jeudi 25 octobre 2012

La Mauritanie célébrée


Cela commence par des présentations : du ministère du développement et des affaires économiques dont le représentant a essayé de cadrer le cadre et le climat des affaires ; du ministère des mines et du pétrole qui a présenté les deux secteurs porteurs de l’économie nationale ; du ministère du commerce et du tourisme dont l’intervention a présenté la stratégie en matière de commerce et de tourisme justement ; et enfin, du Conseiller du Président chargé du dossier «Nouadhibou, zone franche». Le tout suivi d’une série de questions auxquelles des réponses ont été apportées.
Avant de passer aux deux ministres présents, celui du commerce et celui du pétrole. Bamba Ould Daramane (commerce) qui se trouve être le principal maître-d’œuvre de la manifestation devait profiter d’une question posée par l’un de nos compatriotes, Melainine Néma Chérif, sur la sécurité, pour présenter la stratégie déployée par le pays en vue de sécuriser son territoire. Expliquant qu’il s’agit là d’un attribut de souveraineté et d’une nécessite pour la stabilité et la cohésion de cette jeune Nation. S’il était possible pour les groupes armés de circuler librement en Mauritanie, d’enlever ou d’assassiner des gens, ce n’est plus le cas. Reconnaissant qu’il n’y a pas au monde un lieu où la sécurité est assurée à 100%, il a insisté sur le fait que la Mauritanie a réussi quand même à reprendre en main son territoire et à y assurer l’ordre. En dehors des zones habitées et des points de passages obligatoires, des zones militaires ont été définies par les autorités, ce qui a permis de limiter les déplacements des groupes dans notre territoire. «Ce n’est pas parce que nous voulons attirer les investissements que nous avons entrepris de tels efforts, c’est d’abord pour assurer la sécurité et la sérénité de nos populations et protéger notre intégrité territoriale», a-t-il martelé.
Prenant la parole, le ministre du pétrole, Taleb Ould Abdi Val, a expliqué la politique d’ouverture de son département invitant les partenaires à venir. Proposant toutes les facilités légales pour permettre justement de réaliser le développement du pays qui se voit désormais en «pays minier».
Pour sa part, le président de la Chambre de commerce de Mauritanie, Mohamedou Ould Mohamed Mahmoud a pris la parole pour expliquer que «nous voulons une coopération gagnant-gagnant, pas plus».
L’originalité de la journée a été sans doute la présentation du projet «Nouadhibou, zone franche» qui semble avoir intéressé les nombreux présents. Ils étaient plus d’une cinquantaine d’opérateurs à avoir fait le déplacement ce jour-là. Après cette séance, la délégation officielle conduite par Bamba Ould Daramane a visité les stands où étaient exposés les produits mauritaniens.

mercredi 24 octobre 2012

La Mauritanie à Paris


On se prépare à la Bourse de Paris à déployer l’artisanat, les images et les atouts de la Mauritanie. Mais le sujet reste celui de la santé du Président de la République. Les rumeurs qui circulent à Nouakchott ont reprises ici. Sans esprit critique.
On parle des gens qui ont fait le déplacement. Des parents, des amis, des hommes d’affaires… des raisons des uns et des autres. On exprime la compassion. Dans la communauté mauritanienne de Paris, on exprime surtout de l’incompréhension. Contrairement à ce qui a été annoncé par les médias nationaux (publics suivis par les privés), il n’y a pas eu de rencontre entre le Président et une délégation représentant les Mauritaniens de France. «Elle était prévue mais a été reportée au dernier moment», nous explique-t-on. Cela ajoute à la confusion.
Je décide quant à moi de me rendre à l’hôpital Percy dans l’après-midi. Avec mes confrères de TVM, nous marchons longtemps. Nous nous perdons malgré toutes nos précautions et nous n’arrivons sur les lieux que quelques instants après la sortie du Président. Beaucoup de Mauritaniens ont fait le déplacement ce jour. Nous finissons tous par peupler les bus et les trains du quartier pour revenir de là où nous sommes arrivés.
On croit que la résidence est sa destination. Mais non ! visiblement, il a choisi d’aller loin de Paris pour avoir le repos absolu. Du coup, nous respectons ce droit à la discrétion et ne cherchons pas à savoir où il est exactement. Même si nous sommes submergés par les rumeurs de Nouakchott.
Ce mercredi, la journée parisienne se termine sur une note d’espoir, celui de voir le Président Ould Abdel Aziz revenir au plus tôt en Mauritanie et engager de nouveaux processus à même de permettre l’ouverture de nouveaux horizons pour le pays.

