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vendredi 14 novembre 2014

La CAN de Issa Hayatou

La Confédération africaine de football (CAF) n’a finalement pas tenu compte des arguments du Maroc qui avait demandé le report de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de janvier 2015. Le Maroc avait invoqué les risques liés à la propagation de la fièvre Ebola pour exiger ce report. Ce pays qui vit du tourisme ne pouvait se permettre de prendre des risques qui sont réels. Les pays de l’Afrique de l’Ouest ne sont pas loin et les moyens pour contrôler tous les arrivants ne sont pas disponibles. On peut toujours arguer que la compagnie Royal Air Maroc (RAM) dessert toujours les pays les plus touchés, mais entre une centaine de passagers à contrôler et des milliers de supporters, joueurs, techniciens et personnels d’encadrement, il y a une grande différence.
Finalement, la CAF a été très sévère avec le Maroc : non seulement la CAN n’aura plus lieu dans ce pays qui s’y était préparé, mais aussi son équipe qui se trouve être l’une des meilleures d’Afrique est exclue de la compétition. D’autres mesures sont promises par le président de la CAF. Elles pourraient aller d’une forte amende, à l’exclusion de l’équipe pour plusieurs années…
Issa Hayatou tenait à sa coupe, il l’a finalement eue en confiant à ses amis de Guinée Equatoriale l’organisation de la compétition. Un pays qui a certes déjà organisé la manifestation, qui a certes les moyens et les infrastructures pour ce faire…
C’est que la Coupe d’Afrique des Nations, comme toute compétition, n’est pas seulement une manifestation sportive qui met en jeu les compétences et le sens tactique des équipes, elle est aussi et surtout une grosse source de revenus. Avec ses sponsors, ses engagements en matière de publicité, la présente CAN dépasse facilement la barre des 200 millions d’euros. Ajouter à ce pactole, les billets, les entrées, les occasions, les trafics… et l’on comprend pourquoi la CAF ne peut se permettre d’en rater une.
Le choix par défaut de la Guinée Equatoriale pose aussi le problème de savoir quelles relations lient le président de la CAF au président de ce pays dont la gouvernance est sérieusement entachée par les atteintes aux droits de l’Homme, par la patrimonialisation des biens publiques… par tout ce qui fait un système prédateur.
Le Maroc qui est déjà fâché contre l’Union Africaine où il a gelé sa présence, va certainement réagir aux mesures disproportionnées de la CAF. Quelle envergure cette réaction va-t-elle prendre ? certainement pas un simple recours à un tribunal international d’arbitrage.