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vendredi 18 octobre 2013

Les fruits de l’effort

La Mauritanie vient de réussir à avoir trois «résultats» probants d’efforts consentis ces dernières années.
D’abord la victoire remportée malgré le lobbying espagnol au Parlement européen : 467 pour, 154 contre et 28 abstentions. Il s’agissait de faire passer l’Accord de pêche avec l’UE. Lequel accord consacre un profit maximal pour la Mauritanie (augmentation de la subvention, recul de la zone de pêche, «nationalisation» des céphalopodes, débarquement des captures dans les ports mauritaniens, augmentation de l’emploi pour les Mauritaniens…).
Ensuite le satisfecit des institutions financières internationales lors des assises des conférences annuelles à Washington. FMI et Banque Mondiale ont exprimé leur satisfaction quant aux résultats obtenus par la Mauritanie ces dernières années après avoir atteint les équilibres macro-économiques, condition de base d’une économie saine. Les deux institutions expriment un grand optimisme quant à l’avenir de l’économie mauritanienne.
Troisième «bonne nouvelle», celle qui fait suite au classement mondial de la liberté d’expression. Premier pays arabe, ce qui n’est pas un exploit en somme, la Mauritanie maintient le classement de l’année dernière (67ème sur 179) et qui fait suite à la libéralisation de l’audiovisuel, à la dépénalisation du délit de presse et à l’instauration effective d’une totale liberté d’expression. Ci-après, pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, le communiqué de Reporters sans frontières (RSF) :
«L’Afrique du Nord a été épinglée par Reporters sans Frontières dans son dernier classement sur la liberté de la presse dans le monde. Seule la Mauritanie sort du lot en conservant son rang de l’année dernière à la 67ème place sur 179 pays classés. 
L’Algérie se classe au 125ème rang, en recul de 3 places par rapport à 2012, suivie de la Libye (131ème, +23), du Maroc (136ème, +2), de la Tunisie à la 138ème (en recul de 4 places) et de l’Egypte (158ème, + 8).
Dans le récent classement de RSF, l’Algérie a perdu 3 places du fait de la multiplication des agressions et des procès à l’encontre des professionnels de l’information et de l’augmentation des pressions économiques sur les médias indépendants. 
«Plus d’un an après le vote par le Parlement algérien d’une nouvelle loi sur l’information, censée abolir le monopole de l’audiovisuel public, l’autorité de régulation, préalable indispensable, n’a pas encore été instituée. Aucune chaîne de droit privé algérien n’a pu voir le jour. La nouvelle législation reste donc théorique, un simple effet d’annonce», constate RSF.

Libye : les conséquences positives de la fin du règne de Kadhafi

La Libye a gagné 23 places. Cette forte progression s’explique, selon RSF, par les conséquences positives de la fin de 42 ans de règne de Mouammar El Kadhafi sur la liberté de l’information. Selon l’ONG, le classement précédent avait été plombé par les exactions commises au cours de l’année 2011. Toutefois, «les améliorations attendent d’être confirmées, avec l’inscription du principe de la liberté de l’information dans la Constitution. 
Elles appellent aussi la mise en place de lois garantissant ce principe et apportant de véritables protections pour les journalistes, ainsi que des garde-fous en faveur du pluralisme et de l’indépendance des médias».

Maroc : position stable

La position du Maroc est stable, observe RSF qui pointe, cependant, les promesses non tenues du gouvernement d’Abdelilah Benkirane en novembre 2011, notamment la dépénalisation des délits de presse. Ces promesses «tardent à se concrétiser », note l’ONG. « L’arbitraire et l’absence de transparence sont souvent de mise dans les prises de décisions, notamment dans l’octroi et le retrait des accréditations», estime-t-elle.

Tunisie : multiplication des agressions contre les journalistes

La Tunisie est classée 138ème. Deux ans après la chute de Ben Ali, elle perd ainsi quatre places alors qu’elle avait nettement progressé en 2011 (+30 places).RSF explique cette régression par les agressions de journalistes qui se sont multipliées au cours du premier trimestre de 2012.
«Depuis, les autorités ont entretenu le vide juridique en retardant la mise en œuvre des décrets-lois régissant les médias », relève l’ONG qui dénonce cette pratique qui a rendu possible des nominations arbitraires à la tête des organes publics. L’ONG tient, par ailleurs, à souligner « le discours le plus souvent méprisant, voire haineux, des hommes politiques envers les médias et professionnels de l’information».

Egypte : influence politique sur la ligne éditoriale des médias publics

L’Egypte à la 158ème place a gagné 8 places. Une amélioration relative, selon RSF. L’ONG indique qu’en 2012, des journalistes et net-citoyens ont continué à être les cibles d’agressions, d’arrestations et de procès, soulignant qu’un journaliste a même trouvé la mort en décembre dernier.RSF note aussi que les Frères musulmans ont procédé à la nomination de nouveaux directeurs et rédacteurs en chef des journaux gouvernementaux peu de temps après leur arrivée au pouvoir.
«Ce qui n’a pas été sans conséquences importantes sur la ligne éditoriale de ces médias », souligne-t-elle, mettant également à l’index le projet de Constitution adopté fin 2012, qui contient, selon elle, « des dispositions trop vagues et clairement liberticides ». «Les possibilités de fermeture ou de confiscation de médias demeurent possibles sur ordre d’un juge», ajoute l’ONG dans son rapport.»