députés de la motion» et d’autres factions peuvent chacune créer sa propre formation. Le pouvoir traîne les avatars de la création du pacte national pour le développement et la démocratie (PNDD-Adil). Il refuse de tirer les conclusions de l’échec politique de l’entreprise et s’en prend à tous ceux qui élèvent la voix pour en parler. Imaginons un moment, plusieurs partis de la majorité, le jeu sera plus transparent et plus sain. Refonder pour l’occasion la loi sur les partis pour exiger d’eux une plus grande représentativité sur le terrain (les reconnaître en fonction du poids électoral).
- Ouvrir les médias publics au débat sur toutes ces questions. Il est à remarquer que pour suivre l’actualité en Mauritanie, le citoyen est obligé de se reporter sur la chaîne Al Jazeera dans son édition sur le Maghreb. Aucune allusion, aucune information, aucun débat. Comme au bon vieux temps de la dictature, silence total. Comme si ce que vivait le pays ne concernait en rien le public. L’ouverture de ces médias participera justement à «alléger» la crise. Peut-être à la dépasser. Si jamais il y a volonté de la dépasser.» (409)

vendredi 2 août 2013

Il était une fois le 6 août (3)

La Tribune N°408 du 07 juillet 2008 :
«Les vrais auteurs de cette orchestration – celle de 2005, NDLR - n’ont appartenu ni au CMRN, ni au CMSN. Les colonels Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Ghazwani appartiennent à une génération d’officiers qui sont venus à l’Armée pour le métier. Non pour le pouvoir. S’ils sont aux affaires, c’est bien pour sauver une situation qui a failli les entraîner eux-mêmes. 19 mois pour relancer l’espoir d’un ordre nouveau. Malgré les interférences du Conseil militaire.
Aujourd’hui le débat porte sur le rôle des uns et des autres dans l’exercice du pouvoir. Comme si les jeux n’étaient pas faits à l’avance.
Le malheur pour nous, c’est qu’on découvre l’ampleur de l’incompétence politique de l’Appareil qui nous dirige. Sinon comment comprendre la mésentente entre le Président et ses différents partenaires ? Comment comprendre le pourrissement d’une situation dont les faiblesses sont claires ? Comment comprendre d’abord l’absence de réaction du chef du gouvernement, chef du parti Adil, ensuite l’entrée en scène fracassante du Président, son recul et enfin sa tentative de relance ?
Les questions sont nombreuses. Les réponses sont inquiétantes. Les parades sont dangereuses.
En attendant, nous pouvons positiver et nous dire qu’il y a quelque chose de changé en Mauritanie. Les militaires n’interviennent pas directement. La démarche entreprise semble se conformer à la légalité. Ce sont les députés et les sénateurs qui font front. Au nom de leur légitimité. Quelqu’un me disait qu’il est heureux de voir se développer «la logique des urnes», plutôt que «la logique des armes». Je pensais aussi qu’il fallait se féliciter d’entendre enfin plus parler de motion de censure que de motions de soutien.

La logique de la confrontation nous mène droit au blocage. L’essentiel c’est de ne pas reprendre la phrase de 1978, mais d’arriver à une solution politique et légale. «Les élus du peuple vous retirent leur confiance…», c’est ce que les frondeurs préparent visiblement. Vont-ils aller jusqu’au bout ? Nous verrons.» (408)

jeudi 1 août 2013

Il était une fois le 6 août (2)

