jeudi 23 juin 2011

Dépénalisation, oui mais…

C’est une vieille revendication des acteurs de la presse qui a été satisfaite au terme du conseil des ministres d’hier : la dépénalisation des infractions de presse. Cela veut dire que le journaliste ne courra plus le risque de la peine de l’emprisonnement pour certains faits comme l’offense, la diffamation…
C’est naturellement le ministre de la communication, Me Hamdi Ould Mahjoub, qui a expliqué les nouvelles dispositions. Il a indiqué que l’ordonnance N° 17-2006 qui a constitué un bond en avant dans l’exercice de la liberté d’expression, que cette ordonnance avait besoin d’être améliorée pour mieux l’adapter aux exigences nouvelles de liberté et de protection pour le journaliste. Quelques articles de cette loi ont été modifiés pour permettre l’annulation des peines d’emprisonnement prévues. Les articles 35, 36, 40 et 41 ont perdu leurs alinéas prévoyant cette peine. Offense à chef d’Etat, à diplomates ou à pays étrangers, la diffamation pour laquelle on courait la peine d’emprisonnement, c’est désormais l’amende qui est prévue pour sanctionner de tels délits.
Considérant le rôle évident de la presse dans le raffermissement de la démocratie dont elle reflète l’état de maturité, les pouvoirs publics, dit le ministre, "ont choisi de lever le cachet criminel des infractions journalistiques et de le remplacer par un mécanisme d'exemption du journaliste de la peine d'emprisonnement suite à la collecte et au traitement de l'information". Seules vont subsister les articles criminalisant l’incitation à la haine, promettant le racisme et le crime. Pour ces délits, la peine d’emprisonnement est naturellement maintenue.
En moins d’un an, la Mauritanie a pu lancer la loi organisant la presse électronique, celle instituant la libéralisation de l’audiovisuel, celle transformant les institutions publiques d’information (radio et télévision) en société anonyme pour leur permettre de devenir de véritables services publics… Des avancées notoires qui vaudront certainement à la Mauritanie de gagner des points dans le classement des pays par respect de la liberté d’expression.
«Après cinq années d’alternances parfois heurtées entre pouvoir militaire et pouvoir civil, le pays se stabilise peu à peu. Concernant la presse, la législation est la plus favorable de la sous-région». C’est le lancement du rapport sur la Mauritanie fait sur le site de Reporters sans frontières (www.rsf.fr) qui précise : 0 journalistes tués, 0 collaborateurs tués, 0 journalistes emprisonnés, 0 collaborateurs emprisonnés, 0 net-citoyens emprisonnés.
Un acquis qu’il faut savoir préserver. D’abord par une plus grande prise de conscience du rôle de la presse, le recadrage de nos préoccupations et l’engagement responsable au service des causes justes. Personne ne peut dénier au journaliste son droit à l’engagement. Mais aucun journaliste n’a le droit d’oublier son obligation à la responsabilité. Les insultes, le dénigrement, la fausse information, l’engagement vulgaire… ce n’est pas du journalisme. Et les organes et les personnes qui le pratiquent peuvent exister un moment, tromper un temps, mais restent condamnés à disparaitre.
La dépénalisation doit s’accompagner d’un renforcement de l’autorégulation, surtout en l’absence d’une HAPA efficiente. Mais aussi de la célérité au niveau de la justice pour le traitement des questions liées aux infractions de presse. Seuls les procès peuvent aider à ancrer les notions de liberté et de responsabilité et donner en même temps au citoyen la possibilité de défendre sa dignité et son honneur s’il se trouve bafoués au terme d’un article. Il ne faut pas croire que les signatures anonymes peuvent couvrir ou dégager la responsabilité. Non ! attention donc.

