lundi 17 mars 2014

Voir Malabo et repartir

En route vers l’Afrique du Sud, Johannesburg précisément, l’avion présidentiel fait une longue escale à Malabo, la capitale de la Guinée Equatoriale. Il est accueille par Teodoro Obiang Nguema, le très contesté président de cette riche République d’Afrique équatoriale.
On nous explique que le temps que prennent les entretiens s’explique par la tenue prochaine d’un sommet de l’Union Africaine à Malabo. Ce sera aux environs du 26 juin prochain. C’est pourquoi l’élection présidentielle en Mauritanie devra être organisée bien avant. «C’est un Président élu qui doit présider ce sommet». La subite richesse pétrolière a permis la construction d’une capitale moderne qu’on peut contempler de loin. Le Président Nguema, pourtant décrié par ses opposants, a lancé la construction de 10.000 logements sociaux, en plus de routes, d’hôpitaux et d’aéroports modernes.
Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz accomplit ici l’une de ses missions africaines, celle de discuter avec les autorités du pays hôte du prochain sommet. Chaque année, l’UA tient deux sommets. Le premier en janvier nécessairement à Addis-Abeba, le second en juin dans l’un des pays qui accepte de le recevoir. La Guinée Equatoriale trouve dans la réception des Chefs d’Etats africains, l’occasion de sortir de son isolement et d’embellir son image le temps d’un sommet.
La présidence de l’UA est une aubaine pour la Mauritanie qui a besoin de renouer avec ses versants africains du Sud. Une manière de redorer sa diplomatie sur l’échiquier africain et de reprendre sa place au sein de son environnement géopolitique. La vocation première de la Mauritanie originelle était d’être un trait-d’union entre l’Afrique au nord du Sahara et celle au sud. Elle a perdu cette vocation à la suite de politiques hasardeuses qui ont conduit au renoncement à notre appartenance africaine par la sortie de la CEDEAO et à celle arabe par l’établissement de relations diplomatiques privilégiées avec Israël.
«Ni africaine, ni arabe» telle fut la conséquence pour la Mauritanie de cette diplomatie sans objet. Notre pays tournait ainsi le dos à ses voisins, ce qui signifiait un déracinement qui allait contribuer à approfondir le trauma social et psychique dont on n’arrive difficilement à nous guérir. Ce qui a été fait pendant une trentaine d’années – depuis 1978 et qui s’est intensifié à partir de 1980 prenant une tournure particulière à partir de 1989 -, cela devait avoir un impact profond sur les Mauritaniens qui ont perdu une grande partie de leurs repères.
On veut bien pouvoir oublier que le Royaume frère du Maroc était inscrit sur les passeports comme destination interdite au même titre qu’Israël. Que la Mauritanie et le Sénégal sont entrés dans une guerre larvée qui aura duré près de deux ans et qui a conduit à l’expulsion de dizaines de milliers de citoyens de part et d’autre et, plus grave, les autorités de l’époque en ont profité pour engager une épuration ethnique visant les habitants de la Vallée du fleuve dont des milliers se retrouveront renvoyés et dépossédés de leurs biens. Que la Mauritanie a soutenu l’occupation du Koweït, célébré les attaques irakiennes contre l’Arabie Saoudite (Khafji), avant de se retourner contre l’Irak de Saddam Hussein. Que Nouakchott a vu flotter pendant quelques années le drapeau israélien malgré tout le mal fait à nos frères de Palestine. Que le ministre des affaires étrangères d’Israël, le très extrémiste Sylvain Shalom a été reçu en grande pompe chez nous…
On veut bien oublier, mais c’est impossible…  

