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mercredi 3 octobre 2012

Impunité, impunité…


Hier encore on se réjouissait de l’enquête ouverte pour en savoir plus sur ce qui s’est passé à Dar Naim dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, et de la convocation devant la Justice des responsables de la mort de Hacen Ould Hadih. On disait que ce n’était pas suffisant et l’on souhaitait des mesures immédiates et fracassantes ainsi que la mise en œuvre d’une politique à même d’apporter des solutions aux multiples facettes de la problématique de l’administration pénitentiaire…
Le fait de penser à l’impunité me rappelle une histoire révélée par La Tribune et dont la publication avait provoqué de violentes réactions de la part des parents des incriminés. Sans plus. Il s’agissait de l’affaire MIXTA Mauritanie.
Dans cette affaire, il y avait deux aspects qui méritaient l’attention des autorités. Le premier, et le plus évident, concerne la manipulation des données de l’Interpol par un agent mauritanien qui s’est servi de ses compétences pour changer l’orthographe du nom du dernier directeur de MIXTA Mauritanie accusé de fraude et mauvaise gestion et recherché par la police mondiale. En plus de l’orthographe «écorchée» ou «remaniée», le flic en question avait enlevé tout simplement la photo du recherché. La police, le ministère de l’intérieur, Interpol… quelqu’un, n’importe qui dans les administrations concernées ou non, aurait dû réagir depuis. On aurait dû voir le fraudeur inquiété par une enquête, une affectation, une sanction quelconque. Sinon entendre sa hiérarchie répondre aux accusations et les nier catégoriquement même si elles sont avérées. Ne serait-ce que pour se donner l’air d’être aux normes. Mais rien de tout ça.
La seconde anomalie concerne l’accusation portée contre le ministre de la Justice qui aurait dirigé les plaignants (Espagnols) vers un avocat qui se trouve être son cousin et son associé dans le cabinet en leur disant que c’est la seule façon d’avoir gain de cause. Eux le disent. Qu’en dit-il lui ?
J’en reparle parce que je trouve choquant de laisser sévir des irresponsables à des niveaux aussi importants de responsabilité : un agent de l’équipe Interpol en Mauritanie et un ministre. Et ce au moment où l’on veut attirer les investisseurs étrangers. C’est par la Justice que la bataille de l’image commence.
Cheikh Salah, le richissime homme d’affaires saoudien, n’a pas fini de parler de ses mésaventures en Mauritanie, tout comme le Omanais, l’Emirati, le Koweitien, la COFACE et tous ces étrangers floués par des partenaires comptant sur une Justice corrompue et peu soucieuse des intérêts du pays.
Le mal est profond. Le combattre commence par mettre fin à la règle de l’impunité…