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jeudi 12 juillet 2012

Décrispez le Mauritanien


Abderrahmane Ould Ahmed Salem, plus connu sous le sobriquet «Ahmed Toutou» du nom de celui qui dessinait les plus belles figurines sur le sable, président de la Maison des Cinéastes, m’a dit qu’il lance un programme, une production télévisée qui va permettre d’ouvrir une fenêtre sur le rire.
Il s’agit de sélectionner des artistes du rire et de les présenter au public pour les juger. Je sais que Abderrahmane a du génie, lui qui a été à l’origine du concept de «shi louh v shi» (théâtre) et de bien d’autres initiatives heureuses, notamment la SENAF (semaine nationale du cinéma) qui célèbre la production mauritanienne en l’inscrivant dans une manifestation ouverte à l’international.
Je sais aussi que nous souffrons de constipation. J’ai toujours écrit que le recul de la joie a été à l’origine de la plupart de nos malheurs qui ont marqué la régression générale. Les Nouakchottois parmi mes lecteurs peuvent témoigner du caractère festif des années 70 et même 80 de la ville. D’ailleurs ce n’était pas la spécificité de la seule capitale. Rosso, Kaédi, Nouadhibou, Atar, Aïoun, Kiffa… ont connu des heures splendides de partage et de communion.
Nous avons eu trois décennies de tristesse absolue, d’attente sceptique, d’espoir terni… L’origine de cet état d’esprit de constipé qui caractérise le Mauritanien moyen. Plus le temps de rigoler, de décompresser… Rien qu’un air de faux sérieux…
Si, avec son émission, Abderrahmane Ould Ahmed Salem peut nous rendre le sourire, ce ne sera que pour le bien du pays. En tout cas ce sera le vrai antidote de la crise dont on parle et dont la première manifestation est cette faculté de provoquer et/ou de garder le sourire.
Les Canadiens disent que «le sens de l’humour a été donné aux hommes pour les consoler de ce qu’ils sont». Ils disent aussi que «tu ris… tu rigoles… ou tu dégringoles… !»
Cela résume tout.