dimanche 16 mars 2014

7 juin, 1er tour de la présidentielle

C’est presque sûr : le premier tour de l’élection présidentielle sera fixé au 7 juin prochain, le deuxième tour sera donc le 21. Vraisemblablement, la convocation du collège électoral se fera aux environs du 21 avril. Alors que le registre des listes électorales est ouvert à partir de cette semaine.
Pendant ce temps, la classe politique se cherche. Les rencontres avec le Premier ministre se suivent et se ressemblent. Si l’on peut comprendre que quand il a été reçu par le Premier ministre, Mohamed Ould Maouloud ne pouvait aller dans le détail parce qu’on était à la veille de la tenue du fameux forum dont on espérait des propositions concrètes pour l’organisation d’élections consensuelles. Qu’en est-il de tous ces chefs de partis reçus sans faire de véritables propositions ? D’après les comptes-rendus des uns et des autres, on en est resté à de vagues discussions autour de la nécessité de l’ouverture d’un dialogue inclusif. Sans propositions concrètes. Alors que le temps passe.
Nous arrivons aujourd’hui à un timing désormais précis sans savoir quels contours et quelle forme peut prendre ce dialogue. On peut difficilement envisager des pourparlers comme ceux qui ont regroupé Majorité et Opposition «dialoguiste» (Alliance populaire progressiste, Al Wiam et Sawab) et qui ont donné les grands résultats à la base des élections législatives et municipales passées. D’ailleurs la plupart des acteurs de ce dialogue-là (2011-2012) n’accepteraient pas d’en entamer un autre. Ni Messaoud Ould Boulkheir, ni Boydiel Ould Hoummoid ne seraient prêts à reprendre à zéro un processus qu’ils estiment avoir mené jusqu’au bout. C’est le cas aussi de la plupart des (petits) partis de la Majorité qui rechigneront à revenir à la case départ.
On peut aussi faire un remake du «dialogue au rabais» accepté par la COD à la veille des législatives et municipales et qui n’avait finalement rien donné. Parce qu’il s’était terminé en queue de poisson, aucune des parties ne sachant quoi faire dans le face à face de dernière minute. Est-ce qu’il est probable de voir jouer la même partition ? Probablement quand on voit que personne ne semble vouloir aller de l’avant.
Pourtant, le Président Ould Abdel Aziz a affirmé à tous ses visiteurs récents qu’il était prêt à discuter de tout avec l’opposition «si cela pouvait l’amener à participer». De tout sauf du recul de la présidentielle fixée constitutionnellement et de la constitution d’un gouvernement d’union ou d’ouverture. «Mais on peut discuter de la dissolution de la CENI, de l’Assemblée nationale, des outils électoraux, de l’audit des listes…», aurait-il dit à ses interlocuteurs de ces dernières semaines.
Mais l’on se trouve ici devant un dilemme. En plus des nombreux partis qui n’accepteront pas l’ouverture d’un dialogue global, Tawaçoul, Al Wiam et l’UPR se résigneront difficilement à la reprise des élections municipales et législatives. Alors que faire ? comment dépasser le stade de l’expression d’une vague disponibilité à dialoguer ? comment passer au concret ? comment le faire pendant qu’il en est temps ?
L’expérience nous apprend que notre élite politique a deux «qualités» qu’il est difficile de vaincre : sa capacité à tergiverser et donc à perdre le temps, et la difficulté pour elle d’être précise dans ce qu’elle veut. Le risque aujourd’hui est de voir le temps passer sans trouver de passerelle et d’organiser une élection sans l’opposition ou sans une grande partie de l’opposition (la COD et Tawaçoul). Surtout que le dernier forum n’a pas donné un accord sur la candidature unique, certains y voyant un piège qui leur est tendu. Alors ?
On devra attendre le déroulement d’une élection qui est déjà sans surprise et d’espérer qu’en contrepartie de la reconnaissance de ses résultats, le pouvoir qui en sortira acceptera de dissoudre le Parlement et les Mairies pour ouvrir le jeu à tous ses protagonistes. Qui a intérêt au déroulement d’un tel scénario ?

samedi 15 mars 2014

Du «coma profond» à la «conscience minimale»

