lundi 2 février 2015

Mattel et Mauritel, quel avenir ?

Il y a quelque temps, l’Autorité de régulation demandait aux deux anciens opérateurs en téléphonie, Mattel et Mauritel, de verser 16 milliards chacune pour continuer leurs activités en Mauritanie. Une somme jugée exorbitante par les deux opérateurs.
C’est ce 3 février que devait expirer les délais fixés comme deadline pour les deux opérateurs. Ils ont d’abord pensé pouvoir profiter de la licence 3G qui a encore neuf ans devant elle, pour y greffer la téléphonie. Mais cette option semble avoir été abandonnée pour ses coûts. En effet, si cette option est retenue, il faudra disponibiliser des Smartphones pour les clients, ce qui coûtera cher. Alors ?
L’Autorité de Régulation a saisi le gouvernement sur sa nouvelle proposition qui distingue entre la licence 2G qui arrive à terme pour les deux opérations et la licence 3G qui a encore de longues années devant elle. L’offre serait dans les environs des 16 milliards annoncés déjà. C’est donc au gouvernement d’en discuter avec les opérateurs et de prendre la décision qui sied dans les heures qui viennent.
Devant l’absence d’information sur l’état d’avancement des négociations, on est en droit de s’attendre à l’arrêt des opérateurs demain soir à minuit. Irons-nous jusque-là ?
En attendant, il est temps d’être exigent vis-à-vis de ces opérateurs dont le service se détériore peu à peu. Nous savons, en tant qu’utilisateurs, la qualité des réseaux et la cherté des services. Nous nous en plaignons constamment et personne ne semble rien faire pour améliorer la situation. 

dimanche 1 février 2015

Grève à la SNIM

La Société nationale industrielle et minière (SNIM) connait ces jours-ci, ses premiers grands remous faisant suite à un mouvement de grève auquel a appelé la Confédération générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM). Première centrale au sein des travailleurs de la SNIM, la CGTM n’a pas pour autant la majorité des délégués : seulement 6 sur les 15 (dont 1 délégué général), les autres sont affiliés à d’autres centrales syndicales qui n’ont pas décidé d’aller en grève.
A Zouérate où le mouvement a lieu, les travailleurs en grève ont choisi de passer un accord avec les Autorités pour éviter tout heurt. Ils s’engagent à tenir leur sit-in à des moments précis de la journée (le matin de 9 h à 11 h et le soir de 16 h jusqu’à 20 heures), ce qui évitera les dérapages possibles. Sans empêcher cependant les sites d’information de parler de répression et de confrontations entre travailleurs et forces de l’ordre. Comme ils ont parlé de l’arrêt complet ou partiel des activités de la production.
En réalité, il n’y a pas eu de heurts parce que les parties ont trouvé un terrain d’entente pour éviter les débordements. Par ailleurs, deux trains sont partis samedi de Zouérate et trois dimanche. Ce qui est signe de continuité dans la production.
Reste à savoir pourquoi la SNIM n’a pas engagé de pourparlers avec les délégués des travailleurs en grève, quelque soit leur nombre. Selon des sources internes, l’entreprise reproche aux délégués d’avoir entamé «une grève sans préavis» dans une conjoncture difficile pour l’entreprise qui fait face à la baisse vertigineuse des prix du fer.
«C’est un sujet qui a été discuté, même au niveau supérieur quand le Président de la République avait reçu les travailleurs lors de sa dernière visite à Zouérate. Tout a été dit et l’on avait cru que la conscience de la fragilisation de la société était réelle. Mais voilà qu’une partie des travailleurs décide d’aller en grève…»
Pour les délégués ayant appelé à la grève, «il s’git de faire pression sur la direction de l’entreprise pour appliquer l’accord intervenu il y a quelques mois entre les deux parties et qui décidait de l’augmentation des salaires notamment». Les délégués croient pouvoir perturber sinon arrêter la production des usines à Zouérate et le flux des trains vers Nouadhibou.
Le bras de fer est engagé entre une direction qui a déjà envoyé plus d’une centaine de demandes d’explication aux travailleurs en grève, notamment les meneurs. Est-ce la chronique d’un limogeage annoncé qui commence ainsi ?
Si les parties n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente, les positions vont se durcir dans les jours qui viennent. Tout dépendra du niveau des commandes pour lesquelles la société s’est déjà engagée pour le mois de février.
Reste à savoir si les travailleurs en sit-in et les Autorités continueront à gérer la situation de telle manière à éviter la perturbation de l’ordre public et s’abstenir ainsi de recourir à la violence.