mardi 23 octobre 2012

Vol de nuit


Cela fait longtemps que je n’ai pas pris Air France. Depuis en fait ce temps où la xénophobie, devenant l’un des aspects de la pensée dominante en France, a commencé à dicter certains comportements aux employés de cette compagnie. Cela a aussi coïncidé avec la hausse des prix des billets sur cette compagnie qui est aujourd’hui la seule à joindre directement Nouakchott à Paris.
Je prends donc l’avion d’Air France pour me rendre à Paris où la Mauritanie a décidé de se déplacer suivant en cela son Président parti s’y soigner. Là-bas, pendant quelques jours, la Mauritanie sera célébrée par le ministère du commerce, de l’artisanat et du tourisme (j’ai oublié quelque chose ?). Une troisième édition d’un évènement devenu «traditionnel», même si…
Dans l’avion j’utilise ma tablette pour visionner un enregistrement qu’on m’avait fait de Tergit, le premier film entièrement «mauritanien». Il a fait partie d’une saga produite par feu Hammam Fall, un précurseur à qui l’on doit, en plus de Tergit, «Nomades modernes» et «Maimouna». Des films qui ont accompagné les heures de gloire nationale marquée par la nationalisation des ressources, de la monnaie, de la culture et donc du cinéma.
J’adore regarder ce genre de films qui provoquent chez moi une plongée dans un Nouakchott et une Mauritanie insoupçonnable aujourd’hui. Ces filles qui dansent et chantent en toute liberté, sans provoquer d’émois. Hadrami Ould Meidah et tous les autres éléments de l’orchestre national, véritables créateurs, artistes incontestables, jouant un mélange de tradition et de modernité dont la somme fait un blues original (et originel, nous rappelant d’où vient cette musique…). Les orchestres d’Atar et de Kaédi débordant de bonheur et de gaieté. Et ces deux «vieux» dont le film tente de raconter les pérégrinations à travers une Mauritanie multiple et riche…
L’hôtesse qui me proposait «du thé ou du café» me tira de ma plongée dans ce temps qui me semblait être «le temps de la Mauritanie». Je décidai alors de partager ce moment… avec ceux qui n’ont pas oublié, avec ceux qui n’ont pas connu…