«Dans la vie d’une Nation, il est des moments graves. Pour ce qu’ils comportent d’incertitudes, de risques et de dangers. Trois mots (maux) qui n’induisent pas forcément les mêmes conséquences, et qui, conjugués avec la fragilité, entraînent nécessairement la chute finale» (…) «Il y a 27 ans – on était le 1er août 2005, NDLR – l’Armée prenait le pouvoir pour ‘mettre fin au régime de la corruption’, nous sortir d’une guerre coûteuse, redresser l’économie et engager un processus démocratique réel. 27 ans après, la corruption est devenue la valeur première, nous entrons dans une guerre qui n’est pas forcément la nôtre, l’économie ‘nationale’ n’existe plus pour être redressée et la démocratie reste une utopie pour nous. C’est essentiellement pour cela que nous craignons un autre coup d’Etat, un autre retour de l’Armée aux devants, d’autres promesses de lendemains meilleurs».
Ces phrases sont tirés d’un article écrit et publié le 1er août 2005, deux jours avant le coup d’Etat qui allait mettre fin au régime de Ould Taya qui a duré 21 ans.
La Mauritanie était plongée dans coma profond, le pouvoir ne réagissant plus, ne «répondant» plus. La communication est nulle. La conscience de soi et des autres est nulle. Le pays se mourait lentement. Il tombait inexorablement dans le trou noir de la déconfiture. Dans les dictionnaires, on explique : «Le coma est une abolition plus ou moins complète des fonctions de la vie de relation (conscience, motilité, sensibilité) alors que les fonctions de la vie végétative sont relativement conservées. Le patient, inconscient, est couché sans bouger et ne sent rien».
Le coup d’Etat du 3 août 2005 devait avoir l’effet d’un électrochoc avec toutes les ouvertures qu’il a laissé entrevoir. On est alors entré dans un coma végétatif, puis nous sommes sortis pour entrer peu à peu dans l’état de «conscience minimale» où les pronostics s’améliorent. Un état qui nous a permis d’avoir quelques chances de récupérer quelques-unes de nos facultés. Nous pouvons désormais refonder nos choix de départ et réhabiliter nos valeurs originelles. C’est le défi qui nous est lancé.
Au départ est la nécessité de lancer un nouveau contrat social fondant un Etat de droit moderne. Avec des propositions d’égalité citoyenne, de justice pour tous, du droit à la prospérité pour tous, à l’éducation pour tous, à l’émancipation pour tous, à la dignité pour tous…
La Mauritanie a besoin de refonder les bases d’un Etat viable (et fiable) qui peut assurer le toit pour tous ses enfants, leur procurer la sécurité et la prospérité. La Mauritanie a besoin de retrouver la sérénité pour exister dans un environnement apaisé et ouvert. Elle a besoin de recouvrer ses vocations originelles de terre de convergence, de se réconcilier avec son passé, de regarder en face son présent pour mieux se projeter dans le futur. Pour ce faire, les «bienpensants» doivent cesser de faire semblant d’oublier que nous venons de loin… de très loin… de vraiment très loin…

vendredi 14 mars 2014

Qui doit dire quoi ?