samedi 31 janvier 2015

La CUN recrute

La Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN) recrute une trentaine de cadres. Pour la première fois, cette administration a préféré faire appel à la Commission nationale des concours pour ce faire. Une manière de s’assurer que le recrutement va se faire dans des conditions optimales de régularité. D’éviter aussi de recourir aux méthodes traditionnelles de recrutement qui consiste à choisir dans son environnement immédiat. C’est pourquoi la décision de faire appel aux compétences de la commission nationale doit être saluée. Surtout que rien n’oblige la locataire des lieux, Maty Mint Hammadi, à procéder ainsi.
La Commission nationale des concours vient de terminer une série de concours organisés pour le recrutement de centaines de fonctionnaires destinés à répondre aux besoins d’administrations diverses. Ces concours ont vu la participation de milliers de candidats : près de 9000 pour le concours des Douanes, 14.000 pour la santé, etc. Jusqu’à présent aucune plainte n’a été déposée auprès des autorités compétentes (commission des concours, ou administrations concernées). Ce qui n’a pas empêché certains de nos confrères de parler d’irrégularités sans préciser lesquelles. Et toujours en se basant sur les rumeurs qu’ils contribuent ainsi à alimenter.

vendredi 30 janvier 2015

Une année d’Afrique

Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz remet le sceptre à un successeur pour la présidence tournante de l’Union Africaine. C’est ainsi qu’en un an, la Mauritanie aura eu l’honneur de diriger l’organisation panafricaine, surtout de la représenter sur la scène internationale, notamment dans les sommets UA-Union Européenne, UA-Etats Unis d’Amérique, le G20… Ce fut un honneur, mais aussi une opportunité pour notre pays d’affirmer sa présence, de reprendre ses marques sur la scène internationale. Nous venons de loin…
Les déboires de la diplomatie mauritanienne vont amener le pays à renoncer à ses vocations originelles qui voulaient en faire un trait d’union et une terre de convergence pour les ensembles Arabe et Africain. Il a fini par se perdre et par perdre ses repères pour devenir une sorte d’«orphelin géostratégique» n’étant plus ni Arabe ni Africain.
La reconnaissance d’Israël puis l’établissement de relations diplomatiques avec ce pays le coupaient du Monde Arabe. Le retrait de la CEDEAO lui faisait tourner le dos à l’Ensemble Africain.
La présidence de l’UA nous aura permis justement de reconquérir l’environnement qui est naturellement le nôtre. La présence de notre Président sur tous les fronts africains a remis la Mauritanie au centre de l’Afrique, nous poussant à recadrer notre diplomatie pour un plus grand enracinement dans notre versant sud que nous avons dédaigné deux décennies durant.
La chance du Président Ould Abdel Aziz aura été d’avoir d’abord dirigé le Conseil Paix et Sécurité (CPS) de l’UA et d’avoir, à ce titre, dirigé les panels chargés d’intervenir en Libye et en Côte d’Ivoire pour régler les crises qui se transformaient en guerres civiles. Dans les deux cas, le CPS de l’UA était sur le point de trouver des solutions quand l’interférence impromptue des puissances occidentales, particulièrement de la France en a voulu autrement.
En Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo était déjà d’accord à remettre le pouvoir à Alassane Ouattara et la mission de l’UA avait déjà pris le chemin d’Abidjan, quand les forces françaises ont intervenu pour l’arrêter.
En Libye, une feuille de route avait déjà été acceptée par les chefs politiques des rebelles et par Moammar Kadhafi quand les avions de l’OTAN ont décidé d’intensifier leurs bombardements pour arriver à tuer le Guide libyen.
L’expérience des panels avait permis à la Mauritanie d’accueillir par deux fois des sommets de chefs d’Etats africains. Ce qui la préparait à la présidence de l’UA. Plusieurs sommets ont été organisés – et très bien organisés – à Nouakchott. Dont le dernier, et pas le moindre, est celui qui a eu lieu les 19 et 20 janvier autour de «la transparence et (le) développement durable en Afrique». Un sommet voulu et promu par Transparency International et la Banque Mondiale.
Notre pays passait pour modèle dans le domaine sécuritaire. La stratégie élaborée par la Mauritanie pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé en général a fait effet. Ce qui lui a permis de lancer le sommet du G5 du Sahel regroupant outre notre pays, le Mali, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso. On parle désormais du «Processus de Nouakchott» qui fait partie de l’architecture de paix et de sécurité mise en œuvre par l’UA.
Ce retour sur la scène africaine doit se traduire par une réintégration de l’espace CEDEAO avec lequel nous sommes désormais liés par des accords spéciaux qui nous font profiter des privilèges accordés par l’OMC pour ces ensembles économiques qui regroupent des pays pauvres comme le nôtre.
Il doit aussi se traduire par un ancrage solide dans notre espace maghrébin et la recherche de solutions aux multiples blocages qui empêchent justement l’Union du Maghreb Arabe d’avancer. Un renforcement de l’axe Tunis-Nouakchott, la mise en confiance du Maroc et de l’Algérie, peuvent amener nos pays à trouver un point de convergence autour du règlement de la question libyenne. Un processus maghrébin de règlement de la crise libyenne peut être amorcé par les autres pays du Maghreb s’ils s’y mettent. La Mauritanie peut en être la locomotive.

