jeudi 12 décembre 2013

Il était une fois

Il était une fois un mercredi 12 décembre 1984, le «12/12». Il s’est passé quelque chose ce jour-là en Mauritanie. Voilà comment je vous le racontais le 12/12/2011 :
«Il y a 27 ans, le 12 décembre 1984, les Mauritaniens découvraient les nouveaux maîtres du pouvoir à Nouakchott. Le nouveau CMSN (comité militaire de salut national) arrivait. Avec les mêmes promesses de lendemains meilleurs : démocratie, bonne gouvernance, refondation de l’Etat…
La «rectification» de ce jour-là mettait fin à quatre ans de répressions continues et d’errements diplomatiques. Plusieurs milliers de citoyens étaient en prison ou en exil. Ce qui expliquait en partie la ferveur qui a accueilli le putsch.
Encore une fois, les officiers composant le CMSN avaient choisi celui qu’ils croyaient le plus faible, le plus malléable d’entre eux, et, toujours selon eux, le moins «marqué politiquement et socialement».
Moawiya Ould Sid’Ahmed Taya aura raison de ses compagnons qu’il écartera, puis de ses ennemis qu’il éliminera un à un, jusqu’à fonder un pouvoir qui durera 21 ans. Plus que le fondateur du pays Mokhtar Ould Daddah (18 ans).
21 ans… assez pour marquer profondément le pays et pour asseoir les fondements d’une culture nouvelle : celle qui marquera deux décennies et dont nous vivrons, encore quelques temps, les effets. L’important n’est pas de juger présentement cette période, surtout si cela avait été fait en son temps. L’important c’est d’en tirer quelques leçons.
Au lendemain du discours de Kiffa (printemps 2004), nous écrivions : «Ould Taya a parlé de la lutte contre la gabegie. Terme qu’il n’a pas utilisé depuis près de 20 ans. Mais quand il parle aujourd’hui de gabegie au sein de l’administration, le Président Ould Taya semble oublier qu’après 20 ans passées à la tête du pays, cette administration décriée est la sienne, que le pays actuel a été façonné à partir de la vision qu’il en a et qu’il est finalement responsable et comptable de la situation actuelle. Nonobstant le jugement qu’on peut porter sur cette époque, les excuses qu’on peut trouver à tel ou tel manquement, les explications qu’on peut avancer, une chose reste : Moawiya Ould Sid’Ahmed Taya est l’unique responsable du choix des hommes. La guerre aux compétences et la promotion de la médiocrité relèvent de sa responsabilité. Toute révolution sur soi commence donc par inverser cette loi.» (La Tribune N°237 du 12-19 décembre 2004).
Cette révolution n’aura pas lieu. Ould Taya en payera le prix. Par son départ. Par la non reconnaissance de son apport (s’il en a eu).
Et s’il n’y avait pas eu le 12/12 ? Je crois qu’on aurait bien vu cet anniversaire remplacer celui de l’indépendance (28/11). Comme on avait entendu certains de nos éminents «intellectuels» chanter, faire la promotion d’idées idiotes, en contrepartie voler, exclure leurs protagonistes, détourner les moyens de l’Etat…
La grande leçon de tout cela aurait été le danger pour tout pouvoir de continuer à recruter parmi les moins outillés, les moins performants, de continuer à cultiver la médiocrité, la flagornerie, l’égoïsme, l’indignité et l’indélicatesse…

Parce que les anciens serviteurs du régime du 12/12 l’ont oublié, servons-nous en pour méditer.»