L’autre soir, TVM a invité le groupe des Ulémas représentant un forum dédié «à la glorification du Prophète Mohammad». Deux discours ont été entendus pendant cette discussion – qui n’était pas un débat parce qu’il n’y avait pas de protagonistes.
Le premier est celui de Mohamed Lemine Ould Hacen, une autorité religieuse, Imam de la prestigieuse «mosquée des Chorafa», un haut lieu de la résistance à l’époque de la répression engagée contre la mouvance islamiste à l’époque de Ould Taya. Le respecté Imam a soutenu (en substance) l’application pure et simple de la Chari’a à l’encontre de l’auteur de l’article constituant à ses yeux «une hérésie que seule la mise à mort doit punir». Ajoutant que si la justice ne le condamnait pas à mort, il en conclurait qu’il n’y aura «pas eu de justice».
Le deuxième discours est celui du jeune Cheikh Ould Saleh qui a déclaré qu’en tant qu’association, ils suivront l’affaire devant les tribunaux, feront appel s’il y a lieu et useront de toutes les voies pour amener à l’application «stricte de la Chari’a». le discours, même s’il prend un ton moins tranché, moins brutal revient finalement au même résultat : le jeune auteur est déjà condamné avant même que le procès ne se tienne. Et c’est là où la question se pose avec acuité : qui doit dire quoi ?
Est-ce au seul Juge de prononcer la loi ou est-ce que n’importe qui se sentant en mesure de le faire peut déterminer le verdict ? Est-ce que nos Ulémas vont comprendre un jour que le rôle du Juge est celui de dire la loi en dehors de toute forme de pression, en son âme et conscience ? Ou devons-nous accepter que tout «’aalem» est en lui-même un Juge et peut rendre un verdict sans procès ?
Il n’est pas utile de rappeler à nos Ulémas qu’il existe un Code pénal qui date de 1983 et qui dit dans sa section IV intitulée «Attentats aux mœurs de l’Islam, Hérésie, apostasie, athéisme, refus de prier, adultère», Article 306 : «Toute personne qui aura commis un outrage public à la pudeur et aux mœurs islamiques ou a violé les lieux sacrés ou aidé à les violer, si cette action ne figure pas dans les crimes emportant la Ghissass ou la Diya, sera punie d'une peine correctionnelle de trois mois à deux ans d'emprisonnement et d'une amende de 5.000 à 60.000 UM.
Tout musulman coupable du crime d'apostasie, soit par parole, soit par action de façon apparente ou évidente, sera invité à se repentir dans un délai de trois jours. S'il ne se repent pas dans ce délai, il est condamné à mort en tant qu'apostat, et ses biens seront confisqués au profit du Trésor. S'il se repent avant l'exécution de cette sentence, le parquet saisira la Cour suprême, à l'effet de sa réhabilitation dans tous ses droits, sans préjudice d'une peine correctionnelle prévue au 1er paragraphe du présent article.
Toute personne coupable du crime d'apostasie (Zendagha) sera, à moins qu'elle ne se repente au préalable, punie de la peine de mort. 
Sera punie d'une peine d'emprisonnement d'un mois à deux ans, toute personne qui sera coupable du crime d'attentat à la pudeur.
Tout musulman majeur qui refuse de prier tout en reconnaissant l'obligation de la prière sera invité à s'en acquitter jusqu'à la limite du temps prescrit pour l'accomplissement de la prière obligatoire concernée. S'il persiste dans son refus jusqu'à la fin de ce délai, il sera puni de la peine de mort.
S'il ne reconnaît pas l'obligation de la prière, il sera puni de la peine pour apostasie et ses biens confisqués au profit du Trésor public. Il ne bénéficiera pas de l'office consacré par le rite musulman.»
Nous avons besoin d’entendre nos Ulémas sur ce texte élaboré sous la supervision d’un comité de seize grandes autorités religieuses du pays dont le plus illustre des Ulémas contemporains, Lemrabott Mohamed Salem Ould Addoud qui présidait ce comité. Sur cela ils doivent se prononcer pour qu’on sache ce qu’ils peuvent apporter de nouveau par rapport à ses éminences dont plusieurs sont encore en vie.