Le péché originel de la classe politique est de ne pas avoir cherché à imposer un calendrier et une vision aux militaires qui ont pris le pouvoir le 3 août 2005. Ils leur ont signé un chèque en blanc dans l’espoir, pour chacun d’eux, de les voir le soutenir aux futures élections.
Le péché originel des vrais auteurs du coup du 3 août c’est d’avoir hésité et de ne pas avoir opté pour une rupture violente. Ce qui avait été construit l’a donc été sur la base de confusions et de malentendus qui ressemblent plus à de la manipulation. Le jeu de la manipulation demande une expertise et des moyens. Seuls les plus anciens des officiers du CMJD, les ténors des groupuscules politiques qui s’y sont habitués depuis le temps, les caciques des régimes antérieurs…, seuls ceux-là étaient prédisposés à déployer leur sens de la manœuvre «politicienne».
Nous n’allons pas revenir ici sur les causes profondes de la déchirure que va connaitre le pouvoir du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi ni les fautes commises ici et là par les politiques qui ont été incapables d’évaluer le rapport de force et d’éviter d’avoir à payer le prix des erreurs d’appréciation. Je me contenterai de vous proposer quelques passages de La Tribune de l’époque. Ces passages ont le mérite de nous rappeler que tout était prévisible. Et nous savons que ce qui était prévisible est évitable. Mais qui voulait que le processus prenne un autre cours ?
Ni les nouveaux soutiens du Président Ould Cheikh Abdallahi qui avaient hâte de faire main basse sur le pays, certains pour restaurer l’ancien jeu de rôles, d’autres pour se frayer une place voire avoir une place pour toujours à l’ombre du pouvoir.
Ni les anciens soutiens (dont les militaires) du Président Ould Cheikh Abdallahi décidés à lui faire payer sa «désinvolture» associée à une trahison.
Encore moins l’Institution de l’Opposition Démocratique dirigée par le Chef de file de l’Opposition obnubilé par la perspective d’une reprise du processus électoral et prêt à jouer toutes ses cartes pour déstabiliser celui qui lui a «volé sa victoire».
C’est donc une chronique de la fin (annoncée à l’avance) d’un pouvoir que je vous propose.
Du numéro 406 en date du 30 juin 2008 et dont le titre principal était «La guerre des clans peut causer un coup d’Etat…légal», au numéro 407 du 7 juillet 2008 avec titre principal : «Après les motions de soutien, les motions de censure ; l’escalade, la destitution du Président de la République est envisagée», au numéro 408 du 14 juillet 2008 qui avait pour manchette principale «les vacances» du pouvoir après le départ du Président en France, au numéro 409 du 21 juillet 2008 qui titrait au lendemain de la composition du nouveau gouvernement de Ould Ahmed Waghf «De quoi la montagne a-t-elle accouché ?», au numéro 410 du 28 juillet qui titrait sur un Sidi Ould Cheikh Abdallahi pensif «Un homme seul : le Président qui rassure va-t-il finir par inquiéter ?», enfin au dernier de la série numéro 411 du 4 août où on titrait : «La guerre des tranchées, en attendant l’assaut final» et l’on commémorait le 3 août en disant que «les vacances d’août sont toujours risquées»… Nous suivons ainsi ce qui pourrait être la chronique d’une fin de règne… à partir du posting prochain.

mercredi 31 juillet 2013

Il était une fois le 6 août (1)

Il y a un an, je vous proposais ici même une série avec pour titre : «Il était une fois le 3 août». C’était dans le souci de rappeler des moments-clés de notre Histoire pour comprendre pourquoi et comment ce qui devait être une «révolution» n’a finalement été qu’une série de soubresauts produisant cependant d’importantes évolutions sur le plan politique, sur celui de la liberté d’expression et, de façon générale sur la manière d’exercer le pouvoir et de gérer les affaires.
Ces avancées qui sont réelles – les dénégations publiques des détracteurs du régime en sont d’ailleurs la preuve – n’ont pas produit tous les effets qu’on pouvait en attendre. Particulièrement la nette rupture avec le passé et ses hommes. Parce que les auteurs – les vrais auteurs – du coup d’Etat du 3 août 2005 ont hésité et ont cru qu’une «douce évolution» était réalisable avec le matériau opérant sur la scène politique mauritanienne. Les auteurs du changement du 3 août n’ont pas bénéficié de l’état de grâce nécessaire à toute entreprise de changement. Ils ont immédiatement été «ceinturés», encerclés, «pressés» par les contingences liées à l’exercice du pouvoir et aux enjeux nés de la volonté d’ouvrir une nouvelle page pour la Mauritanie. Le pire ennemi du changement qu’ils prônaient (voir les postings de l’année passée) venait de l’intérieur de la junte dont ils avaient coopté les membres. Les plus anciens des officiers n’entendaient pas se départir aussi allègrement du pouvoir et le laisser tomber entre les mains de politiques qu’ils ont contribué eux-mêmes à diaboliser. Pour les lus anciens des officiers du Comité militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD), le souci principal était de barrer la route à Ahmed Ould Daddah, celui qui semblait avoir «la légitimité naturelle» d’accéder au pouvoir. C’est ainsi qu’est né le projet Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui fut d’abord une proposition des «anciens» et de leurs soutiens politiques appartenant déjà à la machine mise en branle par le système Ould Taya pour diaboliser et décrédibiliser celui qui s’opposait «sans raison» (sic) à lui.
Parenthèse explicative : Pour le Président Ould Taya, si Messaoud Ould Boulkheir s’opposait à lui, c’est parce qu’il l’a débarqué du gouvernement l’accusant de mauvaise gestion ; si ceux du Mouvement national démocratique (MND) s’opposaient à lui, c’est parce qu’il a refusé de les associer au pouvoir ; si les Islamistes ont finalement gagné les rangs de son opposition, c’est parce qu’il a fermé la manne du Golf ; si certains nationalistes s’opposaient, c’est parce qu’il avait ouvert la diplomatie à Israël ; si les négro-africains ne voulaient pas de lui, c’est qu’il a cherché à les neutraliser et à les expulser de Mauritanie… a chacun de ses opposants, il trouvait une raison sauf à Ould Daddah qu’il avait plusieurs fois démarché pour l’amener à s’impliquer dans la gestion publique et qui a toujours décliné. Ce ne peut, à ses yeux, être que de la haine. Et il le lui rendait bien ! Contre lui sera déployée la machine de dénigrement et de diabolisation. Ministres de l’intérieur, corps de sécurité, renseignements, hommes d’affaires, journalistes, hommes politiques, réseaux maffieux… (fin de la parenthèse)
Pas la peine de s’étaler sur le processus de cooptation de Ould Cheikh Abdallahi, ni sur son élection et les conditions dans lesquelles elle s’est faite, encore moins sur les soutiens dont elle a pu bénéficier. Il suffit simplement de rappeler que son élément moteur, son inspiration principale était de barrer la route à Ould Daddah. Ce qui fut fait. 

