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jeudi 6 décembre 2012

Que restera-t-il de la Syrie ?

C’était le pays arabe le plus propre, le mieux équipé, le plus moderne de tous les points de vue… En Syrie, on dispensait le meilleur enseignement dans toutes les matières. C’est le premier pays où la médecine était, depuis toujours enseignée en Arabe. L’un des plus forts taux d’alphabétisation, là où la production agricole était excellente malgré l’exigüité du territoire, là où les industries étaient les plus développées, là où la vie était la moins chère…
Vint la «révolution» et «le printemps arabe»… La révolution détruisit toutes les infrastructures : actions de sabotages de rebelles, bombardements aveugles de l’Armée régulière… entre ça et ça, ce sont les routes, les ponts, les immeubles, les fabriques, es centrales, les forages qui disparaissent.
Le «printemps» a apporté les combattants Salafistes qui ont commencé par «intoxiquer» le mouvement de rébellion avant de finir par faire main basse sur la révolution elle-même. Nous sommes en hiver, la saison qui convient pour caractériser la Syrie des groupes islamistes radicaux. Ce qui restera de ce pays ne vaudra même pas d’y vivre convenablement. Au meilleur des cas, des Emirats indépendants les uns des autres, se faisant très probablement la guerre les uns les autres et imposant la désolation et la prison aux populations…
Pas de quoi s’extasier finalement. Ceux qui nous ont servi ce rêve de «monde nouveau» ne se sont certes pas trompés, ne serait-ce que parce que ce qui s’est passé en Egypte et en Tunisie, est le début de l’avènement d’un nouvel ordre où le peuple a son mot à dire. C’est une révolution en marche qui doit passer par des chemins tortueux, qui doit manger ses enfants, pour durer le temps nécessaire à sa maturation.
Nous avons vu le peuple égyptien se dresser contre son Président qui tentait de s’introniser comme le nouveau Pharaon. Le recul de la dictature qui semblait se rétablir sous d’autres couleurs et avec d’autres hommes, est le produit d’un processus qui ne finit pas de surprendre… Le même processus que la Tunisie devra suivre… En espérant que dans les deux pays, la révolution soit comprise en termes de transition et de processus laborieux…
Mais le cas de la Syrie a terni ce «printemps arabe» qui a enchanté un moment donné. Il nous a rappelé que dans certains pays, cela peut prendre la tournure du chao.