jeudi 13 mars 2014

Yahya Ould Hamidoune, toujours irremplaçable

Il s’appelle Alain Plagne. Il est chercheur mathématicien et enseigne à l’Ecole polytechnique de Paris. Ces centres d’intérêt dans la recherche se rapportent notamment à la Combinatoire additive et à l’Arithmétique. Et c’est bien ce domaine pointu de la recherche qui lui a fait découvrir notre compatriote Yahya Ould Hamidoune. C’était en 1998 quand il terminait une thèse dans un domaine très peu étudié en France. On le mit sur la piste de «Yahya» - un prénom qu’il prononce avec une tonalité particulière, un peu pour rappeler ce qu’il veut dire et qu’il ne veut plus dire aujourd’hui que l’homme n’est plus là. Ould Hamidoune était célèbre pour avoir réussi à déchiffrer «la conjecture de Erdös-Heilbronn».
Dans les années 60, les deux scientifiques travaillaient sur des applications qu’ils résolvaient en allant directement aux résultats, sans faire de démonstrations, laissant aux chercheurs le soin de trouver ces démonstrations qui devaient nécessairement mener à ces résultats. En 1994, Yahya Ould Hamidoune put percer le mystère de cette conjecture précise. Je vous épargne – comme je m’épargne à moi-même plus de détails sur la question.
Les deux hommes vont partager un immense travail de recherches qui leur permet de passer de beaux moments et de tisser les liens d’une forte et sincère amitié. Preuve de l’intensité de cette amitié, tous les efforts et toute l’énergie que dépense aujourd’hui Alain Plagne pour entretenir la mémoire de ce génie inégalé. Il écrit de lui au lendemain de sa mort : «Tout récemment encore, Yahya avait résolu brillamment, et de façon élémentaire, une conjecture de T. Tao portant sur une version non commutative du théorème de Kneser. En fait, je me souviens que c’est presque immédiatement à la lecture de la question qu’il a su qu’il allait pouvoir y donner une réponse. Il est probable que le résultat – peut-être sous une forme informelle – lui était préalablement familier et existait dans son vivier mental de résultats, ceux qu’il pouvait probablement démontrer, mais dont il ne s’attaquait à la rédaction que si l’occasion s’en présentait. . . quand tant d’autres publient ce que lui considérait – c’était son côté élitiste – comme des remarques. En l’occurrence, la publication de la question sur le blog de T. Tao aura juste agi comme un déclencheur. A mon avis, la valeur des autres trésors de ce vivier, ceux que Yahya a emporté avec lui, est inestimable».
Quand il parle de Yahya, c’est comme si celui-ci vivait encore. Comme s’il pouvait encore rencontrer un autre Yahya. Et c’est pourquoi il a poussé, avec d’autres chercheurs et professeurs de mathématiques à la création d’un concours de mathématiques en Mauritanie. En 2012 et 2013, ce concours a été ouvert aux élèves du secondaire et aux universitaires pour essayer de déceler dans le tas une partie du génie enfoui dans cette terre.
Soutenu par plusieurs institutions françaises et mauritaniennes, ce concours est organisé chaque année aux environs du 11 mars pour commémorer le jour du décès du génie Yahya Ould Hamidoune… de celui qui n’aimait pan «raconter les mathématiques mais plutôt les écrire». Ceci explique son aversion pour la mise en scène publique (conférences, interviews…) et la richesse de ses publications. Il a fait plus d’une centaine de publications, «sans déchets» insiste Alain Plagne pour mettre en exergue la qualité exceptionnelle du travail de celui que nous n’avons pas su célébrer comme il se doit et dont le souvenir et la flamme doivent pourtant inspirer les générations actuelles et futures.
Samedi prochain (15 mars) auront lieu les épreuves du concours Yahya Ould Hamidoune et mercredi (19 mars) la distribution des prix aux lauréats. Une occasion de rendre hommage à cet homme décidément hors du commun.

mercredi 12 mars 2014

Ould Baya tient promesse

Quelques semaines à peine après son installation à la tête de la municipalité de Zouérate, le nouveau Maire Cheikh Ould Baya a engagé sur d’actions qui étaient toutes inscrites dans son programme de campagne.
C’est ainsi que toutes les taxes municipales ont été annulées : aucun commerce, aucune petite activité commerciale, personne ne paye plus de taxes à la mairie. Le problème de l’approvisionnement des quartiers démunis en eau a été résolu momentanément. La Fondation de la SNIM a disponibilisé quatre citernes, le Maire a amené deux et réhabilité une ancienne citerne de la mairie. Au total sept citernes de douze tonnes chacune distribuent gratuitement l’eau. Deux grands chantiers vont permettre bientôt la résolution définitive de la question : l’arrivée de citernes géantes qui alimenteront la ville à partir de Boulenouar et le lancement d’une usine de désalinisation des nappes saumâtres de la région.
Autre volet prioritaire, l’électrification des quartiers éloignés. Plus de milles raccordements seront faits gratuitement et, pour certains à des prix très bas. La réhabilitation des écoles et leur équipement est en cours.
Le Maire a, au début de son exercice invité tous les partis politiques et tous les acteurs de la scène de Zouérate à participer à l’identification des priorités et à la définition des objectifs immédiats. Il a ainsi fait de son action, le résultat d’une concertation qui implique la responsabilité de tous.