mardi 30 juillet 2013

Enfin un soutien

Il y a un an, la Mauritanie signait avec l’Union Européenne un nouvel accord de pêche. Le négociateur mauritanien obtenait du partenaire UE plusieurs avantages se rapportant à la compensation financière qui connaissait une nette amélioration, au système d’exploitation qui faisait payer désormais la tonne pêchée, au produit pêché qui excluait les céphalopodes réservés désormais aux seuls exploitants nationaux, à l’emploi qui devenait réel avec une nette augmentation des traitements et des embarqués, au contrôle du produit pêché, à la zone de pêche qui fut réduite pour préserver la ressource mauritanienne…
Pour la première fois de l’histoire de tous les accords de pêche entre notre pays et l’UE, ce qui «dérangeait ceux qui l’étaient» n’était pas le soupçon de corruption du négociateur, ni son incapacité à défendre l’intérêt du pays, mais bien sa réussite à arracher le maximum pour le pays.
La colère la plus manifestée fut celle des opérateurs espagnols qui se sentaient lésés par la «nationalisation» de la ressource céphalopodière par la Mauritanie qui entamait ainsi une politique visant à sauver ce qui peut l’être de la ressource, à développer ses capacités en matière de pêche artisanale et à faire le plein emploi national dans le secteur. En somme une vision d’une exploitation prenant en compte les impératifs écologiques et les exigences nationales.
Dans la «bataille diplomatique» qu’engagea l’Espagne – armateurs, élus et même Exécutif – contre l’Accord, le négociateur mauritanien était bien esseulé. Tout semblait le condamner à repasser sous les fourches caudines du Goliath auropéen.
Contre lui se liguaient des faisceaux d’intérêt, y compris de l’intérieur du pays (fonctionnaires du ministère, consignataires, suppôts dévoyés…). Mais l’opposition espagnole était la plus déterminante dans le processus de remise en cause de l’Accord. Partis politiques mauritaniens, ONG, journalistes, intellectuels… préférèrent se tenir à l’écart des joutes et des engagements. Si l’on excepte quelques articles «indépendants» soutenant la position mauritanienne, la plupart des opinions exprimées étaient plutôt destinées à biaiser le processus de ratification par le Parlement européen.
C’est cette semaine que les opérateurs artisanaux mauritaniens ont bougé pour se féliciter d’abord des avancées faites et pour exiger le maintien de la mauritanisation de la pêche céphalopodière. Une journée puis un communiqué de la section artisanale et côtière de la Fédération nationale des pêches.
Le communiqué publié le 26 août affirme : «Aujourd’hui, nous sommes 36.000 pêcheurs artisans et nous utilisons 7.500 embarcations artisanales. Pour ce qui est de la pêche de poulpe, nous assurons 60% de la production nationale en quantité et 70% en valeur. Nous fournissons 90% de l’emploi dans le secteur, avec des gens qui travaillent dans 50 usines de traitement de congélation des produits, dans 12 ateliers de fabrication de pirogues, et dans des centaines de magasins de vente de matériel, des milliers de mareyeurs, de transporteurs, de fabricants de pots, etc. Dans la pêche artisanale, la valeur ajoutée est de 8 fois supérieure à la valeur ajoutée dans la pêche industrielle».
Avant de mettre en exergue quelques mesures visant à imposer une exploitation «convenable» parce que prenant en compte la nécessité de préserver la ressource : 4 mois d’arrêt biologique par an, la limitation à plus de 500 grammes du poulpe traité, la pêche au pot qui permet une meilleure maitrise des captures…
Pour les auteurs du communiqué, «repousser les chalutiers plus au large va contribuer à protéger les fonds marins, diminuer les accidents avec les pirogues artisanales, diminuer la compétition avec nos pirogues et aussi diminuer les CAPTURES ACCESSOIRES». Et c’est ce que prévoit l’Accord avec l’Union européenne.
En raison de l’importance de la décision de réserver les céphalopodes aux seuls artisans mauritaniens, les opérateurs exigent «que cette décision soit immortalisée par son inscription dans le Code des Pêches pour lui garantir la transcendance aux futurs accords».
En choisissant la date du 26 juillet, la FNP entend célébrer l’Accord signé le même jour en 2012. Il faut rappeler qu’après avoir embarqué avec eux d’autres pays dans la contestation des termes de l’Accord, les Espagnols sont bien seuls aujourd’hui à continuer à ruer dans les brancards : les Portugais, les Hollandais ont préféré exploiter leur quote-part.