mercredi 11 décembre 2013

Encore Mandela

Je reviens à lui, parce qu’il a été beaucoup question de lui. Symbole de ce qu’il n’est pas, cet homme qui jouait à l’interprète en langue des signes et qui s’avère être un imposteur. Antipode de Mandela, l’actuel président sud-africain qui a été hué par les milliers de ses compatriotes venus dire adieu et célébrer le Libérateur.
Je retiendrai quelques attitudes enregistrées chez nous, venant parfois d’un Erudit, parfois d’un chef politique. Toutes suggérant qu’il n’est pas «permis» d’exagérer dans la célébration d’un non musulman. Toutes essayant de nous rappeler qu’il existe des héros de «chez nous» qui méritent la célébration et qui n’ont jamais été autant célébrés. Toutes trouvant exagérés les adieux faits à Mandela.
A tous ceux qui nous ont abreuvés de tels discours, je rappelle que Nelson Mandela a plus (et mieux) fait pour la cause arabe, pour celle des Musulmans, que tous les chefs politiques arabes et/ou musulmans du 20ème siècle. Il a servi toutes les causes justes, y compris celle qui donne aux Palestiniens le droit à une patrie avec pour capitale Al Qouds. En plus d’avoir été un modèle pour l’Humanité entière.
Sur ce plan, le plus grand témoignage de l’efficience de son action et de la force de ses positions, est le refus du gouvernement israélien de se faire représenter aux obsèques de Mandela. Jusqu’au bout il aura été un militant de la cause palestinienne et arabe en général. Jusqu’au bout…

mardi 10 décembre 2013

Droits de l’Homme

Dire que dans ce pays une nette évolution n’a pas été enregistrée en matière des Droits humains, relève du mensonge. Tout comme soutenir aujourd’hui qu’il n’y a rien à dire sur la situation de ces Droits en Mauritanie.
Il y a bien sûr le passif humanitaire hérité des années de braise (80-90-2000). Même si des efforts énormes ont été accomplis, notamment la reconnaissance des crimes commis, il reste que cette plaie reste à refermer par la poursuite d’un débat national trop vite clos. De temps en temps des voix s’élèvent pour nier ou pour occulter le mal commis en ces années sombres. D’où la nécessité pour nous d’en parler, d’en reparler et de ne pas laisser oublier la forfaiture et ses auteurs. C’est peut-être une thérapie collective que nous pouvons chercher à travers l’entretien du souvenir.
Il y a l’esclavage dans ses pires formes qu’il va falloir éradiquer par la mise en œuvre rigoureuse des lois en vigueur. La criminalisation ne suffit pas si elle n’est pas suivie d’application et de répression de la pratique. Nous avons assisté à des procès qui ont abouti à des condamnations. Il en faut d’autres pour produire l’électrochoc nécessaire pour rompre les chaines.
Il y a ensuite les séquelles de l’esclavage, mais pas seulement de l’esclavage, de tout l’arbitraire social qui fait que des Mauritaniens vivent encore sous le mental de l’être inférieur. Toutes ces castes, toutes ces classes vilipendées, stigmatisées et finalement condamnées à vivre le joug du «mieux-né».
La bataille contre les inégalités concerne tout un chacun de nous. Nous avons à la mener en redonnant espoir à notre jeunesse qu’il existe un autre chemin que celui suivi par leurs ainés jusqu’à présent. Un chemin qui mènera fatalement à la refondation d’un Etat de droit, d’un Etat égalitaire, d’une conscience citoyenne.
La lutte contre les pratiques esclavagistes n’a jamais été portée par les seuls ressortissants des communautés ayant vécu – ou vivant encore – cette condition abjecte. Elle a toujours été partagée comme cause. Ce n’est malheureusement pas l’impression que nous avons aujourd’hui. Il faut certainement commencer par réhabiliter l’universalité de la cause : elle concerne aussi tout un chacun de nous.
Nous avons besoin de solidarité et de partage, plus que de division et d’égoïsme. En cette journée des Droits humains, je vous invite à penser à toutes les victimes de l’arbitraire, de la torture, du racisme, de la bêtise humaine, de la folie humaine, de la cupidité humaine… toutes les victimes d’ici et d’ailleurs.

