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vendredi 24 juin 2011

Coup de semonce pour le «Vieux»

Le Président Wade a voulu faire passer des amendements à la Constitution sénégalaise instituant un «ticket présidentiel». C’est-à-dire avec une liste de président et de vice-présidents, élus à un tour. Un subterfuge qui, aux yeux des Sénégalais, va permettre à Wade de se faire élire à moindre risques en 2012 et, probablement d’engager son fils pour lui succéder. Le fils Karim Wade à qui il a confié le dossier épineux de l’énergie dans un Sénégal qui souffre de délestages dans toutes ses grandes villes. Il faut dire que ce n’est pas la première fois que le vieux Wade, élu pour apporter le changement au Sénégal, exerce l’art du tripatouillage pour s’assurer la mainmise sur les affaires politiques.
Au mois de mai dernier, il a voulu scinder les collectivités locales qui ne lui étaient pas favorables et nommer à la place des élus des délégations spéciales qu’il choisirait lui-même. Cela a donné lieu à de fortes mobilisations, notamment dans la région de Rufisque. Il a été obligé de reculer. Le problème aujourd’hui, c’est que le soulèvement de Dakar donne l’impression de s’inscrire dans le sillage des printemps arabes.
Contre l’intronisation d’un héritier, donc la création d’une dynastie, contre un pouvoir usé par le temps et l’incapacité de répondre aux exigences de sa jeunesse, les manifestants ont scandé des slogans semblables à ceux de Tunis et du Caire : «Wade, dégage», «Non à la dynastie»…
Le Président Wade a finalement accepté de retirer son projet. Mais a-t-il compris que le Sénégal n’est pas le Gabon ? A-t-il compris surtout que, face au peuple sénégalais, le feu vert de Sarkozy et les accointances suspectes avec l’Occident conquérant ne sont pas d’un grand secours ?