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jeudi 25 avril 2013

Que veulent les politiques ? (4)

Quand un parti ou un pôle politique décide de communiquer, il doit envoyer le meilleur de ses communicateurs, pour un débat le meilleur de ses polémistes et le plus indiqué. Deux débats récents, m’amènent à penser que les partis politiques mauritaniens se compliquent la vie en envoyant des gens qui ne sont pas forcément les mieux indiqués.
Il y a quelques jours, un débat télévisé opposait deux représentants de l’UPR à deux de la COD. Hier encore (mercredi soir), sur la même TVM, trois représentants de la Majorité s’opposaient à trois de la COD. 
Les deux débats n’étaient pas de même facture. Le premier était très déséquilibré au profit des députés Kadiata Malik Diallo (UFP) et Ba Aliou Ibra (indépendant, ancien ADIL). Ces «vieux» routiers de la polémique politique n’ont eu aucun mal à se faire le député Mohamed el Mokhtar Ould Zamel et son compagnon Ba Bocar Soulé, ancien ministre de Ould Taya, ancien fédéral du PRDS. Si le premier avait un sens politique évident, le second a versé dans la langue de bois menant inévitablement à un discours thuriféraire où aucune proposition n’apparaissait. Accusations gratuites ont fusé, obligeant les débatteurs à se crisper et à personnaliser les échanges. Ce sont les propos et les attitudes, un peu arrogantes, de Ba Bocar Soulé, l’ancien ministre du développement rural qui ont donné le la. Incisive et percutante, Kadiata Malik Diallo ne devait pas se priver. Le sarcasme du «cousin» Ba Aliou Ibra faisant le reste. Résultat : une vindicte verbale éculée et sans intérêt en face.
Le débat d’hier était tout le contraire. Au moins pour quatre des débatteurs : Lô Gourmo Abdoul et Mohamed Ould Salem Val, le Secrétaire général du parti Moustaqbal d’un côté, et de l’autre les députés Sidi Mohamed Ould Maham et Mohamed Ould Babana. Les deux autres n’avaient rien à faire dans le débat. Sauf peut-être replonger dans les fonds de la politique politicienne, celle qui est perte de temps et dénergie.
Heureusement que Me Ould Maham et Pr Lô Gourmo nous repêchaient de temps en temps en revenant à des thèmes plus concrets, plus intéressants pour le public. Sans pour autant aller jusqu’à apporter du neuf. On en sort sans savoir ce que nos politiques veulent réellement. Ça aussi c’est un problème. C’est même le grand problème de notre classe politique.