L’Accord de pêche avec l’UE a permis aussi de réajuster la Convention avec les Chinois et de préparer de nouveaux accords de partenariat avec les Russes qui commencent à signer avec le pays. Et c’est tout bénef pour le pays.

lundi 29 juillet 2013

El Qassem, pour toujours

Increvable El Qassem Ould Bellali ! l’actuel député de Nouadhibou, ancien Maire de la ville, ambitionne encore d’y revenir. D’ailleurs il ne pense qu’à ça. Même s’il se dit prêt à briguer et le siège de Maire et celui de député, c’est le premier qui lui importe.
Hier, au cours d’une conférence de presse à la maison des jeunes de Nouadhibou, Ould Bellali a invité ses soutiens à s’inscrire en masse sur les listes électorales. Parce qu’il entend briguer des mandats au cours des échéances futures.
Passé Maire de la ville en 1996, El Qassem Ould Bellali a marqué sa municipalité qu’il a su moderniser et doter de nombreuses infrastructures dont une voirie moderne, un hôpital, des centres de santé, des écoles… Sa période a été aussi celle de la propreté de la ville et de l’organisation efficiente des services de la Mairie. D’où la popularité dont il a toujours joui auprès des populations locales. Même ses ennemis lui reconnaissent cette popularité.
En 1998, l’Appareil administratif et sécuritaire se ligue contre lui pour empêcher sa cooptation par le PRDS qui présente finalement Abdallahi Ould Minnih. Le système reproche à Ould Bellali son refus de «collaborer» en mettant les moyens de la Mairie au service des renseignements d’alors et des dignitaires. Il réussit à liguer contre lui l’ensemble des apparatchiks du régime : des ministres de l’intérieur, des Walis, du directeur général de la sûreté nationale, de l’Armée, du PRDS…
Atypique et très rebelle, il est mis à l’écart pour inconvenance avec le système d’alors. En 2006, au lendemain du coup d’Etat de 2005, il se présente et fait passer une bonne partie de sa liste au conseil municipal. Pas assez cependant pour se passer des conseillers de l’Opposition. Il appartenait alors au parti Renouveau démocratique (RD) de Moustapha Ould Abeiderrahmane qu’il avait réussit à remorquer pour en faire un député grâce à son score à Nouadhibou.
Ould Bellali est sûr de passer Maire de la ville. Surtout que les partis dont le sien avaient signé un accord de report automatique sur le premier d‘entre eux. Sévères joutes entre lui et les autres partis qui veulent marchander leur soutien et dont les représentants locaux ne sont pas forcément pour l’élection de Ould Bellali au poste. Déchirures et trahisons. C’est Fadel Ould Tmâne, un candidat APP finalement exclu du parti, qui prend la Mairie. Un coup difficile à digérer pour Ould Bellali qui se lance à nouveau pour la conquête de la Mairie de Nouadhibou.

Quoi qu’en disent ses détracteurs, il est l’homme politique le plus populaire de Nouadhibou. «Même dans sa traversée du désert, il continue de faire de la politique locale. Il fait du porte-à-porte et ne se coupe jamais de la masse, explique un observateur. Ce que vous prenez vous pour de la dépréciation quand il s’en prend avec véhémence aux différents acteurs, est perçu par la masse comme une preuve de courage et de franchise…» Certainement.