lundi 9 décembre 2013

L’UPR a réussi quand même

L’Union pour la République avait été annoncé comme le grand perdant des élections. Pour ses choix jugés «mauvais», à cause des partis nés de ses contestations internes, pour le passif qu’il traine, pour ses insuffisances intrinsèques, pour les parrainages supposés ou réels de certains candidats par les plus hautes autorités de l’Etat… à tout cela il a fallu ajouter l’adversité de certains ministres vis-à-vis de l’UPR malgré leur appartenance à ce parti…
Malgré tout, l’Union pour la République a obtenu un score honorable : 53 députés et une présence dans l’ensemble des circonscriptions législatives, une majorité absolue et une dissémination sur l’ensemble des territoires communaux du pays. Et si des ministres n’avaient pas milité contre les candidatures UPR ? et si des candidats n’avaient pas certifié qu’ils avaient été mandatés par le Président de la République lui-même pour se présenter dans tel ou tel parti ? aurait-on imaginer un autre résultat pour l’UPR ? Certainement.
L’une des nécessités d’après-élections est bien sûr la restructuration des partis politiques de Mauritanie : ceux qui ont participé comme ceux qui ont boycotté. Parce que l’une des premières conclusions de l’expérience est l’absence d’une effectivité du militantisme partisan. Le boycott n’a pas été respecté et dans certaines circonscriptions ce sont bien les militants des partis boycottistes qui ont décidé de l’issue du scrutin en faveur de tel ou tel candidat.
Le nomadisme politique qui a caractérisé la scène après chaque élection a été pratiqué en amont de l’opération avec la récupération du tout-venant des grandes formations par les plus petites.
Avec l’arrivée de nombreux élus qui ont pour certains de l’envergure, il est certain que le Sursaut, Al Karama, le PUD… ne resteront pas ce qu’ils sont aujourd’hui et chercheront à devenir de vrais partis autonomes. Tandis que les partis traditionnels devront relire leurs déploiements et leurs résultats pour en tirer les conclusions.
L’AJD/MR qui a fait une entrée remarquée à l’Assemblée, est appelé à s’ouvrir pour ne pas s’enfermer dans une vision sectaire de la Mauritanie.
Al Wiam est lui obligé de se restructurer pour préparer l’ambition présidentielle et capitaliser ses résultats. Il représente désormais une certaine Mauritanie dont l’enracinement social est traditionnel et dont l’ancrage politique fait référence à l’époque d’avant août 2005. Une capitalisation de l’expérience qui a duré une vingtaine d’années et qui mérite de s’exprimer publiquement.
L’APP est un parti qui se maintient malgré les nombreux départs mais qui doit résister aux tentations de la rupture de la ligne médiane suivie jusqu’à présent. Son président, Messaoud Ould Boulkheir n’a rien à prouver sur le plan de la lutte anti-esclavagiste et son avenir politique, tout comme celui de son parti dépendront des capacités à faire de cette cause un lieu de convergence militant pour tous les Mauritaniens conscients de l’absolue nécessité d’un tel combat, celui de l’émancipation de l’homme mauritanien et de l’égalité des citoyens de ce pays.
Tawaçoul doit savoir que la position de «premier parti d’opposition» l’engage à une prise de conscience plus aigue de ses responsabilités dans la consolidation de la démocratie par le débat. Le débat suppose la confrontation de projets, d’idées loin de toute posture qui sacralise l’un ou l’autre des  protagonistes. La bataille qu’il doit livrer est celle de la Modernité dans les conceptions et dans les actions. La Mauritanie où se trouvent encore des Erudits ayant la légitimité du «Magister dixit» qui osent appeler ouvertement à empêcher l’accession des femmes aux commandes, cette Mauritanie a besoin d’une vision originelle et d’une lecture moderne des préceptes d’un Islam tolérant et profondément humaniste.

Et pour revenir à l’UPR, il a besoin de confirmer sa position de «parti au pouvoir». Son président pourrait être le président de l’Assemblée nationale, l’occasion peut-être de restructurer le parti pour le doter d’une direction politique plus homogène et plus à même de faire face aux défis futurs dont la présidentielle de 2014.