mercredi 22 juin 2011

Encore le bac

C’est le dernier jour du bac. Pour la série scientifique, la deuxième journée, au moins au centre des jeunes filles (II), il y a eu la fraude à ciel ouvert. J’apprends que c’est le cas un peu partout. Après la rigueur du premier jour, c’est le lâchage dès le deuxième jour. Mon enfant est découragée parce que l’épreuve de physiques était difficile. Mais dans la salle à côté, un candidat a pu recevoir les sujets traités à partir de l’extérieur. Corrigés qu’il a largement partagés avec ses copains de salle. A la sortie les candidats ne s’en cachent pas. Les téléphones ont marché à partir de la deuxième journée. Pour toute enquête, il suffit de demander aux opérateurs le traçage des communications de et vers les établissements. C’est facile à faire et cela mérite d’être fait pour prendre des mesures à l’avenir.
En ce dernier jour, les candidats D font mathématiques. Ceux du collège des filles II, furent surpris, à onze heures, quand le chef du jury a fait son entrée dans les salles pour annoncer que les feuilles destinées au brouillon ne peuvent servir pour compléter les réponses des élèves. Crises de nerfs multiples. Dès le premier jour, les encadreurs et surveillants avaient refusé de donner plus d’une double feuille aux candidats pour répondre aux questions. Naturellement, cela ne suffisait pas. Alors, dans toutes les salles, les surveillants ont proposé aux élèves d’utiliser les feuilles destinées initialement au brouillon. Tout en précisant de prendre soin d’écrire leurs noms et numéros dans les casiers réservés à cela. Et c’est seulement à la dernière heure, au dernier jour que le chef du jury, souverain ici, annonce que les copies destinées au brouillon ne seront pas corrigées. De quoi inquiéter et même rendre fou.
Le vieux professeur que je suis ne comprend pas. Je demande aux policiers à la porte de transmettre mon inquiétude au chef du jury. Il vient me voir et m’explique que cela ne me regarde pas et que d’ailleurs il l’avait dit «pour faire peur aux candidats» et qu’il sait que «les surveillants ont dit ça» mais qu’«ils n’avaient pas raison», et qu’il mentionnera le tout dans son rapport !!! Je plains celui qui aura à lire un rapport écrit par ce monsieur.

mardi 21 juin 2011

Solstice d’été

Ce jour est supposé le jour le plus long de l’année dans notre hémisphère. Tout simplement parce que le soleil est dans sa position la plus «proche» pour nous. Il est au niveau du Tropique du Cancer – ou presque pour ne pas blesser les sentiments des géographes orthodoxes.
C’est ce jour que choisit le Président Mohamed Ould Abdel Aziz pour aller à Rosso. Il avait besoin d’une longue journée pour faire tout ce qu’il a fait et revenir à Nouakchott. Après avoir distribué quelques 1340 ha aux 125 diplômés chômeurs visés par un programme de réinsertion qui allie offre d’emploi et augmentation de la production agricole, visité une exposition des opérateurs de la Chemama, contrôlé l’état d’avancement de la construction de la ville nouvelle de Rosso, le Président a eu le temps de parler longuement avec les agriculteurs et d’écouter leurs doléances.
Hier ville morte, abandonnée à son sort par les pouvoirs publics; hier ville-martyre pour ce que ses populations ont vécu de frustrations, de privations et d’arbitraires; hier ville décadente, perdant ses vocations premières à cause d’une gestion volontairement nihiliste, la ville de Rosso revient à elle-même, reprend espoir et se réconcilie avec le travail et la dignité.
Avec le projet de «nouvelle ville», la relance de l’activité agricole par l’intéressement des producteurs réels, la construction d’un réseau routier moderne et d’un réseau d’assainissement à l’intérieur de la ville, ainsi que la liaison très prochaine avec Boghé, Rosso redevient ce qu’elle a été : un carrefour d’échanges, une terre de labeur et de générosité. Mieux, elle aspire désormais à recouvrer son ambition première qui est celle d’être la porte dorée d’une Mauritanie réconciliée avec elle-même et avec ses voisins, d’une Mauritanie riche de sa diversité, fière de ses choix, d’une Mauritanie rassurée et forte de sa cohésion. C’est du moins ce qu’on espère pour la capitale du Trarza.

lundi 20 juin 2011

Le bac commence

C’est tout naturellement parce que j’ai un enfant qui fait le bac que je me retrouve à 7 heures du matin devant le lycée des filles II, derrière l’ancien collège des garçons où j’ai fait une partie de ma scolarité. L’ambiance est surchauffée. De quoi stresser un peu plus les candidats. Ici en majeure partie pour le bac D, série sciences naturelles. Les policiers arrivent. Le chef du jury est là. Mais les professeurs commencent à arriver seulement la demie. Certains n’entreront qu’après huit heures. On dirait qu’ils savaient qu’il y aurait un retard considérable pour le début des examens.
C’est un peu après huit heures (plus dix environ) que le chef du jury ordonne aux policiers de laisser passer les candidats. Le contrôle est strict. C’est bien parti. Les épreuves ne commenceront que vers neuf heures. De quoi inquiéter les candidats qui ont subi la pression de la fuite des sujets. Mais tout semble se dérouler normalement.
Les candidats découvrent que les sujets ventilés la veille n’ont rien à voir avec ce qu’ils ont devant les yeux. Ce qui ne les empêche pas de (re)tomber dans le piège du sujet objet de fuite.
Comme je l’ai dit, cela dénote d’une démarche visant à saper, à décrédibiliser ce qui reste de l’Etat. C’est pourquoi c’est grave. Et c’est pourquoi le silence des autorités concernées, ici le ministère de l’éducation, est criminel. Réagissez bon sang !!!
On me dira que le niveau est tel qu’il n’y a plus la force de réaction. Que le niveau moral est tel que : «maatla shi isha’ran ijloudhoum» (rien ne les irrite plus). Cela participe à la dépréciation de l’appareil déjà mal-en-point. 

