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samedi 2 janvier 2016

Mes vœux pour 2016

Je décide de reprendre après une absence qui aura duré quelques mois et au cours de laquelle bien des choses se sont passées. Je n’y reviendrai pas. Parceque le temps est aux vœux dans un pays ou le recul de la joie et la censure de tout ce qui est festif ou qui peut l’être, ont fait leur effet.
Nous sommes devenus un pays où il ne fait pas bon de s’amuser, où le rire et l’expression de la joie sont devenus suspects, source de mésententes et de problèmes. Nous sommes une société constipée à force de réprimer l’émotion alors que l’émotion est le moteur de la créativité et donc du Progrès.
On comprend aisément pourquoi nous en sommes à glorifier un passé que nous avons trop ressassé, que nous avons remanié pour nous dispenser des exigences du présent et excuser ainsi notre refus de relever les défis actuels. À force de regarder derrière nous, nous avons oublié de voir où l’on pose les pieds. Les conséquences sont énormes. Elles peuvent encore nous mener loin, très loin…
Je reprends pour présenter mes vœux les plus sincères, les plus forts à tous, où qu’ils soient, qui qu’ils soient.
Mes vœux de voir la Mauritanie baigner dans une atmosphère de paix et de prospérité. De voir la fin de ce monde fait de paresses, d’injustices, d’inégalités, d’ignorances. De voir l’avènement d’un monde qui valorise l’homme, qui réhabilite le citoyen, qui encourage le travail, qui bannit les inégalités et les injustices, et où il n’y a pas de place pour l’exercice de l’arbitraire et pour l’impunité.
Au risque de me répéter comme pour 2015 et 2014, que 2016 soit le début de véritables refondations. Refondation mentale. Au niveau de l’Appareil de l’Etat, au niveau des populations où l’on a besoin de recouvrer notre système de valeurs, de retrouver nos réflexes de solidarité, de réactiver les soupapes sociales de sécurité, d’ouvrir les vannes du partage, de reprendre le sourire les uns face aux autres...
Refondation d’un Etat de droit avec le respect des institutions, des lois et textes réglementaires. Une justice plus forte, plus impersonnelle pour mettre fin à la règle de l’impunité. Une école plus performante pour former le Mauritanien de demain (celui d’aujourd’hui est un peu perdu pour nous). Une santé de proximité. Une administration plus soignée, plus efficace, plus convaincante...
Une classe politique plus exigeante pour elle-même, plus engagée, plus claire dans ses engagements, plus forte dans ses choix... Un gouvernement plus à l’écoute des gémissements, plus proche du peuple... Un débat plus serein... Une économie plus dynamique... Une société plus créative...
Je reviens donc pour présenter ces vœux qui sont à mes yeux un acte de résistance devant la chape qui nous recouvre inexorablement et qui fait de nous le peuple le plus crispé, le moins créatif, le moins lumineux de la terre. Face à l’obscurantisme rampant et aux dérèglements sociaux nés des frustrations qu’on nous fait subir, élevons la voix et souhaitons bonne année les uns aux autres.

...Mes vœux pour vous sont ceux de l’année passée, de l’année d’avant, de celle qui a précédé celle-là... le temps passe, l’espoir demeure. Tant qu’il y a l’espoir, il y a la vie.