dimanche 8 décembre 2013

Les qualités négligées

Qu’est-ce que vous n’avez pas entendu dire de Nelson Mandela ? Qu’est-ce qui ne peut pas être dit de bien de cet homme qui appartient à la classe des «Elus», de ceux qui ont quelque tendance à l’idéalisation de leurs passages ici-bas ?
Nelson Mandela est célébré par les «amis de toujours», comme par les «ennemis de toujours». Les premiers ont toujours cru en une justice à la limite du «naturel» pour ce qu’elle est d’évidence et de nécessité, une justice reconnaissant à chacun ses droits à la différence comme découlant d’un ordre naturel. C’est, quand on se réfère aux dictionnaires, la définition de ce que nous appelons «la tolérance» dans notre langage de tous les jours. L’abus de langage – et probablement d’utilisation – a fait perdre au mot sa dimension philosophique de valeur suprême. C’est pourquoi on oublie de parler de «tolérance» quand on prend la parole chez nous pour célébrer Nelson Mandela.
La deuxième valeur suprême oubliée – ou négligée dans les propos – est celle de «l’équité». C’est le mot qui traduit pour nous la notion de «alinçaav», sans pour autant réussir à y mettre tout le sens originel. Il va falloir recourir encore aux dictionnaires pour trouver un concept qui pourrait comprendre en même temps la justice, l’impartialité, l’égalité, mais aussi la tolérance.
Mais tout cela ne serait rien sans «l’humilité», valeur cardinale qui permet à l’homme de rester lui-même. Elle est «modestie» qui interdit la condescendance et l’arrogance. Elle est «respect» qui oblige à l’écoute de l’Autre, à la prise en charge de ses préoccupations, au partage de sa souffrance et à la solidarité avec lui dans son action. Elle est «simplicité» qui oblige à rester au niveau de la nature humaine, sans prétention de supériorité, sans mépris…
J’ai essayé de faire la liste des valeurs chantées par les nôtres – journalistes, hommes politiques, acteurs de la société civile – pour parler de Nelson Mandela. Nulle part «l’humilité», «l’équité», «la tolérance» n’ont été mentionnées. Des notions très peu mises en exergue. Pourtant nos hommes politiques ont intérêt à méditer : «Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient notre associé». Tout comme ceux qui jouent dans la scène de la société civile : «Etre libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres».
Les autres oubliés sont les compagnons de lutte de Mandela, les milliers de sud-africains morts pour cette cause de libération, la solidarité africaine, le déni de solidarité de l’Occident…  