Quoi qu’en disent ses détracteurs, la présidence de Mohamed Ould Abdel Aziz de l’UA aura été bénéfique pour la Mauritanie qui a pu revenir sur la scène pour se frayer un chemin dans cette jungle où les plus faibles doivent se démener pour se faire une place. 

jeudi 29 janvier 2015

Le sectarisme est le Mal

Dernièrement, l’opinion publique mauritanienne, celle qui se construit sur la toile, a été bouleversée par cette rencontre entre le Président de la République et les représentants de la communauté Soninké. Le choc était d’autant plus grand que les termes sont ceux de l’AMI, agence d’information officielle. On s’attend désormais à la couverture par cette agence, et par les autres médias publics, des activités des communautés et pourquoi pas des tribus. Au-delà de tout ce qui a été dit, il faut insister sur deux aspects de la question.
Les représentants de la communauté Soninké sont venus se démarquer d’une déclaration qu’un autre groupe aurait rendu publique au nom de la communauté Soninké, un groupe de jeunes qui se réclame aussi représentants de communauté Soninké. L’un et l’autre des groupes font usage de faux. Aucune communauté n’a de représentants attitrés. Déjà, aucun village, aucune caste, aucune tribu, aucun groupe ne peut se prévaloir d’une unité qui lui permette de désigner des représentants pour parler en son nom. Qu’est-ce qui se passe alors ?
Comme au niveau de chaque tribu, de chaque communauté, voire de chaque famille, la concurrence entre les acteurs pour un placement dans les structures de l’Etat (poste électif, poste administratif…) prend souvent des allures tragiques, comme s’il s’agissait d’une lutte à mort. C’est l’un des héritages de l’époque PRDSienne qui a vu l’exacerbation des différences devenir une donne dans la gestion des affaires publiques.
La lutte de placement qu’on peut aussi dire de classement est le moteur qui fait mouvoir l’espace politique. Le reflux des idéologies et des visions humanistes a cédé la place aux réflexes grégaires, épidermiques. Même les causes les plus nobles sont devenues un fonds de commerce politique dans cette lutte de classement. Il suffit de voir tous ces faux militants se greffer sur le combat légitime des anti-esclavagistes. C’est la faute à tout le monde.
C’est pourquoi, le salut du pays passe nécessairement par une réhabilitation, une revivification (pour parler à la manière des Soufis) des vocations premières d’un Etat qui n’avait d’autre atout pour s’imposer aux siens et aux autres que la foi de ses bâtisseurs.
Au début était la volonté des Mauritaniens de renoncer à leurs particularismes pour fondre dans une structure qui appartient à tous et qui vit de l’apport de chacun. La volonté de créer un espace où la citoyenneté prime sur l’appartenance communautaire, où l’égalité imprime les rapports entre individus.
Créer un espace où se développeront de nouvelles valeurs favorisant l’émancipation de l’individu des pesanteurs d’une société traditionnelle qui n’est pas à pleurer pour ce qu’elle impose de rapports et de pratiques iniques. L’on doit reconnaitre que, malgré les survivances mais aussi les déviances, nous sommes loin et même très loin du système qui régissait notre société et notre espace. Ce n’est pas la peine de polémiquer là-dessus.
Revivifier les vocations de départ consiste à refuser à tous ceux qui n’ont plus rien à nous offrir que le retour à nos rapports épidermiques, à leur refuser de nous imposer leurs manières de nous voir. Cela commence par dénoncer ces faqih et shaykh qui nous imposent les lectures les plus rétrogrades de notre religion, par lutter contre ces politiques ayant échoué dans leurs entreprises multiples et qui n’ont plus à nous proposer qu’à cultiver nos différences pour en faire une source de confrontations, et par combattre les discours développés sur l’espace public pour remettre en cause les principes sacrés pour lesquels nous nous sommes engagés ensemble (discours inégalitaires, propos contre le statut personnel, soutenant l’esclavage, cultivant les particularismes pour en faire une valeur…).