lundi 22 octobre 2012

A quelque chose malheur est bon


L’accident dont le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz a été victime est la conséquence première d’un comportement qui fait fi des impératifs sécuritaires et qui fait oublier que la personnalité de Président de la République n’a pas le droit de s’exposer aux risques. Rien que parce que les risques qu’il court, il les fait courir à l’ensemble de la Nation. Nous espérons que la leçon sera tirée.
Cet accident a révélé deux choses fondamentales à mon avis. La première est liée à l’attitude des protagonistes politiques qu’on croyait définitivement installés dans une posture de forte inimité. Avec le discours qui prévalait sur scène, on avait fini par croire que la classe politique mauritanienne avait perdu le fondamental sens de la mesure et de l’abnégation. L’élan de solidarité exprimée vis-à-vis du Président et la suspension de la plupart des activités politiques, nous enseignent qu’un fonds de Mauritanie reste. Qu’il est prêt à affleurer si l’occasion se présente.
Ce fonds de Mauritanie, c’est ce qui doit faire qu’une convergence soit possible, que les acteurs puissent s’entendre sur l’essentiel qui est celui de préserver la stabilité du pays, son intégrité et la bonne marche de ses Institutions. En adoptant une posture conciliante, notre personnel politique s’est «trahi» en révélant «sa» vérité : pas de haine profonde…
Au lendemain de l’accident, dimanche matin, la vie se déroulait normalement dans tout le pays. Nous sommes dans un pays où la vendeuse du coin, le journaliste d’à côté, le charretier, le professeur, l’avocat… où tout un chacun se comporte comme si sa vie, son travail, sa mission étaient liés à la présence du chef de l’Etat. Quand un évènement intervient au niveau de la présidence, tout le pays reste suspendu, comme si rien ne pouvait tourner en l’absence du Président. Chaque fois que le Président fait un voyage, c’est toute la République qui hiberne.
Au lendemain de l’accident, la vie a donc repris normalement. Ceux qui avaient un séminaire à ouvrir ou à clôturer l’ont fait. Les bureaux étaient ouverts et leurs occupants présents. Rien n’a changé. D’ailleurs, on a évité tout déploiement sécuritaire qui pouvait signifier qu’il existait un quelconque risque de dérapage.
Les deux attitudes sont heureuses. La première – l’élan de sympathie exprimée – parce qu’elle ouvre la voie à la relance d’un front intérieur à un moment où pointent les risques d’une guerre annoncée à nos frontières et où la cohésion intérieure est le seul rempart devant les menaces qui en naissent.
La seconde parce qu’elle indique que l’Etat n’est pas lié à un homme d’une part et d’autre part que, contrairement à ce que nous soutenons parfois, il y a bien un système qui permet d’assurer la stabilité pour le pays et la continuité pour son administration.
Même si l’on doit rappeler qu’il s’agit d’un précédent grave, le tir sur le Président, même par erreur, signe la fin d’une époque. On peut espérer en effet, un autre rapport à la fonction. Un rapport qui trouverait l’équilibre entre une attitude distante des populations et une autre qui peut être assimilée à la banalisation de la fonction. On peut espérer aussi qu’elle donne le coup d’envoi à un rapprochement entre les acteurs qui ne sont finalement pas des ennemis mais des partenaires différents.
Le retour espéré pour les jours qui viennent du Président de la République doit prendre la forme d’une rupture avec le train de vie des jours d’avant. Il doit y avoir un avant et un après.  

dimanche 21 octobre 2012

Libye, un an après


Le 20 octobre 2011, les chaînes arabes d’abord, occidentales ensuite exposaient les faits à leurs manières : les premières en donnant les détails d’une mort qui fut en fait une exécution après tortures et sévices, les seconds en s’arrêtant sur le rôle ô combien «glorieux» des services de renseignements de leurs pays. La nouvelle était : la mort de Kadhafi.
Cette mort aurait pu signifier la fin d’une ère et l’avènement d’une autre. Après 42 ans de règne sans partage, marqué par l’exercice continu de l’arbitraire et après avoir été l’un des plus grands suppôts du Satan occidental, Kadhafi rendait l’âme après avoir été fait prisonnier par un groupe de rebelles qui lui ont fait subir les pires sévices (viol, tortures…) avant de l’exécuter froidement.
Certes la Libye avait besoin de se débarrasser du dictateur, mais était-ce la bonne manière ? Certainement non ! D’abord on aurait voulu le dictateur trainé devant les tribunaux de la Cour pénale internationale ou ceux de son pays. Le voir s’expliquer, regretter, demander pardon… Mais à part nous, personne ne voulait du déballage qu’aurait occasionné ces procès. Ni les puissances occidentales qui flirtaient avec le régime et l’aidaient à réprimer ses oppositions. Ni les dirigeants arabes complices de l’équipée de l’OTAN contre le Guide de la Révolution libyenne.
Mais la mort – de la sorte – de Kadhafi posait un autre problème, celui de l’impossible réconciliation sociale. Dans une société fortement tribalisée, l’exposition du cadavre pendant quelques jours par les rebelles, a sonné le glas d’une retrouvaille possible. Il y a quelques semaines, le principal instigateur de l’assassinat de Kadhafi a été retrouvé, gisant dans son sang, violé, victime de sévices immondes… Transféré d’urgence en France où il est admis comme réfugié humanitaire, il finit par rendre l’âme. Certains de ses compagnons de l’époque se trouveraient encore entre les mains de geôliers plus barbares qu’eux. C’est la loi du talion qui semble s’exercer.
Aujourd’hui, c’est Bani Walid qui s’embrase. Sous prétexte d’en chasser les «résidus» de l’ancien régime, l’Armée libyenne nouvellement constituée a donné l’assaut à la ville. Retour sur les images de 2011 : l’exode des populations, le massacre des innocents, la destruction des infrastructures… Avec une différence : cette fois-ci, c’est l’Armée nationale qui les cause et non les bombardiers de l’OTAN. Mais quelle différence pour les libyens démunis ? 