samedi 7 décembre 2013

La chance ne suffit pas

Il faut dire que la mort – le départ plutôt – de Nelson Mandela a porté chance au Président Hollande qui recevait à ce moment-là une bonne partie des dirigeants africains dans la capitale française. Une chance bien saisie quand il a eu la présence d’esprit de placer les travaux sous la présidence «symbolique» de l’absent-présent, de celui qui a incarné une Afrique qui gagne et qui inspire. Nelson Mandela est donc le président d’honneur de la rencontre des chefs d’Etats venus à Paris essayer de relancer la coopération avec l’ancienne métropole.
Oublions le président égyptien, Mohamed Morsi qui devait initialement coprésider, aux côtés de François Hollande le sommet. Il n’est plus président depuis le coup d’Etat de juillet dernier. Une chance pour le Président français de pouvoir occulter le souvenir de l’engagement pris pour le premier président élu «démocratiquement» en Egypte. C’était au moment où les Occidentaux célébraient encore l’arrivée au pouvoir de gouvernements islamistes élus dans la foulée des «printemps arabes» et qu’ils les recevaient en grande pompe dans leurs palais de Paris, Berlin et ailleurs. Aujourd’hui, ces présidents sont abandonnés à leur sort… mais revenons au sommet, car le Président François Hollande n’a pas besoin de chance, mais d’efficacité et de détermination.
Il ne faut pas que le présent sommet soit une «variété» de ceux qui se tiennent depuis quarante années. Il ne faut pas non plus qu’il soit une tentative de combler les insuffisances de la politique intérieure du gouvernement de gauche et de son président. Ce président qui descend dans tous les sondages et qui trouve dans ses sorties à l’extérieur le moyen de renverser la tendance.
Parce qu’il répond à une exigence «morale» pour cette France qui a créé des Etats pleins de contradictions meurtrières, qui a ensuite interféré dans leur gestion en leur imposant des hommes qui lui sont dévoués, et dont les groupes d’influence ont commencé à agir sans considération dans ces pays, créant des réseaux qui ont fini par s’apparenter à des maffias, la France qui a laissé sévir des dictateurs barbares, qui a fermé les yeux sur toutes les dérives pourvu que les intérêts soient préservés, qui a imposé une idéologie autour de «pas de démocratie sans développement, pas de développement sans démocratie» et qui a vite oublié ce que cela insinuait… Cette France a besoin de se racheter aux yeux des Africains face auxquels elle tente de dresser un mur pour empêcher l’immigration.
Ne nous leurrons pas. Si la France a effectivement besoin de pousser nos pays à avoir leurs propres forces d’intervention rapide, c’est bien pour éviter d’avoir à intervenir comme elle l’a fait au Mali, comme elle le fait en Centrafrique. Les deux interventions, somme toutes acceptables pour les raisons avancées officiellement, apparaissent comme un réflexe d’un autre âge. Elles font apparaitre la France comme «le Gendarme de l’Afrique», vieille posture que les Socialistes ont toujours combattue… au moins tant qu’ils n’étaient pas au pouvoir.
Ne nous leurrons pas. Si l’on revient à une autre «sagesse» qui consiste à dire : «Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement», c’est plutôt parce que la France, l’Europe en général, n’a pas vu que l’Afrique change et qu’elle devient attractive pour tous les concurrents du vieux continents et des vieilles puissances coloniales.
Le ministre français des finances reconnait que le continent connait un taux important de croissance (plus de 5%), que ses échanges ont doublé cette dernière décennie atteignant 16% du mondial, que par sa «vigueur» démographique, il est appelé à être l’un des plus grands marchés de consommation dans les années à venir (avec 2 milliards d’individus en 2050).
Cette Afrique dynamique et attractive intéresse déjà la Chine qui organise un sommet chaque année : en 2012, elle a mobilisé 20 milliards dollars pour le développement du continent. Même démarche chez le Japon qui a sa conférence internationale sur le développement en Afrique (TICAD) et qui vient de mobiliser 25 milliards dollars pour le même objectif. Ne parlons pas de l’Inde, de la Turquie, du Brésil… Même nos cousins Arabes s’en mêlent avec notamment la récente conférence du Koweït. Le plus important reste cependant cette volonté américaine de s’ouvrir les espaces africains. Pour ce faire le Président Barack Obama prépare une conférence en 2014 à Washington pour y réunir les chefs d’Etats africains.

La conférence de Paris est d’abord une tentative de rattraper le temps et les occasions perdus.

vendredi 6 décembre 2013

Mandela reste vivant…

…dans nos cœurs et pour tout un continent dont cet homme a symbolisé la positivité. En ce qu’elle a de noble et grand. Avec ses combats gagnés contre l’arbitraire, contre le racisme, contre la bêtise humaine, contre la confiscation des libertés… Il a été l’espoir d’un continent meurtri par la traite négrière, pillé par la colonisation, heurté par la mondialisation.

Il y a quelques mois, on parlait beaucoup dans les médias de son état de santé. J’écrivais alors : «Nelson Mandela n’est pas affaibli …et ne peut pas l’être… Je ne sais pas pourquoi on nous sert ce genre de littérature qui tend à faire de Mandela un mortel comme tous les autres. Non ! Nelson Mandela n’a rien des humains que nous avons connus et vus évoluer sur cette terre. Il appartient à cette race d’humains que leurs semblables installent à jamais dans un panthéon qui consacre les valeurs suprême.

Cela me fait mal d’entendre les présentateurs parler des «faiblesses» de Mandela, de «sa perte de mémoire», de «son regard perdu»… Nelson Mandela n’est pas Ronald Reagan ou Jacques Chirac. Ceux-là peuvent tomber en désuétude. Ils peuvent dépérir, pourrir, mourir après avoir tout perdu…
Mandela ne dépérit pas. Il reste entier. Debout devant la mort comme il l’a été devant la vie et ses adversités.
Il appartient à la catégorie des Elus qui «disparaissent» tout en restant dans nos cœurs, dans nos esprits.
Quelques sagesses de cet homme débordant …d’humanisme…
«Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé» (Un long chemin vers la liberté)
«En faisant scintiller notre lumière, nous offrons la possibilité aux autres d’en faire autant» (Discours d’investiture, mai 1994)

«Etre libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres» (Un long chemin vers la liberté)