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mercredi 26 novembre 2014

Khoudja, la petite chanteuse

Elle ne doit pas avoir quinze ans et déjà elle a une voix forte et belle. Elle s’appelle Khoudja et vient d’enregistrer un clip pour la Mauritanie.
…vawgui raaya khadhra… nal’ab m’a shaabi… maani khaayva… shinhu dha lihasaas… ngaali ‘annu stiqlaal muritani…
Des mots d’enfant pour décrire ce sentiment ineffable de fierté et d’estime de soi. Des mots d’enfant pour nous dire que le patriotisme est d’abord un sentiment, une émotion d’être, un enchantement de soi. Qu’on attribue l’extase à l’existence d’un symbole, celui de l’indépendance du pays…
A l’approche de chaque anniversaire, les artistes – souvent les griots – rivalisent de talents pour produire des chansons dédiés à la circonstance. La chanson de la petite Khoudja est sans aucun doute la plus émouvante, la plus significative, la plus profonde… malgré la simplicité des mots, malgré la jeunesse de la chanteuse.
On me dit que son père est l’un des membres du groupe Awlad Leblad. Tant mieux quand on se rend compte que la petite Khoudja promet d’être autre chose qu’une petite chanteuse de circonstance. Pour ce faire il lui faut un encadrement. Lequel ?
Dans un pays qui a depuis longtemps refusé (ou renoncé) à développer la musique pour lui donner la place qui sied, il n’existe malheureusement pas de cadre institutionnel pour permettre justement l’éclosion des talents.
On nous parle depuis quelques années de l’existence d’un institut de musique, mais l’on est en droit de nous demander à quoi il sert. A-t-il jamais organisé un festival de renom ? a-t-il créé une école pour l’apprentissage de la musique ? qu’a-t-il fait pour recueillir, conserver, voire moderniser le patrimoine musical traditionnel ? On peut chercher partout, interroger les professionnels et les amateurs, regarder longuement la scène, nulle trace de l’emprunte de cet institut. Alors ?