samedi 20 octobre 2012

Les douleurs du passé


Ce matin, j’ai entendu sur les ondes de RFI, le témoignage d’une dame du nom de Kadiata Touré, ancienne pensionnaire du camp Boiro, une prison de triste renommée qui a servi à Sékou Touré, le premier président de Guinée pour torturer et assassiner ses opposants. L’un des plus célèbres prisonniers de ce camp est sans doute Diallo Telli qui fut secrétaire général de l’OUA avant de mourir le 1er mars 1977 de mauvais traitements. On estime aujourd’hui que 5000 personnes seraient mortes et enterrées dans ce camp.
Les années soixante en Guinée sont marquées par le parachèvement du pouvoir absolu du «révolutionnaire» Sékou Touré qui avait osé dire «non» à la France libérant son pays du joug colonial. Mélange de Castro et de ce qui sera Dadis Kamara, Sékou touré est le promoteur d’une idéologie qui pense qu’on a «surestimé les capacités de compréhension du peuple», ce qui, à ses yeux explique la volonté de passer outre ce peuple et de le traiter comme «chose».
En ces années, le versatile Sékou Touré tergiverse entre la volonté d’ouvrir le pays aux capitaux étrangers et celle de maitriser l’activité économique. Une loi-cadre est promulguée le 8 novembre 1964 en vue d’organiser le secteur économique, principalement le domaine commercial. En déformant la dernière syllabe, les Guinéens obtiennent loi-cafre, pour dire le caractère arbitraire de cette loi qui impose des dépôts en banque aux commerçants. Seules les proches du régime peuvent satisfaire aux exigences énoncées.
C’est aussi la période des longues files devant les magasins en vue d’acheter de quoi manger. Comme de tradition, une délégation des femmes se rend chez Sékou Touré pour poser les problèmes des ménages guinéens. Le Président considère qu’il s’agit là d’une conspiration des maris. Répressions.
Les folies de Sékou Touré lui font dire que si le peuple n’a pas de sucre qu’il «mange le miel», après tout le sucre nous était inconnu avant la colonisation, tout comme le thé ou le café qui doivent être remplacés par la bouillie… Comme faisaient les ancêtres selon lui.
En 1965, il décide, lors de l’un de ses discours fleuve, d’appeler à la création de partis politiques autres que le Parti démocratique de Guinée (PDG) qu’il dirige et qui lui sert d’appareil d’embrigadement. Il s’engage même à subventionner les nouveaux partis à hauteur de 150 millions francs guinéens pour éviter les subsides de l’extérieur.
Un riche négociant du nom de Mamadou Touré et que l’on surnommait «Petit Touré» pour sa taille, crée le Parti de l’unité nationale de la Guinée (PUNG). Il est craint par Sékou qui voie en lui le descendant de l’Almamy Samori, figure emblématique de l’Ouest-africain, aspirant légitime au pouvoir dans une société encore marquée par les gestes glorieuses du passé. Sous la dictée de son mauvais génie, Fodéba Keita, Sékou Touré procède à l’arrestation de plusieurs figures politiques dont Petit Touré qui est immédiatement envoyé au camp Boiré. Son frère le suit immédiatement. Kadiata Touré est l’épouse de ce frère de Petit Touré. Elle va avoir sa part de souffrances.
Elle est arrêtée dix jours après son accouchement et envoyée dans le camp Boiré. Elle survit grâce à la complicité d’un geôlier qui lui passait la nourriture qu’il recevait de chez lui. Huit mois de souffrances dans ce camp. Dans on témoignage, elle a parlé de l’épouse de Petit Touré, aujourd’hui morte, et qui a gardé son enfant qu’elle a eu en prison pendant quatorze ans.
Pathétique témoignage qui rappelle combien était dure la vie sous les dictatures…