dimanche 19 juin 2011

La fausse information

C’est en fin d’après-midi que le site www.cridem.org a produit un appel de quelqu’un, un parent d’élève dont le fils lui a rapporté une épreuve soi-disant du bac. L’épreuve est même téléchargeable. Le ministère a dû démentir quelques heures après.
En tant qu’enseignant – à l’origine – je sais que ce sont là des informations récurrentes depuis le scandale de 2000, quand le bac a été vendu par les intermédiaires du ministre de l’époque. Mais, depuis, les choses ont nettement évolué.
Parent d’élève moi-même, j’ai été soumis ces derniers temps à une pression énorme : chaque jour, des camarades de mon enfant viennent lui annoncer que telle ou telle papeterie vend les épreuves. Je lui explique que c’est un commerce porteur pour ces papeteries, mais que cela n’a aucun fondement : les épreuves du bac sont sous scellés et personne n’y a accès.
«Mais, papa, c’est un organe d’information qui a donné la nouvelle, il ne peut pas mentir. Il doit avoir fait une enquête pour s’assurer du fait». C’est ce que mon enfant m’oppose depuis que nos confrères de cridem.org ont accepté de faire passer une information qui n’en est pas une. Mais le malheur, c’est que, avec ou sans démenti du ministère, le mal est fait. Personne ne peut plus avoir confiance dans le système éducatif qui était déjà largement décrédibilisé par l’exercice dont il souffre depuis trois décennies. C’est grave et ça ne peut pas rester sans suite. Une enquête policière – et/ou administrative – doit déterminer les responsabilités, non pas dans la fuite qui n’est pas vraie, mais dans la diffusion d’une information destructrice. Pour ce qu’elle fonde de doutes sur la sincérité même de l’appareil administratif de l’éducation.
Il y a peu, d’autres sites ont fait état de l’interpellation d’un officier, attaché militaire dans un pays voisin, pour relations supposées avec Al Qaeda. L’information n’est basée sur aucun fait. Mais allez le dire aujourd’hui aux médias qui en ont fait état à l’étranger, aux chercheurs sur la question…, la vérité pour eux à présent c’est que l’Armée mauritanienne «est infiltrée par AQMI». Alors que l’information sur laquelle on se base pour faire une telle conclusion, cette information est absolument fausse. Que faire alors ?

samedi 18 juin 2011

Que reste-t-il de l’Appel de De Gaulle ?

Juin 1940, tout semble avoir été joué pour la France. Les forces allemandes contrôlent les deux tiers du pays. Le Maréchal Pétain signe l’armistice qui met fin aux hostilités et signe la défaite effective des forces françaises. On croit alors que la position du Maréchal épousait mieux les exigences de la realpolitik. On oubliait le sens de l’Histoire. On oubliait surtout l’effet catalyseur d’un Appel lancé depuis Londres par un certain Général de Gaulle… c’était le 18 juin, la veille de la capitulation. Ce jour-là, les français écoutant la BBC entendirent ceci :

"Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.
Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.
Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. 
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres."
Dans ses mémoires, De Gaulle explique ainsi le moment et la portée : «La première chose à faire était de hisser les couleurs. La radio s'offrait pour cela. Dès l'après-midi du 17 juin, j'exposai mes intentions à M. Winston Churchill. Naufragé de la désolation sur les rivages de l'Angleterre qu'aurais-je pu faire sans son concours ? Il me le donna tout de suite et mit, pour commencer, la B.B.C. à ma disposition. Nous convînmes que je l'utiliserais lorsque le gouvernement Pétain aurait demandé l'armistice. Or, dans la soirée même, on apprit qu'il l'avait fait. Le lendemain, à 18 heures, je lus au micro le texte que l'on connaît.»
70 ans après, on se demande ce qu’il en reste. Dans mes lectures sur la commémoration de l’anniversaire, je suis tombé l’éditorial de Bertrand Le Gendre (Le Monde du 17 juin) qui dit : «Ceux qui continuent à se disputer la vraie croix de Lorraine sont des nains comparés à ce géant. Peut-être se rappellent-ils ce que disait de Gaulle avant qu'il ne devienne de Gaulle, en 1932, dans Le Fil de l'épée (Berger-Levrault) : "L'action, ce sont les hommes au milieu des circonstances." Les circonstances changent. Les hommes se hissent ou non à leur hauteur. C'est cela être gaulliste aujourd'hui. On est curieux de savoir ce qu'en dira le chef de l'Etat le 18 juin à Londres, lui qui affirmait avant son élection : "Le gaullisme ne se commémore pas, il se vit !"»
Pour sa part, Jean-Louis Debré explique dans une interview: «Soyons clair. Le vrai gaullisme, c'est celui de De Gaulle et de ses compagnons, celles et ceux qui ont fait le chemin de la Résistance, de la reconquête, de la reconstruction, de la traversée du désert et qui - on l'oublie trop - ont remis la France en marche. Après, il y a eu un gaullisme pompidolien, un gaullisme mitterrandien, un gaullisme chiraquien.»
Lui De Gaulle disait en 1952 que "chaque Français fut, est et sera "gaulliste"". Il tenait aussi à expliquer : "Mon seul adversaire, celui de la France, n'a jamais cessé d'être l'argent."
Où en est la France d’aujourd’hui ?

vendredi 17 juin 2011

De Wade à Ould Bolle

Le 11 juin dernier, le président sénégalais réitérait sur RFI son appel à Kadhafi de quitter le pouvoir, reprenant son «conseil appuyé» au Guide libyen : «Plutôt tu partiras, mieux ça vaudra». Un conseil qui vaut pour tous ces chefs d’Etats qui s’agrippent au pouvoir et qui semblent servir de modèle à «Gorgui»…
Dans cet entretien avec RFI et pour se défendre d’avoir agi en dehors de la volonté africaine, le président Wade a déclaré qu’au cours du sommet d’Adis, la majeure partie des chefs d’Etats présents s’étaient prononcé pour demander à Kadhafi de partir. Seul le président Aziz s’était opposé, selon lui, à ce que la demande figure expressément dans la résolution de l’UA. Ce qui est faux. Quand le président Wade a pris la parole pour fustiger Kadhafi et la Libye du Guide, c’est Yoweri Museveni qui a pris la parole pour s’opposer à sa démarche. Il a rappelé les rapports de son pays, l’Ouganda, avec la Libye, ses trois guerres contre des protagonistes financés par Kadhafi, son opposition à son projet de gouvernement d’Union africaine lors du dernier sommet auquel il avait participé. «Qui l’a soutenu en demandant la mise en place immédiate d’un gouvernement africain ? qui l’appelait le Guide et lui accordait tous les attributs de grandeur ? qui le recevait en grande pompe et se pliait devant sa volonté ? le doyen Wade…», a-t-il répliqué en substance aux propos de Wade. Après cette intervention, les chefs de délégation se sont concentrés sur la feuille de route de l’Union africaine qui reste l’expression de l’Afrique unie. Pour une fois, les africains ont exprimé une position indépendante par rapport aux forces de domination, il y a de quoi être fier nonobstant le reste. Que Zuma se cherche un rôle distinct, on peut le comprendre car il veut bien capitaliser ce rôle dans sa course pour le poste de membre permanent du Conseil de sécurité représentant le continent noir. Même s’il oublie quand même qu’il ne peut tirer sa légitimité que de ses pairs africains. Mais pour le président Wade ? Hier fervent disciple du Kadhafisme, aujourd’hui le qualifiant de dictature qui a duré 42 ans ? Pour les faveurs du président Sarkozy qui a quand même introduit le fils Karim dans la cour des grands en le présentant au président Obama lors du sommet du G8 ?
Toujours à propos des positions «originales» - ou singulières – par rapport au problème libyen. J’ai été mandaté par le maire de F’Dérick, localité du nord du pays, pour exprimer une proposition à Kadhafi. Lui, Ould Bolle, président du parti de «lefoueysdine» (les idiots, les diminués…), maire de F’Dérick, est prêt à abandonner tous ses postes pour Kadhafi. Son parti, sa mairie, en contrepartie de son départ et de celui de sa famille de Libye. Lui, Ould Bolle s’engage à lui disponibiliser quelques tentes en plein désert, de bonnes chamelles de traite, en plus du parti qu’il dirige et qui semble être le plus grand parti du monde. «Il y a deux catégories de gens : ceux qui se fâchent quand on leur dit qu’ils sont membres de notre parti, ceux-là sont des membres fondateurs, et ceux qui se taisent, ceux-là en sont membres par acquiescement», explique Ould Bolle qui n’a jamais profité lui des faveurs du Guide libyen.