Ce n’est pas parce que nos politiques n’ont plus de quoi nous faire rêver à un avenir meilleur (parce que commun) que nous devons accepter de nous laisser berner par des discours qui se construisent autour des particularismes singuliers et non des richesses plurielles.  

mercredi 28 janvier 2015

Fin de l’impunité ?

Les récentes affaires qui ont secoué le ministère des finances et le système bancaire donnent l’occasion au Président Mohamed Ould Abdel Aziz de réaffirmer sa volonté déclarée d’engager une lutte sans merci conte la gabegie. Cette lutte commence naturellement par l’assainissement du système financier.
On voit, à travers la succession d’interpellations dans le milieu des percepteurs, que les pouvoirs publics sont dans la phase de mise en œuvre d’une opération coup de poing qui demande du courage, de la détermination, de l’équité, et, bien sûr, une volonté politique soutenue et inébranlable. Les limogeages dans la haute administration et les interpellations suivies ou non d’inculpations ne suffisent pas à elles seules. Les enseignements tirés du contrôle et des inspections doivent être lisibles (et visibles) pour prétendre à un soutien populaire à la politique engagée contre la mauvaise gestion sous toutes ses formes.
Il faut rappeler que la demande sociale en matière de lutte contre la gabegie n’est pas évidente. Même si elle découle d’une attitude logique qui doit être celle de tout humain «normal», ayant grandi dans un univers qui bannit le vol et l’indélicatesse sous quelque forme que ce soit, cette attitude n’est pas le fort de notre encadrement national (société politique, notabilités traditionnels, chefs religieux, élite en général). Il suffit de voir les soutiens apportés aux auteurs de malversations par les partis politiques, les segments entiers de notre société bienpensante, de pans de l’élite… Ces soutiens donnent aux prédateurs l’air de héros des temps modernes. Tout ça parce qu’entre l’exigence d’assainissement et la demande sociale et politique, il y a un hiatus difficile à passer.
En attendant, il est utile de rappeler ce que nous écrivions il y a quelques semaines, quand les premiers trous ont été découverts dans les perceptions de l’intérieur. On concluait que le système de prédation dans les finances avait fini par prendre l’allure de réseaux maffieux qui ont profité de l’absence de contrôles et d’inspections professionnelles. L’absence d’auditeurs au sein de la direction du Trésor y est pour beaucoup. Et ce ne sont pas les auditeurs de l’Inspection générale d’Etat qui vont combler le déficit : en fait ils ne voient que ce qui est évident. Ils ont eu quand même le mérite d’avoir été à l’origine des actions d’assainissement, mais il faut, pour aller plus au fond, renforcer, instituer s’il y a lieu, le contrôle interne. Parce que toutes les perceptions inspectées ont été mise à défaut.
Dans toutes les situations de dérapages découvertes ces derniers temps, il est évident qu’il y a eu négligence de la part de la hiérarchie, à tous les niveaux. Quand une petite commune comme Jidrel Mohguen (Rosso, Trarza) affiche plus de 120 millions de recettes en un exercice, il y a lieu pour toute la chaine de la hiérarchie de se poser des questions et d’émettre des doutes. Donc de donner l’alerte immédiatement. Au lieu de cela, on a continué à satisfaire les demandes de provisionnements exprimées par les percepteurs sans se poser des questions.
Pendant des années, des situations comme celle-là ont été enregistrées partout en Mauritanie : des communes dont le budget dépasse rarement les deux millions et qui se retrouvent avec un niveau de recettes exorbitant. Deux explications à cette situation : 1. C’est une manière pour les percepteurs de réorienter les dépenses des fonds destinés aux différents plans d’urgence pour justifier leurs affectations. 2. Le percepteur ayant la latitude de produire lui-même des carnets pour prélever taxes et amendes, il en abuse sans que cela se traduise sur les écritures officielles du trésor public.
Ici apparait la responsabilité pécuniaire du percepteur, une responsabilité pour laquelle il paye en s’expliquant devant la police financière puis en allant devant une juridiction et probablement en prison. Mais il y a une responsabilité technique qui doit aussi être identifiée pour payer ses manquements. Sans l’indulgence, la négligence et la bienveillance (complicité, diront certains) de la hiérarchie, le fauteur aurait sévi une fois peut-être mais la prédation n’atteindrait jamais les proportions qu’elle a atteint. Il y a aussi la responsabilité politique qui est engagée. Nous savons tous qu’une partie des fonds amassés frauduleusement va dans l’entretien de couvertures politiques (hommes influents qui protègent, dépenses inconsidérées pour le Parti au pouvoir, clientélisme tribal, régional et local, entretien des services régionaux et ceux de renseignements…). La main de l’Etat doit aller là où est passé l’argent de l’Etat suivant une procédure frauduleuse.
La responsabilité technique et politique n’est jamais dégagée, même si l’on doit considérer que les derniers limogeages au sein des Finances répondent justement à cette exigence-là. Mais ce n’est pas suffisant pour créer une forte adhésion autour de cette guerre contre la gabegie dont on veut faire l’axe principal du mandat en cours. Il faut plus pour dissuader les cercles et les réseaux de prédation qui se greffent autour des dysfonctionnements de l’administration.
La maitrise des flux au niveau des dépenses doit s’accompagner d’un contrôle total des recettes par l’émission de carnets uniques de quittance pour les différents démembrements de l’Etat pour s’assurer que toute la collecte va dans les caisses du Trésor public (communes, Autorité de transport, amendes…).
L’assainissement du secteur exige une mise à terme de la règle de l’impunité. On devra payer à tous les niveaux de responsabilité son indélicatesse, sa négligence et sa protection du Mal.

