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lundi 17 juin 2013

Zone franche

Une semaine avant la visite du Président de la République qui sera l’occasion du lancement officiel de la Zone Franche de Nouadhibou, c’est le président de l’Autorité de la zone franche (AZF) qui a eu l’occasion de faire une présentation complète du projet à travers une émission diffusée en direct sur TVM à partir de Nouadhibou.
Ismaël Ould Bodde, centralien ayant été ministre de l’habitat et de l’urbanisme, a exposé les objectifs de l’Autorité dont : la création d’un environnement favorable au développement des affaires pour attirer les investisseurs et encourager le développement du secteur privé ; le développement des infrastructures de base dans la région (routes, aéroport, ports, énergie, hôtellerie…) ; création de nouvelles opportunités d’emploi… faire de Nouadhibou un pôle de compétitivité et un hub régional de classe internationale, en faire une locomotive de développement pour le reste du pays.
Des zones de développement seront créées autour d’activités prioritaires (pêche, mines, services…) auxquelles s’appliqueront des régimes particuliers (douanier, fiscal, foncier, social et de change). Pour alléger les procédures, un guichet unique est mis en place.
Le projet parait dans toutes ses dimensions socio-économiques et se révèle comme une entreprise structurante autour de laquelle une nouvelle dynamique peut être engagée. Il est un passage d’une économie basée sur l’exploitation des ressources naturelles existantes et leur exploitation vers un système beaucoup plus élaboré qui va créer de nouveaux tissus et de nouveaux réflexes. C’est pourquoi la question qui taraude les esprits est bien celle de savoir ce qu’offre l’AZF de plus que les régions ayant les mêmes vocations dans notre environnement immédiat. Il y a aussi la question de savoir si l’administration et la Justice vont suivre en termes de performances et de confiance. Enfin restera la question de la main d’œuvre qualifiée qui reste à former. Le tout étant d’assurer que le coût économique (aménagements nécessaires pour développer les infrastructures, notamment) et politique (abandon d’une partie de la souveraineté ou presque) à payer en vaut la peine. Sans hésiter, le président de l’AZF répond «oui». On va voir…
En attendant, l’Autorité doit compter avec les recrutements abusifs et les nominations inopportunes. Une vague qui l’empêche (déjà) d’être perçue comme un pôle d’excellence appelé à mener à terme un grand projet pour la Mauritanie.

Avec l’agence «Tadamoun» (solidarité) et la CDD (caisse de dépôts et de développement), la Zone franche semble être l’un des axes sur lesquels Ould Abdel Aziz va construire sa vision.