L’originalité de la nouvelle équipe est bien celle qui en fait l’émanation de tout le monde. Ce qui lui permet d’avoir l’adhésion de tous. 

mardi 11 mars 2014

Mamère se dégonfle

«Un pschitt», c’est bien ce qui est arrivé avec la déclaration faite par Noël Mamère, il y a plus d’un an. Tout commence quand, au détour d’une sortie sur l’intervention française au Mali dans le cadre d’une émission sur Arte, le député Europe Ecologie Les Verts s’en prend violemment au président mauritanien : «Est-ce que vous imaginez que les Jihadistes vont disparaitre et qu’ils ne vont pas se réfugier… en Mauritanie où il y a un président qui est le parrain d’un trafic de drogue par exemple ?». Nous sommes le 21 janvier 2013 et l’opération Serval est déjà engagée.
En Mauritanie où l’opposition venait de clore un cycle de manifestations exigeant le départ de Mohamed Ould Abdel Aziz du pouvoir, voit dans ces déclarations une possibilité nouvelle de rendre fructueuse son action. Le 14 février, la Coordination de l’opposition démocratique (COD) publie un violent communiqué où l’on marque «la consternation» face au silence du pouvoir avant de faire siennes les accusations de Noël Mamère.
Poussé par on ne sait quelle inspiration, le député EELV réitère ses accusations à travers une interview chez nos confrères d’un site de la place. Sans doute croyant que l’affaire n’aura pas de suite.
Le 6 mars 2013, le Président Ould Abdel Aziz porte plainte pour diffamation. De peur de se voir condamné par les tribunaux, le député français s’est très vite lancé dans des tractations en vue de trouver une sortie, lui qui ne pouvait en aucun cas produire de preuves pour les graves accusations formulées.
Tout le monde sait en effet que les grosses prises suivies du démantèlement des réseaux de trafic en Mauritanie, n’ont intervenu qu’au lendemain du 3 août 2005. Tellement évident que l’on avançait une explication : les couvertures qui servaient aux réseaux et leur assuraient l’impunité avaient perdu la main. Et pour cause, les deux colonels artisans du coup d’Etat dirigent désormais le système de sécurité : Mohamed Ould Abdel Aziz qui devient l’homme fort de la junte et Mohamed Ould Ghazwani qui est lui à la Sûreté nationale. 2006 et 2007 connaitront la plus grande campagne contre le trafic de drogue et celui des armes. A partir de 2008, la guerre sera menée aux Jihadistes de AQMI en même temps qu’aux réseaux transfrontaliers. Il suffit de voir les quantités saisies et le nombre d’opérations menées au cours de ces années pour savoir que le député français a parlé sans savoir de quoi il s’agit.
D’ailleurs, il va essayer de revenir sur ses propos en disant qu’il a «évoqué le président mauritanien, sans doute abusivement, comme j’aurai pu dire tchadien, malien ou algérien tant je ne visais pas l’homme lui-même mais plutôt les dysfonctionnements des appareils judiciaires, y compris chez nous en Europe, qui laissent parfois échapper les gros poissons mafieux. Mon propos n’avait pas vocation à stigmatiser le président mauritanien dans sa personne».
Que de mépris vis-à-vis des présidents africains exprimé aussi simplement, aussi vulgairement ! Ces présidents sont finalement tous les mêmes et nagent tous dans les mêmes trafics et les mêmes combines ! Mais la question est de savoir si Noël Mamère peut tenir de tels propos quand il parle de dirigeants européens, lui le «rebelle», l’homme de «gauche» qu’on ne peut accuser de racisme, peut-il faire preuve de la même désinvolture quand il parle de présidents ou chefs de gouvernements d’Europe ?

Ce rétropédalage dans le sens qu’il fallait donner à ses propos ne va pas servir notre homme. La route vers le procès était toute tracée, un procès perdu d’avance pour le député EELV. Le voilà donc qui choisit de faire amande …honorable (?) en présentant publiquement ses excuses «au peuple mauritanien et, partant à son président s’il s’est senti blessé par mes déclarations». Celui qui n’a «pas l’habitude de se soumettre» ferait mieux de ne plus «abuser» en jugeant les dirigeants africains.