mardi 27 janvier 2015

Argent, argent… arnaque, arnaque…

Au centre hospitalier de Nouakchott, appelé «Hôpital national», il existe désormais un système de kit qui fait payer aux malades le service rendu. Il s’agit de trois niveaux de traitement :
-          Le kit I payé à 5000 UM. Il concerne les malades en consultation dans les urgences, en général les maladies qui ne demandent pas de gros traitements ;
-          Le kit II à 10.000 UM. Il concerne la catégorie suivante, celle qui demande hospitalisation et traitements particuliers ;
-          Le kit III à 15.000 UM. C’est le plus lourd parce qu’il couvre les malades du bloc opératoire.

La première décision du nouveau directeur, nommé il y a quelques semaines, a été d’interdire aux médecins de prescrire de traitements avant la présentation de quittances par les malades. Aucun médecin ne peut plus délivrer une ordonnance avant la présentation de cette quittance. Le malade peut alors prendre les médicaments auprès de la pharmacie de l’hôpital.
Le problème, c’est que les ordonnances des malades externes qui sont les plus nombreux ne coûtent jamais plus 1500 UM, alors qu’aucune ristourne n’est prévue dans le circuit. La plupart des malades de l’hôpital national payent donc 5000 UM sans avoir eu pour 1500 UM. Où va le reliquat ? quelque part certainement.
Ce qui est considéré déjà comme une arnaque des populations, est perçu comme une possibilité d’aller vite en besogne…
Avant l’arrivée de l’actuel directeur, le malade payait 500 UM pour la consultation, recevait son ordonnance et allait acheter les médicaments qui lui sont prescrits. Cela lui coûtait rarement plus de 1500 UM quand il s’agit de traitements de premier degré.
Les nouvelles mesures adoptées imposent aux malades et à leurs parents de payer plus pour ce qu’ils reçoivent. Un système ingénieux d’arnaque…
On sait cependant que l’hôpital national a toujours été – surtout ces dernières années – le moins pourvu en moyens de tous les centres hospitaliers de Nouakchott. S’il reçoit entre 700 et 800 mille ouguiyas de subvention pour le lit, l’hôpital Zayed va jusqu’à plus de trois millions par exemple. Ce au moment où l’on sait que la pression exercée sur l’hôpital national est la plus forte.

Ce qui n’explique absolument pas le fait de faire payer aux citoyens le prix fort par le recours à ce procédé de kit qui sème le doute et ajoute aux problèmes qui se posent déjà au malade…