vendredi 19 octobre 2012

Du poisson pour les masses


Tout a commencé par un coup de tête en 2006 : la délégation chargée de la surveillance maritime décide de distribuer gratuitement aux populations le poisson confisqué aux bateaux ne respectant pas la réglementation. Puis a suivi l’idée de le vendre à moindre prix pour assurer la permanence de l’approvisionnement du marché naissant.
Grâce à cette vente – 50 UM le kilogramme – et la saisie de camions frigos étrangers, l’opération évolue vers l’acquisition de containers frigos qui permettent le stockage du produit en attendant de l’écouler. C’est un poisson appartenant à la classe du «petit pélagique» comme le chinchard ou la sardinelle, qui alimente ce marché. Cela permet de laisser le poisson de grande valeur marchande entre les mains de ceux qui vivent de son commerce, tout en disponibilisant un marché de grande valeur nutritive aux populations et à un prix très bas. Un double objectif est ainsi atteint : - un apport nutritionnel de qualité à très bas coût, par une année de stress alimentaire ; - lutte préventive contre le goitre, par l’iode que seul le poisson de mer contient.
Ce circuit prend son envol en 2011 avec un total de 2.779.311 kilogrammes écoulés sur l’ensemble des points de vente qui se répartissent comme suit : Nouakchott (1.137.551 kg pour 2011), Nouadhibou  (214.540 kg), Kaédi (30.000 kg), Rosso (132.010 kg), Boulenwar (2.390 kg), Bir Moghrein (8000 kg), Zouératt (222.580 kg), Wadane (25.250 kg), Kiffa (218.140 kg), Atar (275.380 kg), Aleg (203.670 kg), M’bout (235.830 kg), Akjoujt (71.970 kg).
Au cours des six premiers mois de 2012, le total vendu est de 2.476.870 kilogrammes dans les mêmes points de vente auxquels il faut ajouter Boutilimitt (53.920 kg), Boghé (152.159 kg) et Aïoun (129.000 kg). Au cours de la même période, il y a eu de distribués, 200.930 kg à Kaédi, 16.690 kg à Boulenwar, 22.000 kg à Bir Moghrein, 290.990 à Zouératt qui couvre aussi Fdérik, 123.020 kg à Rosso, 39.381 kg à Wadane, 156.860 à Kiffa, 280.960 kg à Atar, 130.734 kg à Aleg, 64.000 kg à M’bout, 71.970 à Akjoujt, 525.780 kg à Nouakchott qui couvre désormais Idini et Wad Naga et 129.000 kg à Nouadhibou.
Pour une population qui a toujours tourné le dos à la mer et aux produits de mer, c’est déjà une petite révolution. Surtout que 2011-2012 fut marquée par une sécheresse qui a fait peser la menace de la crise alimentaire. L’apport de ce marché est incontestable dans l’approvisionnement du marché en denrées alimentaires, qui plus est riche en protéines.
Signe de la réussite de l’opération, l’intérêt que lui portent désormais les partenaires étrangers. En effet, les Espagnols, les premiers partenaires dans le secteur des pêches, y ont vu l’opportunité de participer à la fourniture d’une alimentation saine et de qualité aux populations et de façon pérenne. Grâce à un financement à hauteur de cinq millions euros, ils sont en train de mettre sur pieds une structure permanente en vue de gérer le projet et de l’institutionnaliser encore mieux. La construction des lieux appropriés de stockage a été lancée ces dernières semaines. Bientôt le projet acquerra des camions en plus et développera une infrastructure lui permettant de couvrir l’ensemble des régions de Mauritanie dont restent : le Guidimakha, le Tagant et le Hodh Echergui. Grâce à ce financement, d’autres points de vente verront le jour un peu partout sur le territoire national. Objectif : du poisson pour les masses.