Pages

mardi 25 septembre 2012

En attendant les relectures politiques (1)


Lundi sur les ondes de Nouakchott Info, chaîne privée, Cheikh Mohamd El Hacen Ould Dedew s’exprime sur la conception de la gouvernance en terre d’Islam. Et quand il finit avec les normes en la matière, il précise que tout cela reste dans le domaine de l’utopie et que nous devons chercher à nous en approcher, non pas à avoir des situations parfaites. Le journaliste le relance chaque fois sur la situation en Mauritanie. Une première fois il interdit manifestations et sit-in organisés sans respect de la procédure administrative. Il explique très bien dans quelles situations, on peut réfuter ou se rebeller contre l’autorité en place. Il apparait qu’il est permis à celui qui est agressé par le dirigeant, dont les biens et la vie sont directement et clairement menacés par celui-ci, celui-là a le droit de contester l’autorité. La communauté a le droit de contester le despote obscurantiste, déclarant la guerre aux préceptes divins, prédateur, destructeur, exerçant l’arbitraire au quotidien et dont l’autorité dure trop longtemps dans ces conditions insupportables. Si le chef ne fait rien de tout ça et s’il tend plutôt vers le contraire, il est du devoir de chacun de l’accompagner, en tout cas de ne pas se rebeller contre son autorité.
Et le journaliste de relancer : «où en sommes-nous ?» Cheikh Ould Dedew répond : «Nous sommes dans le meilleur des cas, Inchaa Allah». Quoi de plus optimiste pour nous ?
On est loin des appels à manifester d’il y a moins d’un an. Cheikh Mohamd el Hacen Ould Dedew qui est l’une des plus grandes figures de chez nous malgré son jeune âge, a une très grande influence sur la scène nationale, particulièrement sur la scène de l’islamisme militant. On se souvient du rôle, ô combien primordial, qu’il avait joué dans le dialogue avec les Salafistes. On voit que les formations politiques se réclamant islamistes cherchent à se l’approprier. D’où la médiatisation – excessive parfois – de tous ses faits, gestes et dires. Tout le monde guette le jeune érudit qui maîtrise parfaitement toutes les sciences religieuses et tous les secrets de la langue Arabe. En cela l’interview réalisée par notre confrère Mohamed Mahmoud Eboulmaaly fut un évènement.